Le renseignement français s’inquiète «d’une radicalisation» dans certains clubs sportifs

Le renseignement français s'inquiète de la radicalisation dans certains clubs de sport. © Capture d'écran du site http://www.evolution-football.fr/
Le renseignement français s'inquiète de la radicalisation dans certains clubs de sport.

Thierry Braillard, secrétaire d’Etat aux Sports, a déclaré jeudi être préoccupé par un phénomène de «radicalité islamique» observé dans certains clubs de sport des quartiers populaires. Un rapport du renseignement circule sur le sujet.

Les salafistes s’intéresseraient-ils aux sportifs ? C’est en tout cas ce dont fait état un rapport du Service central du renseignement territorial (SCRT). Le document circulerait depuis un certains temps dans les sphères des forces de sécurité. Ses pages contiendraient des observations sur «un repli communautaire» dans certains quartiers populaires. Repli qui toucherait notamment les clubs et associations sportives.

Exemples à l’appui

Le document cible des «dérives» de «radicalité» dans «une petite partie» des structures sportives. Quelques animateurs sont recensés comme appartenant «à la mouvance salafiste». Les 13 pages du document pointent des clubs à Roubaix-Tourcoing (Nord), en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), à Perpignan, Lille ou en région parisienne comme Mantes-le-Jolie (Yvelines). Les exemples cités sont plutôt légers. On y fait référence à des «tapis de prière» sortis afin de prier à la mi-temps d’un match de football ou dans les vestiaires.

Pas de panique

Si le phénomène inquiète, il est loin d’être d’une gravité sans pareille. «Nous sommes inquiets, mais nous ne sommes pas les bras ballants et nous essayons d'apporter une réponse répressive, mais aussi préventive» explique Thierry Braillard.

Aucun des animateurs suspects n’a d’ailleurs fait l’objet d’une fiche de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Une source policière relativise le danger : «C'est le traditionnel travail du renseignement de s'intéresser à ces pratiques et de possibles dérives pouvant en résulter. Le phénomène n'est pas négligé par les services mais pas généralisé.»

Le secrétaire d’Etat aux Sports conclue : «Nous sommes saisis du dossier, cela nous préoccupe, il faut agir et nous travaillons de concert, c'est-à-dire que nous avons des informations entre le ministère de l'Intérieur et le ministère des Sports, sans aucun problème, qui sont confidentielles. On travaille ensemble et on voit ce phénomène comme un phénomène qu'il faut combattre et non pas qu'il faut laisser faire.»

Pour rappel, le renseignement français est dans l’oeil du cyclone. Notamment à cause d’un présumé laxisme dans la surveillance des individus jugés dangereux. Yassin Salhi, principal suspect de l’attentat de Saint-Quentin-Fallavier ainsi que Mohamed Merah, Cherif Kouachi, Amedy Coulibaly ou Sid Ahmed Ghlam ont tous fait l’objet, à un moment ou à un autre, d’une fiche S. Un document visant tout individu susceptible de menacer la sécurité nationale. Ce qui n’a pas empêcher les pré-cités de commettre leurs crimes.

En savoir plus : Renseignement : ces terroristes passés entre les mailles du filet

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