«État efficace» : Lecornu impose 70 mesures de simplification à ses ministres
© Compte X @gouvernementFRSébastien Lecornu a adressé à une vingtaine de ministres un paquet de 70 mesures pour rendre l’action de l’État plus «efficace» et «lisible». Issu de la mission éponyme, ce plan inclut des fusions d’agences, la dématérialisation et des clarifications de compétences, promettant des économies mesurées par des résultats concrets.
Une initiative gouvernementale présentée par Sébastien Lecornu, lancée il y a trois mois et pilotée par des hauts fonctionnaires, vise à optimiser l’administration publique en identifiant des leviers concrets pour une meilleure productivité et des réductions de coûts au bénéfice des contribuables.
Parmi les 70 mesures détaillées dans les courriers cités par l’AFP, le Premier ministre exhorte ses ministres à une « implication personnelle » pour des avancées rapides. Par exemple, il demande de revoir l’articulation entre l’Office français de la biodiversité (OFB) et la gendarmerie pour la police de l’environnement, ou d’étudier un rapprochement entre la Haute Autorité de santé et l’Agence nationale de sécurité du médicament.
D’autres pistes incluent la dématérialisation des procédures d’état civil au ministère de la Justice, le rapprochement des réseaux des chambres de commerce et d’industrie (CCI) avec ceux des chambres des métiers et de l’artisanat (CMA), ainsi que la numérisation de la propagande électorale pour réduire les coûts et l’impact écologique.
L’entourage du Premier ministre insiste : « Il y aura bien sûr des gains de productivité et donc des économies pour le contribuable au fur et à mesure, mais elles seront mesurées sous forme de résultats et non d’annonces. » Ces réformes s’inscrivent dans une volonté de rupture avec la « dilution des responsabilités », en identifiant un responsable clair par politique publique, et touchent sept chapitres comme les mutualisations de fonctions support ou le redimensionnement de la présence française à l’étranger. Elles font suite à des initiatives analogues initiées par le Sénat.
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont assez mitigées et certains dénoncent un « grand cinéma », faisant valoir le caractère tardif des réformes et le maintien des hausses d’impôts en dépit d’hypothétiques économies.
🚨 𝗥𝗘́𝗙𝗢𝗥𝗠𝗘 𝗗𝗘 𝗟’𝗘́𝗧𝗔𝗧 : 𝗟𝗘 𝗚𝗥𝗔𝗡𝗗 𝗖𝗜𝗡𝗘́𝗠𝗔 𝗖𝗢𝗡𝗧𝗜𝗡𝗨𝗘 🚨
— Charbellakis (@charbofficiel) January 4, 2026
On nous explique que Sébastien Lecornu lance 70 mesures pour lutter contre « l’État obèse ». En clair ?
👉 fusionner des agences
👉 dématérialiser encore plus
👉 “clarifier qui fait quoi”… pic.twitter.com/DsPwN3IXij
Ces craintes soulignent les enjeux politiques d’une réforme attendue depuis des années, sans chiffrage immédiat des économies. Des mesures interministérielles, comme la convergence des recouvrements fiscaux et sociaux, ou l’évolution des agences régionales de santé vers plus de décentralisation, complètent ce chantier, alors que le Premier ministre s’est déjà fait le porte-voix d’économies nouvelles, notamment en s’en prenant aux avantages d’anciens ministres.