Qui est Yaël Braun-Pivet, députée marcheuse et présidente contestée de la commission des lois ?

Qui est Yaël Braun-Pivet, députée marcheuse et présidente contestée de la commission des lois ?© Philippe Wojazer Source: Reuters
Yaël Braun-Pivet, ici à l'extrême droite, lors de l'audition de Gérard Collomb

L'élue LREM des Yvelines a attiré tous les regards depuis le début de l'affaire Benalla. Présidente de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet a été maintes fois critiquée par l'opposition. En cause, l'organisation mais aussi le choix des auditions.

Plutôt inconnue du grand public avant l'affaire Benalla, la députée Yaël Braun-Pivet de La République en marche (LREM), 47 ans, préside la commission des lois et est depuis le 23 juillet co-rapporteur de la commission d'enquête chargée des auditions à l'Assemblée nationale. Les différentes oppositions, déjà échaudées que la commission soit présidée par un membre de la majorité – lors du scandale Jérôme Cahuzac, la commission avait été présidée par un député de l'opposition, Charles de Courson (alors UDI) – sont également scandalisées par les différentes attitudes de l'élue des Yvelines.

Dénonçant l'organisation des auditions, l'autorité de la présidente (qui, par exemple, ne souhaitait pas prolonger l'audition de Gérard Collomb), ou de se voir refuser certaines demandes d'audition, les oppositions ont d'ailleurs décidé de quitter la commission le 26 juillet.

La veille, le 25 juillet, co-rapporteur de celle-ci, Guillaume Larrivé (Les Républicains), avait averti Yaël Braun-Pivet des dérives de la commission : «Sur la liste des auditions, je ne peux pas, Madame la présidente, vous laisser dire qu'il y a un consensus. [...] Je vous rappelle [...] vous avoir saisie officiellement et par écrit d'une liste extrêmement précise de personnes que je souhaite voir convoquer par notre commission d'enquête qui concernent l'Elysée, le ministère de l'Intérieur et le parti En Marche. [...] Je considère qu'il y a là un dysfonctionnement manifeste du fonctionnement de notre commission d'enquête [...] Je n'accepterai pas que cette commission fasse l'objet d'entraves et d'obstruction de la part d'une majorité aux ordres de l'Elysée.»

Pour avoir jugé que certaines de ces auditions seraient «inutiles», Yaël Braun-Pivet fut ciblée par les nombreuses critiques des oppositions. En contre-attaque, elle a estimé le 27 juillet que les oppositions «souhait[aient] bloquer le fonctionnement de la commission des lois de l'Assemblée nationale» en proposant des listes à rallonge de personnes à auditionner. «Mais cela n'arrivera pas», a-t-elle ajouté, sans rougir qu'il n'y ait plus que la majorité présidentielle et les alliés du Modem pour assister à la commission.

Le 26 et 27 juillet, Les Républicains et les trois groupes de gauche (Nouvelle gauche, France insoumise et La Gauche démocrate et républicaine) ont donc déposé deux motions de censure pour dénoncer le comportement des marcheurs, peu enclins à accepter leurs demandes d'auditions. La présidente du groupe Nouvelle Gauche, Valérie Rabault confirme le 27 juillet : «Nous sommes arrivés à un point de rupture à la commission d'enquête, avec une présidente [Yaël Braun-Pivet] qui veut décider toute seule de la liste des auditions. Face à ce point de rupture, alors qu'il y a une motion de la droite, [la question était de] savoir si on peut regrouper les gauches au-delà de leurs sensibilités pour faire une motion qui force le Premier ministre à s'exprimer».

Pour Yaël Braun-Pivet, interrogée le 26 juillet par BFM TV, tout cela est «scénarisé» par les oppositions. Elle se défend et revendique sa mission : la simple recherche de la «vérité». Yaël Braun-Pivet pense en outre que l'affaire Benalla n'est qu'un «prétexte pour nos oppositions politiques pour bloquer tout ce que l'on fait à l'Assemblée en ce moment». Loin de détendre l'atmosphère, cette réplique a suscité la colère du député de La France insoumise Alexis Corbière. Sur BFM TV, le 27 juillet, il a estimé que Yaël Braun-Pivet, «c'est la Benalla de l'Assemblée nationale». «Elle protège le présidentet elle dit maintenant "on arrête, c'est fini, on ne peut plus auditionner"», a-t-il ajouté.

Comme nombre de Marcheurs, Yaël Braun-Pivet, avocate, a commencé sa carrière politique en 2017 avec les élections législatives. D'après Le Monde, elle n'avait, avant cela, voté que pour le Parti socialiste. Profitant de l'effet Macron à la présidentielle, elle a ainsi remporté la cinquième circonscription des Yvelines face à l'indéboulonnable Jacques Myard, élu LR depuis 1993. Lors de cette première année de mandat, elle s'est également fait remarquer par son intervention lors d'une commission des lois le 19 juillet 2017 où, oubliant de fermer son micro et fustigeant ses collègues marcheurs, elle avouait : «On a un groupe qui dort, qui ne sait pas monter au créneau, qui est vautré.» 

Dans cette même tirade, elle avait également déploré la conduite de la députée LREM des Français de l’étranger Paula Forteza : «On a une responsable de texte qui est inexistante, c’est comme si elle était à Nouméa sur une chaise longue.»

Parmi ses engagements en tant qu'élue, Yaël Braun-Pivet souhaite s'impliquer sur la problématique des prisons en France et œuvrer pour le développement de centres pénitentiaires de réinsertion.

Lire aussi : Affaire Benalla : LREM fournit les éléments de langue de bois à ses députés

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