COP21, «résultat du leadership américain»… et autres ritournelles du dernier discours annuel d'Obama

Barack Obama se prononce lors du discours sur l'état de l'Union Source: Reuters
Barack Obama se prononce lors du discours sur l'état de l'Union

Dans son allocution annuelle sur l'état de l'Union, traditionnellement consacrée aux problèmes intérieurs du pays, le président américain a également évoqué des sujets d’importance globale.

Partenariat Trans-Pacifique : «La Chine ne peut plus imposer ses règles»

Alors qu’une grande partie du discours du président a été consacrée aux problèmes et perspectives de l’économie américaine, qualifiée par Barack Obama de «la plus solide dans le monde», ce sont les intérêts internationaux de Washington, y compris économiques, qui ont été les passages les plus controversés évoqués par le président. Il s’agit notamment du Partenariat Trans-Pacifique (TPP), signé en octobre 2015, entre les Etats-Unis et 11 autres Etats. Son objectif ? Selon le dirigeant américain : «protéger l’environnement, ouvrir des marchés»… et «renforcer le leadership américain en Asie».

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«Avec le TPP, la Chine ne peut plus imposer ses règles dans la région, c’est nous qui le faisons», s’est félicité Barack Obama devant les deux chambres du Parlement américain. Ce traité «créera encore plus d’emplois» aux Etats-Unis, a-t-il ajouté, en appelant les parlementaires à «montrer la puissance [de Washington] dans ce siècle et le ratifier».

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«Notre politique étrangère sert notre sécurité nationale»

«Les Etats-Unis est l’Etat le plus puissant de la planète. Point. Nous dépensons plus pour notre armée que les huit pays qui nous suivent réunis», a déclaré Obama, sous un tonnerre d’applaudissements.

Tout en soulignant que la grande priorité de la politique étrangère américaine devait être la lutte contre Daesh et autres groupes terroristes, il a noté : «on ne peut pas s’arrêter là», alors que «l’instabilité continuera de régner dans plusieurs parties du monde». Alors que le «leadership implique l’application sage de la puissance militaire», le but d’une intervention est toujours clair, pour le dirigeant : «Il faut considérer notre assistance à l’étranger comme une partie de notre stratégie de sécurité nationale et non comme une action caritative».

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«Les Etats-Unis agiront toujours pour protéger notre peuple et nos alliés, et le feront seuls, si nécessaire», a martelé Barack Obama.

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COP21, «résultat du leadership américain»

C’est notamment d’un des principaux succès de la politique étrangère américaine que le locataire de la Maison Blanche a qualifié l’accord sur le climat, signé pourtant à Paris, lors de la 21ème Conférence sur le climat.

«Lorsque nous dirigeons près de 200 pays vers l’accord le plus ambitieux de l’histoire pour lutter contre le changement climatique, cela aide les pays fragilisés, mais protège aussi nos enfants», s’est réjoui Barack Obama.

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Le dirigeant a évoqué en outre le problème du climato-scepticisme, en fustigeant ceux qui remettent en question le fondement scientifique du réchauffement climatique. «Vous êtes assez solitaires, parce que vous allez contre nos militaires, la plupart des commerçants américains, la majorité du peuple américain, presque toute la communauté des scientifiques et près de 200 pays dans le monde», a martelé le président.

Fermer Guantanamo : une énième promesse

«Notre position de leader dépend de la force de l’exemple. C’est pour cela que je continuerai de travailler pour fermer la prison de Guantanamo», a réitéré le président américain.

Il s’agit pourtant d’une promesse de longue date. Fermer l’embarrassante prison cubaine était un des points clés de sa campagne électorale déjà en 2008. A cette époque, le candidat à la présidence s’était donné jusqu’à 2009 pour respecter sa promesse, qui se heurte depuis à de plus en plus d’obstacles, le dernier en date étant le refus de sa propre administration de fermer la prison, jugeant ce plan trop couteux.

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Discours sur l'état de l'Union, railleries des internautes

Plusieurs personnalités ont assisté au discours du président, dont Spencer Stone, un des héros du Thalys.

Plusieurs moments insolites de la cérémonie ont évidemment fait objet de plaisanteries des utilisateurs des réseaux sociaux, dont l'attention a été attirée le président du président de la Chambre des représentants des États-Unis Paul Ryan, qui assistait pour la première fois à l’allocution annuelle du président. Issu du parti républicain, l’homme politique n’a pas pu contenir ses émotions lorsqu’Obama a estimé que tout le monde n’était pas d’accord avec son point de vue sur la sécurité sociale.

Le discours du président n’a évidemment pas plu à tout le monde : en premier lieu Donald Trump, le favori des sondages à la primaire républicaine pour la prochaine élection présidentielle, l’a trouvé «ennuyeux, lent, léthargique et très difficile à suivre».

Certains élus ont apparemment partagé cette opinion, comme le républicain Marco Rubio ou les chefs d’Etat-major.

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