«Vous n'êtes pas journaliste» : un reporter de RT refoulé de l'Elysée malgré sa carte de presse

«Vous n'êtes pas journaliste» : un reporter de RT refoulé de l'Elysée malgré sa carte de presse
Illustration : barrage permanent devant le palais de l'Elysée, photo ©PATRICK KOVARIK / AFP

Un de nos reporters s'est vu interdire l'accès à une simple réunion d'information à l'Elysée relative au déplacement d'Emmanuel Macron à Calais. Un incident malheureusement récurrent ; il s'agit en effet du deuxième de la sorte en une semaine.

L'Elysée a décidément une dent contre RT France. Ce 15 janvier, le média a une nouvelle fois été banni de l'Elysée, où avait lieu un briefing, uniquement technique, pour les journalistes couvrant le déplacement d'Emmanuel Macron à Calais du 17 janvier prochain. Le reporter de notre chaîne, Kevin Berg, envoyé sur place a été refoulé alors qu'il venait de passer les portiques de sécurité du palais présidentiel. «La personne en charge de la presse, à qui j'ai donné ma carte de presse, m'a demandé pour quel média je travaillais», témoigne le journaliste qui bénéficie d'une carte de presse. «RT», répond Kevin Berg qui présente précisément la carte attestant de sa profession. «Ah non ! Vous n'êtes pas journaliste, on ne fait entrer que les journalistes», a alors répondu la préposée.

Indice que c'est bien le mot «RT» qui a tout déclenché, Kevin Berg souligne que la responsable presse de l'Elysée avait la carte de presse, dûment délivrée par la Commission de la carte des journalistes, entre les mains. «Tous les journalistes rentraient et ceux qui n’avaient pas confirmé leur présence étaient ajoutés au stylo sur la feuille de suivi», témoigne encore le journaliste de RT France, précisant que la réunion était en «off» et n'avait de surcroît pour but que de donner aux journalistes les informations et le programme du déplacement présidentiel.

RT France pas en cour à l'Elysée

C'est la deuxième fois en cinq jours seulement que les journalistes de RT France se voient refuser la possibilité d'exercer leur métier par l'Elysée. Le 10 janvier dernier, l'équipe de tournage de RT France s'était vue interdire l'accès au sommet de Rome, auquel participait le chef de l'Etat français. 

Le président Macron, qui protège la baguette au lieu de la liberté de parole, ferait mieux de relire attentivement la Constitution de la France

«Nous n’avons pas réussi à rentrer dans la résidence parce que les autorités nous ont refusé l’accès», a précisé le reporter Kyrill Kotikov à l’antenne. «Nous avons fait toutes les demandes d'accréditation [...] Nous avons envoyé notre dossier et il a été accepté en amont par l’Elysée, mais dès que nous avons posé les pieds sur le sol italien, le service de presse de l’Elysée a arrêté de nous répondre », témoignait alors Kyrill Kotikov.

Margarita Simonian, rédactrice en chef monde de RT, ne mâche pas ses mots. «En l'espace d'une semaine nos journalistes se sont vus refuser l'accréditation par l'Elysée deux fois. Le président Macron, qui protège la baguette au lieu de la liberté de parole, ferait mieux de relire attentivement la Constitution de la France», a-t-elle jugé.

Une peur des fake news venant de «l'étranger» déjà ancienne

Depuis la campagne présidentielle de 2017, les relations, entre Emmanuel Macron d'une part, et RT France d'autre part, sont tendues, l'Elysée accusant sans preuve RT de diffuser des informations erronées, sur fond d'allégations de supposée ingérence russe. Les équipes de RT France avaient notamment été refoulées du QG d'En Marche! lors des soirées électorales.

Le 29 mai 2017, alors qu'il recevait Vladimir Poutine à Versailles, Emmanuel Macron avait qualifié RT et Sputnik d'«organes d'influence et de propagande». «J'ai toujours eu une relation exemplaire avec les journalistes étrangers, encore faut-il qu'ils soient journalistes», avait-il lancé aux côtés du président russe. Lors de ses vœux à la presse le 3 janvier dernier, le président de la République avait repris la même rhétorique, évoquant des «fake news» véhiculées par des «médias de l'étranger». Visiblement, ce 15 janvier, le service de presse de l'Elysée s'est bien conformé au jugement du président.

Lire aussi : Pour Sergueï Lavrov, la future loi anti-fake news d'Emmanuel Macron s'affranchit de «tout débat»

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