Conflit israélo-palestinien : comment se positionnent les politiques français de droite à gauche

Conflit israélo-palestinien : comment se positionnent les politiques français de droite à gauche© REUTERS / Mohammed Salem
Une vue aérienne de la ville de Gaza, le 16 mai 2021, après des frappes israéliennes (image d'illustration).
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Si des formations de gauche françaises dénoncent tout particulièrement les frappes israéliennes, LR et RN défendent plus volontiers la légitimité de la riposte israélienne face au Hamas.

C'est un grand classique de la géopolitique sur lequel tous les élus sont amenés à se positionner dans une carrière, et les politiques français n'y échappent pas. La nouvelle escalade depuis début mai du conflit entre Israël et les mouvements armés de Gaza (181 morts dus aux frappes israéliennes dans la bande de Gaza, 10 Israéliens morts après des tirs de roquettes du Hamas selon un dernier bilan) a poussé plusieurs responsables de la scène politique française à affirmer ou rappeler leurs points de vue sur cette problématique sensible. Les positionnements au sein des différentes forces politiques montrent une certaine cohérence. Florilège.

Le Rassemblement national dénonce le Hamas

Alors qu'environ 3 000 roquettes ont été tirées en moins d'une semaine de la bande de Gaza vers Israël, qui mène de son côté des frappes sur l'enclave palestinienne, la présidente du RN Marine Le Pen a choisi de condamner les tirs du Hamas, le mouvement palestinien qui occupe Gaza. «La pluie de missiles lancée par le Hamas sur les populations civiles israéliennes est un acte inacceptable», a écrit dans un tweet la candidate à l'Elysée en 2022. 

«Espérons que les peuples israélien et palestinien trouvent la voie de la paix», a néanmoins ajouté Marine Le Pen. Sous sa présidence, l'ex-Front national – nettement plus critique envers Israël sous Jean-Marie Le Pen – a recentré sa position au sujet du conflit proche-oriental. Un virage auquel a contribué en 2014, l'ex-député européen et alors conseiller aux questions internationales de Marine Le Pen, Aymeric Chauprade qui avait alors écrit un manifeste pour défendre ce positionnement. Le cadre du RN Louis Aliot avait synthétisé ce choix de l'entre-deux en 2018, au micro de Sud Radio : «Nous sommes favorables à la reconnaissance d'un Etat palestinien avec la garantie de la sécurité d'un Etat israélien reconnu par les autres pays arabes».

Entre les lignes, en dépit de la tentative d'équilibre, le RN semble quand même se rapprocher désormais des arguments israéliens quant à la défense du territoire. Dans la même interview, Louis Aliot expliquait également que selon lui, la France faisait face aux «mêmes modes opératoires de terrorisme que ceux que les Israéliens subissent depuis déjà longtemps». A l'époque déjà, en mai 2018, alors que des heurts se déroulaient à la frontière entre l'Etat hébreu et la bande de Gaza, Marine Le Pen avait estimé qu'Israël avait «envoyé un message clair sur l’inviolabilité de sa frontière : on peut le juger excessivement, inutilement brutal, mais c’est un message clair».

Aux Républicains, une ligne uniformément pro-israélienne

Une fois n'est pas coutume, les responsables LR semblent tous d'accord sur un sujet : depuis le début de la nouvelle escalade entre Israël et Palestine, plusieurs députés du parti ont apporté leur soutien à l'Etat hébreu. «Attaquer Israël, c'est attaquer la démocratie», selon Eric Ciotti. «Les terroristes ne vaincront pas», a lancé son collègue Guillaume Larrivé. Et l'élue LR Constance Le Grip a réaffirmé son «soutien à Israël» tout en condamnant les attaques du Hamas.

«Si la population française était visée par les missiles d’une organisation terroriste, il faut espérer que la France riposterait avec force et détermination. C’est ce que fait Israël en ce moment», a expliqué le 13 mai le sénateur Bruno Retailleau. A noter qu'en 2018, ce dernier affirmait sur CNews qu'«il y a une vérité dans les relations internationales [...] c'est qu'on ne doit jamais acculer un peuple à la désespérance, et c'est ce qui se passe aujourd'hui avec le peuple palestinien».

En outre, le maire de Nice Christian Estrosi (qui a récemment quitté LR) a «dénoncé avec force une partie de la presse qui propage fake news et infos malveillantes à l'égard d'Israël». Sur Twitter, l'édile a apporté son soutien à Israël, mais aussi «aux Palestiniens qui ne sont que les otages d’un groupuscule terroriste, le Hamas».

En Macronie, un «en même temps» difficile à tenir

Le 10 mai, le gouvernement français a appelé «l'ensemble des acteurs à faire preuve de la plus grande retenue», disant craindre une «escalade de grande ampleur», tout en condamnant «les tirs de roquette depuis la bande de Gaza qui ont visé le territoire israélien». «Il ne faut pas opposer. On voit des images dramatiques des deux côtés. Ceux qui diraient que c'est une agression d'Israël contre la Palestine ou l'inverse se trompent», a développé le 12 mai sur France 2 le secrétaire d'Etat Clément Beaune.

Le président Emmanuel Macron a lui-même insisté le 14 mai sur «l'urgence d'un retour à la paix», soulignant lors d'un entretien avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou le «droit à se défendre» d'Israël tout en disant «sa préoccupation au sujet des populations civiles à Gaza».

En somme, l'habituel numéro d'équilibriste cher à la Macronie, qui met en exergue les nuances voire divergences en son sein. La députée Aurore Bergé, présidente déléguée du groupe LREM à l'Assemblée, a par exemple tweeté qu'Israël était «une démocratie qui continue à se battre pour son droit à exister et à protéger les siens [et qui] aura toujours des amis solides et sincères pour la soutenir dans l'épreuve».

A gauche, un net soutien à la Palestine

Au sein des partis progressistes, historiquement défenseurs de la cause palestinienne, les tragiques événements actuels n'ont pas infirmé la ligne. Dès le 9 mai, la France insoumise a demandé dans un communiqué «au gouvernement français d’intervenir en condamnant les opérations israéliennes en cours». Son député et leader Jean-Luc Mélenchon, qui souhaitait la tenue de la manifestation à Paris en soutien à la Palestine, a dénoncé dans des tweets les 12 et 13 mai «les exactions israéliennes» et «le gouvernement d'extrême droite» de l'Etat hébreu.

Le parti EELV a également appelé dans un communiqué le 11 mai la France et l'UE «à intervenir par tous les moyens diplomatiques possibles, auprès des autorités israéliennes pour que cesse cette répression violente», tout en réaffirmant «son plein soutien aux populations civiles palestiniennes».

Le Parti socialiste a quant à lui de nouveau avancé le 11 mai la «solution à deux Etats, vivant côte à côte en paix et en sécurité, conformément aux paramètres du droit international et des accords établis».

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