Emmanuel Macron serait responsable de la «discrimination» à l'encontre des médias russes en France

Emmanuel Macron serait responsable de la «discrimination» à l'encontre des médias russes en  France
photo ©Maxim Shemetov/Reuters

Lors d'une conférence de presse, alors que les tensions entre la Russie et l'Occident sont vives, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, est revenue sur l'attitude de l'Elysée à l'égard de RT et de Sputnik.

Répondant à un journaliste de Sputnik ce 29 mars, Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a confirmé qu'à ses yeux, le traitement réservé en France à RT France et Sputnik avait été défini par Emmanuel Macron. «Nous faisons de notre mieux. Nous avons expliqué la situation à l'ambassade de France en Russie, nous avons adressé les lettres appropriées à l'OCSE [Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe] sur ce sujet», a rappelé la diplomate, lors d'une conférence de presse consacrée aux tensions entre la Russie et plusieurs pays occidentaux.

Et Maria Zakharova de poursuivre, citant les réponses faites à la diplomatie russe par les représentants français : «C'est une décision qui a été prise unilatéralement par le président français.» «Nous n'avons pas reçu d'autre réponse, à tous les niveaux», a-t-elle ajouté, estimant que, étant donné que les journalistes du média public russe Sputnik respectaient tous les critères exigés en France, il s'agissait de «discrimination» caractérisée. «[Nos interlocuteurs français] n'ont mis en avant aucune violation de quelque règle ou quelque comportement inapproprié que ce soit», a-t-elle souligné.

Les journalistes de Sputnik font notamment état de difficultés dans l'obtention ou le renouvellement de leurs cartes de presse, auprès de la Commission de la carte d'identité des journalistes (CCIJP), ainsi que de refus d'accréditation.

RT France, de son côté, connaît des déboires similaires. Déjà, lors de la campagne présidentielle, ses équipes avaient été refoulées du QG de campagne d'En Marche!. En janvier 2018, un reporter de RT France s'est vu interdire l'accès à une simple réunion d'information à l'Elysée. «Vous n'êtes pas journaliste», lui a-t-on lancé, malgré la présentation d'une carte de presse.

Le 18 mars dernier, le secrétaire d'Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, admettait que RT France ne relayait pas de fake news, concept flou qui fait référence à des fausses informations fabriquées à dessein pour influencer l'opinion publique. «C'est plus [...] un état d'esprit permanent», avait-il ajouté. En d'autres termes, selon Mounir Mahjoubi, la défiance du président à l'égard des journalistes de RT serait justifiée par une ligne éditoriale qui ne lui serait pas favorable.

Evoquant la notion de «vérité» et de «liberté d'expression», le président de la République a annoncé le 3 janvier dernier devant une assemblée de journalistes des grands médias historiques, triés sur le volet, la volonté de l'Etat d'intervenir et de contrôler la façon dont les informations sont produites, au nom, selon lui, de la «vitalité démocratique». Avec, comme l'a confirmé le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, les médias «russes» dans le collimateur.

Lire aussi : «Forme de censure» : le Syndicat national des journalistes inquiet de la loi «fake news» (REPORTAGE)

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