Ministre danoise de l’Intégration face aux jeunes promoteurs de la charia : «Trouvez un travail !»

© Tony Gentile Source: Reuters

Une ministre danoise, traitée de «nazie» et de «fasciste» dans des rues à forte majorité musulmane de Copenhague, a conseillé à ses détracteurs de trouver un emploi et de se comporter normalement.

Visitant les environs du quartier Norrebro, la ministre de l'Intégration Inger Stojberg a indiqué que ceux «qui harcèlent» les propriétaires de bars du quartier «ont tous des opportunités», a rapporté le quotidien généraliste danois B.T.

«La seule chose qui aidera est qu'ils prennent part à la société danoise. Vous ne pouvez pas rôder autour d’ici toute la journée et harceler des propriétaires d’entreprises. Ils devraient se tenir», a-t-elle dit.

Ces commentaires ont été faits lors de la visite de Stojberg dans le quartier, avec pour but de s’entretenir avec l’un des nombreux propriétaires de bars qui prétendent avoir été menacés par des jeunes ou avoir été victimes de vandalisme anonyme. Les propriétaires avaient lancé un appel à l’aide plus tôt cette semaine.

Alors que la ministre se trouvait dans la rue de ce quartier où les bars sont nombreux, deux femmes, passant à côté, se sont approchées d’elle et l’ont traitée de «nazie». Quand Inger Stojberg a demandé aux femmes de répéter, elles ont répondu en la traitant de «fasciste», selon la chaîne danoise TV2.

Les femmes ont été arrêtées par la police après l’incident et pourraient faire face à une amende pour trouble de l'ordre public et outrage à agent public.

Sans surprise, les jeunes accusés d’être des fauteurs de troubles avaient leurs propres réponses au conseil de Stojberg d’obtenir un emploi et une éducation. Un jeune a ainsi expliqué que lui et ses amis avaient une éducation, mais qu’ils «se détendaient en même temps». Un autre a accusé la ministre de venir dans le quartier «au moindre petit incident».
«Ce sont des politiques populistes. Vous faites des montagnes à partir d’une toute petite affaire», a estimé un jeune homme.

Une visite nécessaire ou populiste ?

Le propriétaire du Mucki Bar considère l’attention de Inger Stojberg comme tout à fait nécessaire, soulignant que des briques avaient été lancées à travers la fenêtre du bar pendant les heures d’ouverture et qu'on leur avait, à elle et son mari, extorqué de l'argent pour leur protection.

Le propriétaire d’un autre établissement, le Café Heimdal a fait savoir que des voyoux étaient récemment entrés dans son bar et avaient ordonné aux clients de partir.

«Récemment certains jeunes hommes sont entrés et ont crié que tous les clients devaient partir. Ils ont ensuite scandé que l'endroit leur avait appartenu, que [le quartier] Norrebro était régi par la charia, et que donc l'alcool était interdit», a confié le propriétaire Heidi Dyrnesli à Radio24syv.

Il semblerait que quelques membres du quartier aient décidé de l’application de la charia dans le quartier - un concept introduit par un groupe intitulé «Call to Islam» (appel à l'islam) il y a environ cinq ans. Le groupe a recours à des volontaires pour effectuer des patrouilles quotidiennes et s'approcher de ceux qui boivent, jouent ou se livrent à d'autres activités contraires aux croyances islamiques.

La ministre de l'Intégration a déclaré sévèrement sur sa page Facebook la semaine dernière que Norrebro «n'[était] pas et ne [serait] jamais» sous le régime de la charia, précisant qu’ainsi, les gens pouvaient avoir la chance de bénéficier de procès équitables.

Les policiers de Copenhague, eux, ont apparemment adopté une position plus «relax» que Stojberg, l’inspecteur principal Allan Nyring a ainsi expliqué au quotidien Jyllands-Posten que le problème n'était pas aussi grave que la presse essayait de le faire croire.

«Bien sûr que c'est sérieux pour les bars qui sont ciblés, mais nous faisons face ici à un petit groupe de jeunes gens mécontents qui, décide de rouler des mécaniques dès que le printemps commence», a-t-il estimé.

Norrebro, un des dix quartiers officiels de Copenhague, situé au nord-ouest du centre-ville, est connu pour ses bars peuplés et sa vie nocturne.

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