Pourquoi Jean-Luc Mélenchon ne participera pas aux manifestations de l'opposition en Russie

Pourquoi Jean-Luc Mélenchon ne participera pas aux manifestations de l'opposition en Russie© Angelos Tzortzinis Source: AFP
Le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon prononce un discours lors d'une conférence organisée par le leader du parti politique Course of Freedom à Athènes, le 27 octobre 2017

Le leader de LFI a livré les détails de son programme en Russie, tout en glissant un tacle à ceux qui voient en lui un adversaire de la démocratie. S'il rencontrera une personnalité de l'opposition, il affiche une volonté de coopération avec Moscou.

Alors que le rapprochement d’Emmanuel Macron et de Washington continue de diviser la classe politique française, Jean-Luc Mélenchon s'est envolé le 7 mai pour Moscou. Le leader de La France insoumise (LFI) explique en préambule d'un billet écrit le 7 mai sur son blog, qu'il effectue notamment ce voyage pour «marquer par un geste symbolique le refus du climat de guerre et d’escalade entretenu avec la Russie».

Mélenchon : «ami de la Russie» mais pas partisan de Poutine

Jean-Luc Mélenchon annonce qu’il rencontrera, comme il le lui avait «promis après sa sortie de prison», Sergueï Oudaltsov, président du Front de gauche de Russie, une formation d’opposition. Pour autant, il se montre favorable à une coopération avec Moscou, déclarant : «Mon message est qu’on peut être ami de la Russie et du peuple russe sans être un partisan du parti politique au pouvoir en Russie.»

Pour prouver sa bonne foi, il affirme qu’il ne participera «à aucune manifestation d’opposition» afin de ne pas «provoquer le gouvernement russe» alors que le président français est attendu le 24 mai au Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF). 

«Je ne participe [pas] à l’investiture du président Poutine, dont je reconnais l’élection autant que je reconnais celle du président Macron pour ceux qui en doutent», a-t-il en outre déclaré, à l'attention de certains de ses adversaires politiques qui l’accusent d’être un adversaire de la démocratie.

Et de conclure à ce sujet : «Ce programme [de visite] est connu de toutes les autorités russes. Il ne m’a été créé aucune difficulté d’aucune sorte. Personne ne m’a empêché la rencontre avec [Sergueï] Oudalstov et personne ne m’a obligé à remplir les déclarations ridicules et offensantes qu’exigent les USA pour laisser les gens entrer sur leur territoire.»

Appel à un renforcement de l'axe Paris-Moscou 

Jean-Luc Mélenchon explique que sa venue en Russie n’est pas chose aisée compte tenu du contexte international lourdement impacté par une série de confrontations entre les pays occidentaux et la Russie sur différentes thématiques à l’instar du conflit syrien ou encore du programme nucléaire iranien. «Marquer de la sympathie et de l’amitié pour le peuple russe dans le contexte actuel est une opération délicate. On rompt le nœud gordien des procès d’intention et des amalgames en allant au bon endroit au bon moment», affirme-t-il.

Ardent défenseur d’une large coopération avec Moscou, Jean-Luc Mélenchon décide de convoquer l’histoire pour rappeler combien le destin de la France est intimement lié à celui de la Russie : «Je vais donc à Moscou fêter l’anniversaire de la victoire sur les nazis qui ont fait vingt millions de morts dans ce pays. Façon de rappeler sans cesse le danger qu'est l’extrême droite en Europe […] Je participerai donc d’abord à la commémoration du combat des nôtres puis j’irai défiler avec les Russes. Mon message : paix et amitié avec la Russie».

Après ce bref rappel historique, le député de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône réaffirme son opposition à la politique de l’OTAN : «Je [...] dirai [aux investisseurs français en Russie] ce que je pense de la ligue anti-russe qu’est la prétendue "Europe de la défense". Mon message politique ici : les sanctions sont absurdes, mieux vaudrait passer par une conférence de la paix sur les frontières que par les escalades verbales et les sanctions qui ne nuisent qu’aux peuples. L’OTAN est nuisible aux Français et aux Européens.»

Lire aussi : La Russie «pas une ennemie»: ovationné à Berlin, Mélenchon combat l'idée d'une Europe de la défense

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