Les médias russes dans le viseur de la République ? Le porte-parole du gouvernement répond «oui»

Les médias russes dans le viseur de la République ? Le porte-parole du gouvernement répond «oui»
Benjamin Griveaux au côté d'Emmanuel Macron le 30 décembre 2017, photo ©Etienne LAURENT / POOL / AFP

Après l'annonce présidentielle d'une loi destinée à contrer la propagation des fake news, Benjamin Griveaux a enfoncé le clou, défendant l'accès à des «informations propres, sourcées, fiables» et fustigeant les «médias de propagande».

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, ne pouvait que confirmer l'esprit de la prochaine loi sur les fausses informations, annoncée le 3 janvier 2018 par Emmanuel Macron lors de ses vœux à la presse. «On se rend compte qu'avec ces réseaux sociaux, il y a des diffusions de mauvaises informations, d'informations fausses qui peuvent perturber des opérations de vote», a réaffirmé, à la suite du chef de l'Etat, Benjamin Griveaux, le 4 janvier sur BFMTV, au micro de Jean-Jacques Bourdin. Et de poursuivre : «Pour avoir un débat démocratique serein, sincère, il y a évidemment les journalistes, mais il y a besoin de pouvoir avoir des informations propres, sourcées, fiables».  

«Je crois que c'est dans l'intérêt à la fois des médias et puis de la démocratie et puis des électeurs», a-t-il encore ajouté. Conclusion donc, si l'on suit les méandres de ce verbatim : le blocage d'une partie des sources d'informations au sens large (sites, blogs ou encore internautes disposant d'une audience), jugées non fiables ou non «propres», serait «dans l'intérêt des médias et puis de la démocratie et puis des électeurs».

Vous parlez des Russes

Et quelles seront les modalités de cette loi ? «[La censure] peut passer par les hébergeurs, par les diffuseurs, par ceux qui sont les producteurs de ces informations fausses. Et puis nous avons aussi [...] des médias qui sont des médias de propagande et non pas de journalisme, je pense à des médias qui sont détenus par des gouvernements étrangers», a précisé Benjamin Griveaux. «Vous parlez des Russes», est alors intervenu Jean-Jacques Bourdin, affirmatif. «Oui», a sobrement confirmé le porte-parole, sans donner plus de précisions. Le 3 janvier, le président de la République avait pourtant, lui, pris soin de ne désigner nommément aucun média susceptible d'être concerné par cette future loi, ni aucun pays auquel pourrait être lié un tel média.

Si l'interview dans sa totalité peut être retrouvée sur le site de BFMTV, il est à noter que la séquence vidéo que Benjamin Griveaux a choisi de partager sur Twitter, n'inclut pas ce dernier passage portant sur les médias russes.

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Un projet visant à «protéger la vie démocratique»... mais soulevant des craintes

Dans sa volonté affichée de lutter contre «le complotisme et le populisme», Emmanuel Macron a annoncé le 3 janvier à l'occasion de ses vœux à la presse un projet de loi visant à «protéger la vie démocratique». Evoquant «la vérité» ou encore «la liberté d'expression», le président de la République a expliqué que l'Etat souhaitait surveiller la façon dont les informations étaient produites.

D'après les grandes lignes de cette loi annoncées le 3 janvier, un juge pourra notamment être saisi afin de dé-référencer, voire bloquer un site. Mais Benjamin Griveaux n'y voit pas de sujet d'inquiétude. «Il n'est pas question de mettre un terme à ce qui est la liberté et à la presse d'opinion. C'est ce qui fait en France le sel de nos médias», a-t-il martelé face à Jean-Jacques Bourdin.

L'annonce de ce projet de loi, néanmoins, avait provoqué une vigoureuse levée de boucliers sur Twitter, nombre d'internautes estimant que le président cherchait en réalité à museler les voix discordantes.

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