Détention aux Etats-Unis, Hollywood et l'Occident : de retour en Russie, Viktor Bout se confie à RT

Détention aux Etats-Unis, Hollywood et l'Occident : de retour en Russie, Viktor Bout se confie à RT Source: Sputnik
Viktor Bout à Abou Dabi, Emirats arabes unis, le 8 décembre 2022.
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Tout juste rentré en Russie après plus de dix ans d’incarcération aux Etats-Unis, à la faveur d'un échange de prisonniers avec Washington, Viktor Bout a accordé une interview à RT en russe.

Arrivé à Moscou ce 9 décembre, après plus de dix ans derrière les barreaux aux Etats-Unis, Viktor Bout a répondu aux questions de RT en russe sur les conditions de sa détention outre-Atlantique, le fameux échange de prisonniers qui a conduit à sa libération ou encore le regard qu'il porte sur l'Occident. 

Interrogé sur l’éventuelle russophobie qu’il aurait pu rencontrer lors de son long séjour au pénitencier de Marion (Illinois), le Russe réfute toute malveillance en raison de ses origines, tant de la part de ses compagnons d’infortune que du personnel. «Presque tous mes "voisins", pour ainsi dire, de cellules, les autres prisonniers, avaient une certaine sympathie pour la Russie», confie-t-il. Pour autant, Viktor Bout estime que la russophobie est une «conséquence» de l’attitude des Occidentaux à l’égard d’une Russie postsoviétique qu'ils ne seraient pas parvenus à «achev[er]» lors de l’effondrement de l'URSS.

«Le fait que nous essayions aujourd’hui… comment dire… qu’on essaie de vivre sans être gouverné par qui que ce soit, de ne dépendre de personne, d’être une puissance vraiment indépendante, et de se développer comme notre peuple le choisira, pour eux, c’est certainement une nouvelle choquante», développe-t-il. Selon l'ex-détenu aux Etats-Unis, les Occidentaux «croient pouvoir détruire [les Russes] à nouveau», «diviser la Russie en plusieurs parties, semer à nouveau la discorde au sein du peuple multi-ethnique de Russie, pour que des guerres civiles se déclenchent à nouveau, et ainsi contrôler le territoire où nous avons toujours vécu».

«Nous n’abandonnons jamais les nôtres, n’est-ce pas ?»

Questionné par RT sur l'importance qu'il aurait aux yeux du Kremlin à en croire la presse occidentale, Viktor Bout estime ne «pas être important pour la politique russe». Selon lui, en effet, ce qui importait pour les autorités russes était, «simplement », de venir en aide à un de leurs ressortissants : «Nous n’abandonnons jamais les nôtres, n’est-ce pas ?»

Je pense que, puisque l’échange a eu lieu, cela signifie qu’il y a eu des points de convergence qui pourraient satisfaire les deux parties

Viktor Bout ne s'aventure pas non plus à considérer que son échange contre la basketteuse américaine Brittney Griner (qui était incarcérée en Russie pour trafic de drogue) puisse représenter une quelconque faiblesse de la part de Washington, thèse avancée par des responsables politiques aux Etats-Unis. «Je pense que, puisque l’échange a eu lieu, cela signifie qu’il y a eu des points de convergence qui pourraient satisfaire les deux parties. Sinon, il n’y aurait pas eu d’entente», fait valoir le Russe, considérant que «le véritable pouvoir n’a jamais besoin de manifestations à un niveau si mesquin, par exemple, de montrer que cet échange est une manifestation de faiblesse ou de force».

Hollywood, «département de propagande» de Washington

Viktor Bout se montre plus incisif lorsqu’on en vient à l’image qu’Hollywood aurait forgé à son sujet : il a en effet servi d'inspiration au film Lord of War avec Nicolas Cage, sorti en 2005. Quelle en est la part de vérité ? «C’est peut-être la question la plus fréquente que tout le monde me pose», réagit-il, avant de poursuivre : «Un jour, quand on m’a posé cette même question, j’ai dit : "Tu sais, si on m’avait demandé, j’aurais peut-être proposé une histoire plus intéressante." Hollywood est devenu aujourd’hui une sorte de département de propagande du "Comité régional de Washington" semble-t-il. Et tout ce qu’ils font s’inscrit dans cela.»

Hollywood est devenu aujourd’hui une sorte de département de propagande du "Comité régional de Washington"

Viktor Bout, ancien traducteur et radio de l'armée de l'air soviétique, a été arrêté en Thaïlande en 2008. Selon l'accusation, il avait accepté de vendre un arsenal de fusils et de missiles à des agents secrets américains se faisant passer pour des guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie, qui disaient vouloir utiliser ces armes pour abattre des hélicoptères américains aidant l'armée colombienne. Il a été extradé en 2010 de Thaïlande dans un jet spécialement affrété par les Etats-Unis. Reconnu coupable en novembre 2011 de trafic d'armes par la justice américaine, il a été condamné en avril 2012 à New York à 25 ans de prison.

A la suite de l'échange de prisonniers entre Washington et Moscou du 8 décembre, faisant suite à de longues négociations, Viktor Bout a atterri le lendemain à Moscou, où il a pu retrouver sa famille.  

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