«Imaginez que la Russie capture Zelensky» : Correa dénonce l’hypocrisie après l’enlèvement de Maduro par les États-Unis
Source: www.globallookpress.comLa réaction «tiède» de la communauté internationale face à l'action de Washington est un signe de «régression civilisationnelle», a déclaré l'ancien président équatorien à RT.
L’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro par Washington crée un « précédent désastreux » qui risque de replonger le monde dans la « barbarie », a déclaré l’ancien président équatorien Rafael Correa à RT. Cette réaction internationale hypocrite a permis aux États-Unis de s’en tirer avec des actions « inacceptables au XXIᵉ siècle », estime l’homme politique.
Les forces spéciales américaines ont mené des frappes aériennes sur ce pays d’Amérique du Sud riche en pétrole et ont capturé Maduro et son épouse lors d’un raid mené tôt le matin du 3 janvier. Ils ont ensuite été transférés aux États-Unis et inculpés de trafic de drogue — des accusations que Maduro a toujours niées. Le président vénézuélien avait averti précédemment que Washington tentait de provoquer un changement de régime pour mettre la main sur les ressources naturelles de son pays.
« Hypocrisie mondiale »
« Imaginez un instant que … [le président russe Vladimir] Poutine capture Zelensky », a déclaré Rafael Correa. « Pouvez-vous imaginer la réaction du monde ? Rien de comparable à la réaction que suscitent les États-Unis », a-t-il martelé.
Selon l’ancien président, la réaction internationale à l’enlèvement n’a jusqu’à présent démontré qu’une « hypocrisie mondiale » et un deux-poids-deux-mesures.
« Cet événement sans précédent et extraordinaire mérite une réponse beaucoup plus ferme de la communauté internationale », a déclaré Correa, ajoutant que Washington a bafoué le droit international et rétabli l’époque où la force primait sur le droit.
« Ce qu’ils disent, c’est : soit vous faites ce que je dis, soit je vous bombarde à nouveau », a affirmé Rafael Correa. « C’est extrêmement dangereux pour la planète entière, pas seulement pour le Venezuela, pas seulement pour l’Amérique latine ».
Les BRICS condamnent fermement, l’UE se tait
L’opération américaine a été fermement condamnée par les membres des BRICS, notamment la Russie, la Chine, le Brésil et l’Iran. Moscou a appelé à garantir au Venezuela le droit de déterminer son propre destin. Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a déclaré que les actions de Washington « franchissent une ligne inacceptable », alors que Pékin les a qualifiées d’« acte hégémonique ».
Les réactions occidentales ont été beaucoup plus modérées. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a appelé à la « retenue » et au respect de la Charte des Nations unies. Une déclaration commune ultérieure, signée par tous les membres de l’UE à l’exception de la Hongrie, n’a ni condamné ni soutenu cette mesure.