Union Africaine : le Sahara occidental de nouveau au cœur des tensions entre le Maroc et l'Algérie

Source: Reuters

Depuis que le roi du Maroc Mohammed VI à annoncé qu'il envisageait de réintégrer l'UA, la guerre diplomatique avec Alger reprend de plus belle. L'objet de leur démêlé : la RASD, un territoire autoproclamé du Sahara occidental.

La bataille diplomatique entre Alger et Rabat est engagée. En cause, la volonté du Maroc de réintégrer l'Union africaine (UA) et d'exclure la République arabe sahraouie démocratique (RASD) de l'UA, alors qu'Alger y est opposée.

Pomme de discorde

Si l'Algérie souhaite qu'elle soit maintenue car elle soutient le Front Polisario, - un mouvement politique et armé du Sahara occidental, créé en 1973 pour lutter contre l'occupation espagnole - le Maroc oeuvre depuis des années en coulisses pour exclure la RASD de l'UA. En 1984, en signe de protestation contre l'admission de la la RASD, le royaume avait d'ailleurs quitté l'Organisation de l'unité africaine, l'ancêtre de l'UA.

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Problème pour Alger : le royaume veut désormais non seulement réintégrer l'UA, ce qu'il a annoncé officieusement au sommet de Kigali, qui s'est tenu les 17 et 18 juillet derniers, mais il est plus que jamais en position de force pour imposer l'exclusion de la RASD de l'UA. Sur 54 pays membres, 28 au sein de l’UA souhaitent l’exclusion de la RASD. 

Une rivalité qui dure depuis 40 ans

De ce fait, l'Algérie tente de s'activer en coulisses pour torpiller la candidature marocaine, en tentant notamment de se rapprocher de pays étant favorables au maintien de la RASD au sein de l'UA; le Niger par exemple. Dix jours après la conclusion du sommet de Kigali, Alger a ainsi reçu une visite officielle de deux jours du chef de la diplomatie nigérienne, Ibrahim Yacoubou. Le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, doit également entamer une tournée africaine dans les prochaines semaines avec l’objectif déclaré de contrecarrer les plans du Royaume chérifien.

Avant même que le Maroc ne présente officiellement sa demande d’adhésion à l’Union africaine, Alger s’est ainsi d'ores et déjà lancée dans une campagne destinée à persuader des membres de l’UA à ne pas suivre Rabat dans sa volonté d'exclusion de la RASD de l'organisation continentale. 

Vieux de 40 ans, le conflit portant sur la RASD empoisonne la diplomatie régionale de part ses conséquences. 

Si la France tranche plutôt en faveur du Maroc, malgré les appels de pied du chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, qui invitait Jean-Marc Ayrault à revoir sa position lors de son séjour à Alger en mars dernier, à l'ONU, depuis plusieurs années, le secrétaire général Ban Ki-moon sonne l'alarme. «La frustration croissante parmi les Sahraouis et l'expansion des réseaux criminels et extrémistes dans la région Sahel-Sahara présentent des risques accrus pour la stabilité et la sécurité de la région», a-t-il répété début avril. Le conflit a notamment empêché toute concrétisation de l'Union du Maghreb arabe lancée en 1989 et entrave également la coopération sécuritaire régionale.

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