Affaire Obono : échanges tendus avec la LDNA devant la rédaction de Valeurs actuelles

Affaire Obono : échanges tendus avec la LDNA devant la rédaction de Valeurs actuelles© Capture d'écran/Twitter/@MoadabJ
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Egountchi Behanzin discute avec Geoffroy Lejeune, le 31 août devant les locaux de Valeurs actuelles.

«Ce sont les Africains que vous attaquez», a jugé le leader de la Ligue de Défense noire africaine devant la rédaction du magazine. Un discours «indigéniste et racialiste» pour Geoffroy Lejeune, qui est descendu discuter dans la rue avec l'activiste.

Le 31 août dans l’après-midi, le leader de la Ligue de défense noire africaine (LDNA) s’est rendu devant le siège du journal Valeurs actuelles à Paris, afin de débattre avec les membres de la rédaction. Cette visite fait suite à la publication hautement polémique d’une fiction journalistique représentant la députée LFI Danièle Obono en esclave, une chaîne autour du cou.

La série d’articles prétend faire emprunter «les couloirs du temps» à une personnalité. Dans le septième épisode, intitulé «Obono l’Africaine», l’élue est dessinée de profil, l’air fatigué, enchaînée au niveau du cou. Avec le sous-titre : «Où la députée insoumise expérimente la responsabilité des Africains dans les horreurs de l’esclavage».

«[Si vous écrivez] contre les Noirs, alors vos bras nous allons les arracher»

Egountchi Behanzin (Sylvain Afoua de son vrai nom), fondateur et porte-parole du mouvement, a demandé à accéder aux locaux du média (où la LDNA s'était déjà rendue l'avant-veille). Bloqué au bout de la rue par des policiers, il a déclaré : «Tous les jours, nous allons revenir s’il le faut [...] A travers l’insulte contre Danièle Obono, ce sont les Africains que vous attaquez.» 

Votre président, on le voit, quand il va au dîner du CRIF et qu’on lève sa main comme une marionnette

«[Si vous écrivez] contre les Noirs, alors vos bras nous allons les arracher, et vous n'aurez plus de bras pour écrire quoi que ce soit. Nous allons vous arracher vos bras... C’est comme ça, dorénavant, ce sera dans l’autodéfense. Donc à un moment, soit le vivre ensemble se passe bien dans ce pays et dans ce cas chacun respecte les gens. On ne vous quémande pas votre pitié [...] on vous dit : "Vous nous respectez, on vous respecte."», a-t-il poursuivi, d'après des images captées par le journaliste Jonathan Moadab.

Face aux forces de l'ordre, il a par ailleurs déclaré : «Face à la communauté juive, vous claquez des fesses. Vous êtes comme ça, comme des enfants. Même vous, les policiers. Parce que votre président, on le voit, quand il va au dîner du CRIF et qu’on lève sa main comme une marionnette».

Pour répondre aux propos visant son journal, Geoffroy Lejeune, le directeur de la rédaction de Valeurs actuelles, est descendu discuter avec Egountchi Behanzin. «Je regrette cette polémique, c’est pour ça qu’on a présenté nos excuses à Danièle Obono», a-t-il affirmé, derrière un mur de policiers. «Ce qui vous rend hystériques aujourd’hui, c’est que vous ne supportez pas qu’on puisse évoquer, qu’il s’agisse de nous, d’un historien ou d’un universitaire, la question de l’esclavage autrement qu’en disant que c’est l’Occidental qui a esclavagisé l’Africain», a-t-il ajouté, fustigeant le «discours indigéniste et racialiste» de la LDNA.

Ce à quoi le leader du mouvement a rétorqué : «Racialiste ? Vous, venant d’un nazi comme vous, d’un facho comme vous ? Vous, vous êtes obsédés de la race, vous parlez tout le temps de la race… Quand des nègres se présentent devant vous pour obtenir des comptes, regardez là où vous les recevez. Vous n’êtes pas capable en tant que leader d’un mouvement, de me faire entrer dans vos bureaux, s’asseoir et discuter les yeux dans les yeux.»

Le 29 août, deux militants de la Ligue de défense noire africaine (LDNA) s’étaient introduits dans les locaux de Valeurs actuelles pour dénoncer «l'incitation à la haine anti-Noirs». Valeurs actuelles a dénoncé les faits, dans un communiqué diffusé le même jour : «Deux militants du groupuscule racialiste ont pénétré en toute illégalité dans le siège du journal, ce samedi, pour dénoncer notre publication consacrée à Danièle Obono.» Le document fait mention d'une intrusion mais n'évoque aucune effraction ou dégradation dans ses locaux.

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