Le gouvernement «trop intelligent, trop subtil» pour les Français, selon le chef des députés LREM

Le gouvernement «trop intelligent, trop subtil» pour les Français, selon le chef des députés LREM© Yoan Valat Source: AFP
De gauche à droite, Agnès Buzyn, ministre de la Santé, Edouard Philippe, Premier ministre, Emmanuel Macron, président, Francois de Rugy, ministre de la Transition écologique et Muriel Pénicaud, ministre du Travail, en réunion à l'Elysée le 10 décembre 2018 durant la crise des Gilets jaunes.

En plein mouvement des Gilets jaunes, Gilles Le Gendre a estimé que les mesures sociales avaient été mal expliquées par un gouvernement «trop intelligent»... avant de présenter ses excuses. L'opposition n'est pas convaincue par ces arguments.

Si l'on en croit Gilles Le Gendre, le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, le gouvernement s'est montré trop brillant et fin dans l'élaboration des mesures sur le pouvoir d'achat. Ceci expliquerait-il le mouvement de contestation des Gilets jaunes, qui n'aurait pas été capable d'en saisir la portée ?

Trop intelligents, trop subtils, trop techniques

Selon le député reçu dans l'émission Territoires d'infos sur Public Sénat le 17 décembre, les membres de l'exécutif ont «probablement été trop intelligents, trop subtils, trop techniques» en concoctant ces mesures sans les expliciter suffisamment aux citoyens.

Ses propos ayant suscité une vague de réactions, Gilles Le Gendre s'est dit «désolé» et a évoqué «quelques mots sortis de leur contexte».

«Pensée complexe», le retour

Cette appréciation sonne comme un bis repetitam du terme de «pensée complexe» du chef de l'Etat, invoqué par l'Elysée en juillet 2017 pour justifier l'annulation de l'interview traditionnelle du président de la République aux journalistes. Alors qu'Emmanuel Macron est souvent taxé d'arrogance par ses opposants, l'appréciation de Gilles Le Gendre a immédiatement irrité les adversaires politiques de LREM.

Alexis Corbière, député la France insoumise, a cité un bon mot de l'auteur Sacha Guitry : «En matière de modestie, nous sommes les meilleurs.» Il a en outre estimé que le président du groupe LREM à l'Assemblée se prenait «très au sérieux».

Sur le même thème, Ian Brossat, tête de liste PCF pour les européennes, a cinglé : «Pas trop modestes, en tout cas.» Boris Vallaud, député PS de la 3ème circonscription des Landes, a lui aussi épinglé un manque d'humilité chez le chef des députés LREM.

Florian Philippot, leader des Patriotes, a pris les Français à témoin : «Si vous n'êtes pas contents de Macron et son équipe, c'est qu'ils sont trop intelligents pour vous !»

Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement national, a quant à lui blâmé «l'arrogance» et le «mépris de caste» de LREM.

Lors de l'émission de Public Sénat, Gilles Le Gendre a exhorté l'exécutif à mieux détailler et expliciter ses mesures, à faire preuve de davantage de pédagogie. Alors que le Premier ministre Edouard Philippe avait admis des «erreurs», Gilles Le Gendre en a aussi concédées : «Qui gouverne et ne commet pas d'erreurs ? Je n'en connais pas, surtout quand on gouverne pour reprendre un pays qui était en très mauvaise posture et après avoir ouvert un nombre de chantiers incalculables.»

C'était justifié par la situation des finances publiques mais manifestement ça n'a pas été compris.

Selon lui, les erreurs de LREM portent uniquement sur la forme et non le fond. «Je pense que nous avons insuffisamment expliqué ce que nous faisons. Nous nous donnons beaucoup de mal mais il faut le faire mieux, plus, en étant plus proche de ce que les Français attendent», a-t-il admis. Leur manque de clarté est attribué à l'agenda économique, un détail que les Français n'ont pas eu la finesse de saisir : «Nous avons saucissonné toutes les mesures favorables au pouvoir d'achat dans le temps, c'était justifié par la situation des finances publiques mais manifestement ça n'a pas été compris.»

Sommé de s’expliquer sur le terme «trop intelligents», Gilles le Gendre s'est défendu de toute condescendance. «Non, mais quand vous expliquez que les charges sociales vont baisser en deux fois, que la taxe d'habitation va baisser pour 80% des Français mais que pour ces 80% ça se fera en trois fois, et cetera, et cetera, manifestement vous perdez tout l'effet positif des mesures de pouvoir d'achat», a-t-il estimé.

Reste à voir si ces explications suffiront à convaincre les Gilets jaunes, qui poursuivent leur mobilisation.

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