Rassemblement de soutien à Danièle Obono, dépeinte en esclave dans une fiction de Valeurs Actuelles

Rassemblement de soutien à Danièle Obono, dépeinte en esclave dans une fiction de Valeurs Actuelles© Charles Baudry / RT France
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Danièle Obono a pris la parole lors du rassemblement du 5 septembre 2020.

Après le tollé soulevé par un dessin et une fiction publiés par le magazine Valeurs Actuelles, qui dépeignait la députée insoumise Danièle Obono en esclave, un rassemblement de soutien à l'élue a été organisé le 5 septembre au Trocadéro, à Paris.

Plus d'une centaine de personnes se sont réunies au Trocadéro à Paris en fin d'après-midi du 5 septembre pour soutenir la députée La France insoumise Danièle Obono. Ce rassemblement fait suite à la controverse d'un «roman de l'été» publié dans Valeurs Actuelles qui imaginait, en texte et en dessin, l'élue en esclave.

Alors que Danièle Obono a décidé de porter plainte contre l'hebdomadaire, son avocate Raquel Garrido, interrogée par RT France, estime que «la réduction à un statut d'esclave, à une extranéité qui est présumée à travers les générations, à travers le temps, c'est quelque chose qui a été voulu contre Danièle Obono». «Il ne faut pas être naïf, si Valeurs Actuelles s'attaque à une figure magnifique qui est Danièle Obono – députée française extrêmement engagée, extrêmement présente à l'Assemblée –, c'est parce qu'elle est une porte-parole de la contestation et une insoumise», ajoute-t-elle.

Une autre participante au rassemblement, Mireille Fanon-Mendès France, présidente de la Fondation Frantz Fanon, critique «l'extrême droite» et une «certaine partie de la gauche» qui seraient, selon elle, «soucieuses de voir cette nouvelle parole qui dénonce le colonialisme, le racisme structurel [et] la suprématie blanche».

Pour ces gens, c'est insupportable qu'une femme noire puisse être députée de la République

Dans son intervention au Trocadéro, Danièle Obono a jugé que la publication de Valeurs Actuelles représentait la tentative d'une partie de la population française de faire taire les minorités, aussi bien les noirs que les Maghrébins. Au micro de RT France, la parlementaire de Paris prétend que «pour ces gens, c'est insupportable qu'une femme noire puisse être députée de la République. Pour eux, nous sommes des corps étrangers, littéralement, qu'il faut faire réémigrer, renvoyer en Afrique».

Des images de notre reporter sur place montrent qu'en fin de manifestation, la Ligue de défense noire africaine (LDNA) a déployé un drapeau tricolore où le mot «Fraternité» a été supprimé dans une nouvelle devise : «Liberté, Egalité, Négrophobie.»

Cette mobilisation a été soutenue par diverses organisations comme l'altermondialiste Attac, la Ligue des droits de l’Homme, le Parti des indigènes de la République (PIR), la Brigade anti-négrophobie ou encore le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF). Des militants et des figures de la gauche radicale, du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) ou de La France insoumise étaient également présents, tels Adrien Quatennens, Eric Coquerel et Manuel Bompard. Le journaliste militant et ancien insoumis Taha Bouhafs se trouvait également sur place.

Des militants pro-laïcité dénoncent certaines organisations présentes

Sur les réseaux sociaux, des cadres d'organisations de défense de la laïcité et de la «République une et indivisible» ont épinglé les revendications de certaines des formations présentes au rassemblement.

Le juriste et membre de l'équipe nationale du Printemps républicain, Vincent Lautard, constate par exemple que les manifestants d'organisations multiples ont élargi leur protestation à d'autres cibles que Valeurs Actuelles : «Dans l’appel à la manifestation de soutien à Madame Obono, on retrouve le CCIF, le PIR, la Brigade anti-négrophobie, la CGT, la LDH, le NPA, la Ligue de l’enseignement… Cet appel s’attaque aux visuels ignobles de Valeurs Actuelles, mais aussi à Emmanuel Macron ou à Caroline Fourest.»

La cofondatrice de Viv(r)e la République, Céline Pina, avait quant elle considéré la veille que «la victimisation d'une députée au nom du racisme qu'elle subirait, alors qu'elle-même juge souvent les autres sur la couleur de leur peau, devient indécente».

Tandis que le Huffington Post a relevé le slogan «on est chez nous» lors de la prise de parole de Danièle Obono («il faut répondre qu’on est chez nous»), l'essayiste pro-laïcité et «féministe universaliste» Fatiha Boudjahlat ironise : «Les indigénistes ont grand-remplacé l’extrême droite.»

L'affaire Valeurs Actuelles-Obono

Le 27 août, Valeurs Actuelles avait décrite la députée LFI Danièle Obono en esclave au cou enchaîné à l'occasion d'une série «roman de l'été» dans laquelle, «chaque semaine, un personnage emprunte les couloirs du temps» et est imaginé à une autre époque que la sienne. Cette publication avait provoqué une vague de condamnations au sein de la classe politique.

Le magazine s'était excusé dans un communiqué diffusé le 29 août, défendant une volonté de «plonger une personnalité contemporaine dans une période passée, afin de faire resurgir par ce contraste certaines inepties de notre époque».

Dénonçant «une insulte à [ses] ancêtres, sa famille» et «à la République», Danièle Obono avait annoncé sur BFMTV, le 29 août, l'éventualité d'un dépôt de plainte, dénonçant «une souillure qui ne s'effacera pas» et «l'aboutissement d'un acharnement médiatique» contre elle.

Une enquête préliminaire a été ouverte pour «injures à caractère raciste», a annoncé le 31 août le procureur de Paris, Rémy Heitz. L'enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), précise le procureur de Paris dans un communiqué.

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