Le net allemand s’indigne après que deux bloggeurs aient été accusés de trahison d’Etat

Capture d'écran du site netzpolitik.org
Capture d'écran du site netzpolitik.org

Les internautes ont soutenu deux journalistes d’un site allemand d’informations accusés de trahison d’Etat pour avoir révélé les plans de surveillance en ligne des autorités. L’enquête a été suspendue vendredi, peu après avoir été rendue publique.

La justice allemande a suspendu l’enquête qu’elle menait sur le site Netpolitik.org.news, dont des journalistes ont été accusés de citer un rapport du renseignement «pour le plus grand bien» de la protection de la liberté de la presse, selon Reuters.

Le procureur fédéral Harald Range a confié au Frankfurter Allgemeine Zeitung que «l’enquête sera suspendue avant que le rapport d’experts ne soit présenté».

En savoir plus : Le gouvernement allemand accuse des journalistes de trahison pour un article sur l'espionnage

L’enquête avait été lancée après que l'Office fédéral de la protection de la Constitution (BfV), l’agence de renseignement intérieur allemand, a déposé une plainte contre des articles publiés sur le blog politique et technique Netzpolitik.org les 25 février et 15 avril derniers. Ces articles portaient sur une augmentation de 2,75 millions d’euros du budget du BfV. Une somme destinée à l’expansion de la surveillance en ligne, et plus spécialement des réseaux sociaux.

Le site Netzpolitik a été officiellement informé de l’existence de cette enquête par une lettre du procureur général de l’Allemagne qu’il a reçue mercredi.

Les journalistes Markus Beckedahl et Andre Meister ont été accusés d’un délit tombant sous le coup de l’article 94 du code pénal allemand, ce que signifie qu’ils pourraient être condamnés à au moins deux ans de prison.

«C’est une tentative d’entraver les médias qui publient des matériaux compromettants, mais c’est aussi une tentative de faire pression sur les sources pour éviter des fuites dans le futur», a confié Andre Meister au site TheLocal en ajoutant que l’enquête était «absurde» et «un coup dur porté à la liberté de presse dans le pays».

«Nous continuerons de publier des documents lorsque nous estimons que leur publication relève de l’intérêt du public», a poursuivi le journaliste.

DJV, l’association de presse allemande, a accusé le procureur fédéral de harcèlement. Des milliers d’utilisateurs de Twitter ont utilisé le hashtag #Landsverrat pour exprimer leur solidarité avec les bloggeurs.

En attendant, le ministre allemand de la Justice Heiko Maas a déclaré vendredi qu’il «avait des doutes» quant à savoir si les journalistes avaient l’intention de porter atteinte à l’Etat allemand ou d’«aider une puissance étrangère».

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