Dîner secret à l'Elysée : Macron veut-il concrétiser l'alliance des libéraux centristes pro-UE ?

Dîner secret à l'Elysée : Macron veut-il concrétiser l'alliance des libéraux centristes pro-UE ?© Yves Herman Source: Reuters
Emmanuel Macron et le Premier ministre belge, le centriste Charles Michel, le 20 novembre 2018 à Louvain, en Belgique (image d'illustration).

Emmanuel Macron a réuni autour d'un dîner secret plusieurs leaders politiques, des sociaux-libéraux à la droite centriste. La table se composait notamment du commissaire européen, Pierre Moscovici, et du patron du Modem, François Bayrou.

Comme prévu, les libéraux se mettent en marchent pour les élections européennes de mai 2019. Selon Le Figaro, Emmanuel Macron a invité lors d'un dîner secret le 20 novembre plusieurs représentants de courants politiques défendant le libéralisme économique et un renforcement des institutions européennes supra-nationales pour une Europe plus intégrée. Le président de la République a pu compter sur le soutien de son Premier ministre, ex-Les Républicains, Edouard Philippe, présent lors de cette rencontre.

Autour de la table, le social-libéralisme était incarné par plusieurs personnalités du Mouvement radical, social et libéral (MRSL – fusion des radicaux de gauche et de droite) tels l'ancien ministre Jacques Mézart et le co-président du MRSL, Laurent Hénart. Peu surprenant, le commissaire européen Pierre Moscovici, ancien ministre de Economie de François Hollande, promoteur de l'austérité et du social-libéralisme, était également présent. Il a récemment décliné toute proposition qui viserait à faire de lui la tête de liste du Parti socialiste pour les élections européennes de mai prochain.

Son action au sein de l'Union européenne et les idées qu'il développe depuis plusieurs années – soutenant par exemple le CETA, traité libre-échangiste avec le Canada, les différentes réformes du marché du travail en France, l'action européenne d'Emmanuel Macron – font naturellement converger Pierre Moscovici vers la macronie.

Parmi les autres hommes politiques ayant passé la soirée en compagnie du locataire de l'Elysée : Alain Juppé. Entre Emmanuel Macron et le maire de Bordeaux, l'union idéologique s'est construite au fur et à mesure des rendez-vous, souvent discrets.

L'ancien soutien d'Alain Juppé durant la primaire de la droite, et ministre éphémère d'Emmanuel Macron, François Bayrou, représentait pour sa part le Modem, en compagnie de la numéro 2 du parti, Marielle de Sarnez. Au dîner, le ministre de la Culture et député, Franck Riester, a quant à lui incarné le parti Macron-compatible Agir, largement composé d'ex-LR. La rue du Faubourg Saint-Honoré a enfin accueilli un ancien Premier ministre de droite, le centriste Jean-Pierre Raffarin.

Depuis ses discours de campagne à la présidentielle de 2017, jusqu'à sa volonté, affirmée récemment, de création d'une armée européenne, Emmanuel Macron a fait de la construction européenne l'un des points cardinaux de son programme politique : pour répondre à la crise politique et économique de l'Union européenne, il faut plus d'Europe. Pour gagner, il mise donc sur une ligne franche, qui contrecarre les positions européennes floues des Républicains, du Parti socialiste ou encore des ex-socialistes de Génération.s (menés par Benoit Hamon). Des formations qui souhaitent le maintien de l'actuelle structure de l'UE, tout en la réformant par petites touches.

Mettre toutes les chances de son côté pour les européennes

Les seuls adversaires idéologiques et frontaux des macroniens apparaissent aujourd’hui être les eurocritiques et les anti-UE. Toutefois, ceux-ci sont clairement dispersés de gauche à droite, par l'existence de multiples courants et mouvements. Victorieux lors des européennes de 2014, le Rassemblement national (successeur du FN) – qui a un discours critique mais mesuré sur l'UE, ne proposant pas par exemple de Frexitest en tête des intention de vote pour les européennes de 2019.

Emmanuel Macron tente donc de mettre toutes les chances de son côté, pour s'ériger comme le leader des «progressistes» et «pro-UE» du continent. Ce front commun des libéraux centristes pro-UE n'est que la concrétisation logique du discours du locataire de l'Elysée depuis son accession à la magistrature suprême. Le président de la République a à plusieurs reprises souligné l'importance de cette élection, qui pourrait être un tournant de son mandat. Un éventuel mauvais score de la liste soutenue par les marcheurs laisserait en effet planer le doute sur la crédibilité politique d'Emmanuel Macron et de la majorité présidentielle jusqu'aux échéances suivantes.

Bastien Gouly

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