Gérald Darmanin : «Nous sommes en guerre, il faut accepter qu'il puisse y avoir des attentats»

Gérald Darmanin : «Nous sommes en guerre, il faut accepter qu'il puisse y avoir des attentats»© Ludovic MARIN Source: AFP
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin devant la préfecture de Bobigny, le 20 octobre 2020.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin s'est exprimé le 20 octobre, face aux journalistes de BFMTV, sur le contexte ayant permis l'assassinat de Samuel Paty et sur les réponses à y apporter.

Interrogé pendant deux heures sur BFMTV le 20 octobre à 21h dans l’émission «face à BFMTV», le ministre de l’Intérieur s’est exprimé sur de nombreux sujets relatifs à la décapitation de Samuel Paty le 16 octobre devant le lycée où il enseignait. Il a, entre autres, dénoncé le communautarisme, le rôle des réseaux sociaux, tout en appelant les Français à «accepter qu'il puisse y avoir des attentats». 

«La question n'est pas de savoir s'il va y avoir un attentat, mais quand»

Revenant longuement sur l’assassinat commis par Abdullakh Anzorov, Gérald Darmanin a estimé que nous sommes entrés dans la «quatrième génération de jihadisme», après Khaled Kelkal en 1995, «l'attentat des Twin Towers» en 2001, les attentats de 2015. Selon lui, «l’assassin de vendredi est sans doute le premier d'une nouvelle série» : «quelqu'un qui commet un acte, qui manifestement n'est pas commandé de l'étranger, qui réagit non pas à une fatwa de l'extérieur, mais de personne qui sont sur le sol national».

Il a alors prononcé une des phrases-choc de la soirée, en avertissant les Français que «la question n'est pas de savoir s'il va y avoir un attentat, mais quand.» Une déclaration qu’il a explicitée en ces termes : «Quand on fait le procès de Charlie Hebdo, quand on republie les caricatures [de Mahomet], oui, des gens ne l'acceptent pas […]. Nous sommes en guerre, il faut accepter qu'il puisse y avoir des attentats».

«De la lâcheté intellectuelle»

Gérald Darmanin s’en est pris à Edwy Plenel, directeur de Mediapart, qui fait selon lui parti des « responsables» de ce climat, de «cette température qui permet à des individus de passer à l'acte en excusant tout». Edwy Plenel avait en effet pris la décision de pas évoquer l'affaire de la jeune lycéenne Mila, menacée de mort en janvier dernier après avoir critiqué l’islam. Un choix que Gérald Darmanin a qualifié de «lâcheté intellectuelle».
Le ministre a critiqué ceux qui sont dans l’ «excuse permanente» face à l’islamisme, en réponse à une chronique de Patrick Cohen concernant l’affaire Mila le 19 octobre dans C à Vous. 


«L'imam internet est bien plus puissant»


Plus tôt dans l’émission, Gérald Darmanin s’est exprimé sur le rôle des réseaux sociaux. D’après lui, «c’est plus tellement dans les mosquées qu'on apprend à se radicaliser [...] L'imam internet est bien plus puissant, bien plus insaisissable. Les réseaux sociaux ont une responsabilité énorme dans la mutation du terrorisme et de la radicalisation. Les officines – ces associations que nous essayons de dissoudre – sont désormais bien plus efficaces que quelques mosquées cachées à l’ancienne».

Le ministre a à ce propos annoncé que le projet de loi sur le séparatisme comportera «une formule plus efficace» de la loi Avia, en rappelant que «la liberté d'expression a une limite», qui est «l'ordre public».


La plateforme Pharos (plate-forme d'harmonisation, d'analyse, de recoupement et d'orientation des signalements) du ministère de l'Intérieur devrait dorénavant travailler «24 heures sur 24» avec l’embauche de «cent personnes supplémentaires dès la fin de l'année pour regarder ces signalements».

«428 étrangers en situation irrégulière ont été expulsés du territoire national»

Gérald Darmanin a également affirmé que, depuis trois ans, «358 lieux (structures, associations culturelles, commerces) ont été dissous» et «428 étrangers en situation irrégulière ont été expulsés du territoire national». «Aucun Président de la République, aucun gouvernement n’a fait autant», s'est-il félicité.

Interrogé sur l'expulsion d'étrangers radicalisés et notamment celles de Tchétchènes, le ministre a annoncé avoir demandé à rencontrer son homologue russe «ce week-end» pour évoquer le sujet.

«On peut aussi dire au capitalisme qu'il peut être, de temps en temps, patriote»


L’ancien maire de Tourcoing est revenu sur de récents propos tenus au micro d'Europe 1 concernant des supermarchés qui gagneraient de l’argent grâce au communautarisme. Il a alors déclaré : «Ca m'a toujours choqué de rentrer dans un hypermarché et de voir qu'il y a un rayon de telle cuisine communautaire. C'est comme ça que ça commence le communautarisme». Il a précisé plus tard dans la soirée qu'il visait non pas les produits communautaires type halal ou casher à proprement parler, mais les rayons spécifiques les proposant dans les supermarchés.

Gérald Darmanin a par la suite affirmé que «le capitalisme français, mondial a une responsabilité» : «Quand on vend des vêtements communautaires, peut-être qu'on a une petite responsabilité dans le communautarisme. Lorsqu'on prête de l'argent à des associations, ou a des entreprises communautaires... Ce n'est pas parce qu'on a des parts de marché en flattant quelques bas instincts qu'on a rendus service au bien commun». «On peut aussi dire au capitalisme qu'il peut être, de temps en temps, patriote» a-t-il conclu.

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