Où en sont les relations personnelles entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine ?

Où en sont les relations personnelles entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine ?© LUDOVIC MARIN Source: AFP
Le président russe Vladimir Poutine et son homologue français Emmanuel Macron lors du G20 à Osaka au Japon, le 28 juin.
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Les deux chefs d'Etats, qui affichent une volonté commune de rapprochement franco-russe, partagent le goût de l'histoire et de la culture. Mais au delà de leurs divergences d'intérêts stratégiques, leur opposition est aussi idéologique.

Le président français Emmanuel Macron et son homologue russe se retrouvent le 19 août au fort de Brégançon. Si les (nombreux) dossiers internationaux domineront les débats, cette rencontre permettra également d'observer l'évolution des relations personnelles qu'entretiennent les deux hommes.

Sur ce point le chef d'Etat français a opéré un virage manifeste au regard de la position de ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy et François Hollande, dont les rapports avec Vladimir Poutine ont souvent été difficiles. Dans un contexte de défiance à l'égard du président russe en France, Emmanuel Macron avait pourtant assuré, à l'issue de leur premier entretien à Versailles en mai 2017, ne pas vouloir s'appuyer sur cette donnée dans la gestion des dossiers internationaux. «La diplomatie n’est pas une affaire de chimie personnelle mais elle consiste à apporter des solutions à des problèmes concrets», avait-il ainsi assuré, laissant entendre qu'il ne chercherait pas à développer de liens personnels avec le dirigeant russe.

Auteur: RT France

L'histoire et la culture, un pont ?

Quelques jours auparavant, il se disait même prêt à entrer dans un «rapport de forces» avec son homologue russe, au même titre qu'avec le président américain Donald Trump. Mais, contrairement à sa poignée de main médiatisée avec le locataire de la Maison Blanche, celle échangée avec Vladimir Poutine sur le tapis rouge dans la Cour de marbre du château s'était révélée plutôt cordiale.

Surtout, au delà du cadre politique où les points de divergences ne manquent pas, Emmanuel Macron avait ouvert la porte à un rapprochement avec Moscou en inaugurant l'exposition consacrée à Pierre le Grand. Cette démarche hautement symbolique – la visite du tsar en France en 1717 marquant le début des relations diplomatiques franco-russes – laissait en outre entrevoir un point de convergence possible entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine, les deux hommes d'Etat partageant le même goût pour l'histoire et la culture.

C'est d'ailleurs sur ce point qu'a insisté le chef d'Etat français lorsqu'il s'est rendu à Saint-Pétersbourg l'année suivante. Le président de la République a ainsi multiplié les références autant historiques que littéraires, citant abondamment les auteurs russes Tolstoï, Dostoïevski et Soljenitsyne. Et il s'était même autorisé une incartade dans un domaine de prédilection de Vladimir Poutine, invoquant la passion de ce dernier pour un certain sport de combat. «Nous connaissons tous votre goût, monsieur le président, cher Vladimir, pour le judo et je sais que vous appréciez les valeurs de la voie de la souplesse», avait-il ainsi lancé, décochant un sourire au président russe.

Soucieux de soigner la forme, à défaut de s'accorder pleinement sur les dossiers de fond – Syrie, Ukraine, Venezuela... –, le président français a par ailleurs récemment fait vœux de «réinstaller une nouvelle grammaire de la relation [de la France] avec la Russie». Une volonté que l'on pourrait lire a posteriori au premier degré, puisque Emmanuel Macron, qui vouvoyait Vladimir Poutine lors de leur première rencontre, est depuis passé au tutoiement, affichant ainsi une certaine proximité avec le président russe.

Divergences idéologiques et stratégiques

Si les divergences entre les deux chefs d'Etat finissent toujours par apparaître, leurs échanges demeurent malgré tout cordiaux lors de leurs prises de parole commune. C'est ainsi au détour d'une plaisanterie qu'ils se sont opposés sur les questions de sécurité en Europe, à l'occasion du Forum économique de Saint-Pétersbourg de 2018. Alors que, évoquant la sécurité en Europe, Emmanuel Macron déclinait la proposition d'aide de Moscou et défendait l'alliance de la France avec Washington dans ce dossier, Vladimir Poutine lui répliquait dans un sourire, «c'est bien dommage !» 

Au delà de leurs différences sur le plan international, il existe en outre un clivage idéologique entre les deux hommes. Passée la chaleureuse poignée de main échangée lors de leur rencontre en marge du G20 le 28 juin, Emmanuel Macron s'était résolument posé en défenseur des «démocraties libérales» qui selon lui ont encore «beaucoup à faire et beaucoup à apporter». Des propos qui sonnaient comme une réponse aux propos du président russe dans les colonnes du Financial Times, qui avait estimé que les idées progressistes des démocraties occidentales, comme le multiculturalisme, n'avaient pas d'avenir. «Ce n'est pas le seul modèle, mais c'est aussi un modèle qui vit et qui a sa force. Je pense que dans le dialogue entre les démocraties libérales et celles qui peuvent revendiquer de l'être moins, on peut construire beaucoup, donc je crois à notre échange», avait ainsi fait valoir Emmanuel Macron. Une déclaration qui avait arraché un sourire espiègle au chef d'Etat russe, qui avait simplement répliqué : «On va encore en parler.» 

Auteur: RT France

Lire aussi : «Les idées libérales sont devenues obsolètes» : que signifie la déclaration de Vladimir Poutine ?

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