Affaire Benalla : nouvelle enquête ouverte par le parquet pour d'autres violences le 1er mai

Affaire Benalla : nouvelle enquête ouverte par le parquet pour d'autres violences le 1er mai
Alexandre Benalla en avril, alors chargé de la sécurité du candidat Emmanuel Macron, photo ©Christian Hartmann/Reuters

Malgré la prise de parole d'Emmanuel Macron après cinq jours de silence, l'affaire Benalla continue de rebondir : contradictions dans les déclarations en commissions parlementaires, mais aussi de nouvelles vidéos accablant l'ex-chargé de mission.

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  • Le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une nouvelle enquête dans l'affaire Benalla, pour d'autres violences commises le 1er mai dans la capitale, cette fois au jardin des Plantes, quelques heures avant les heurts survenus place de la Contrescarpe.

    Cette enquête a été ouverte après les plaintes contre X de deux jeunes de 23 et 24 ans affirmant avoir été victimes d'une interpellation musclée au Jardin des Plantes, où se trouvaient l'ex-collaborateur de l'Elysée Alexandre Benalla et son acolyte Vincent Crase, employé du parti présidentiel LREM. Des images de scènes confuses au jardin des Plantes, où l'on voit notamment les deux hommes, ont été diffusées vendredi par Libération

    Dans une interview au JDD, Alexandre Benalla a réfuté toute «intervention» de sa part à ce moment-là. «J'étais derrière les policiers en tant qu'observateur, on peut le voir distinctement, je n'ai ni casque, ni brassard, ni radio», a-t-il affirmé.

  • Alexandre Benalla affirme avoir «plutôt envie» d'aller donner des «explications» aux commissions d'enquête parlementaires, dans un entretien au Journal du Dimanche, où il récuse, entre autres, toute intervention au Jardin des Plantes le 1er mai, avant la place de la Contrescarpe. «Je dois me reposer, réfléchir. Mais oui, j’ai plutôt envie d’y aller. Ils veulent des explications, j’ai de quoi leur en donner», affirme-t-il, ajoutant qu'il en parlera avec son avocat.

    J’ai toujours eu tendance à l’ouvrir. On me l’a fait payer

    En outre, Alexandre Benalla maintient la thèse d'un règlement de comptes contre lui. «Certains m’ont jugé illégitime à cause de mon parcours. Dans le monde du pouvoir, on aime les gens bien formatés et qui la ferment. Moi j’ai toujours eu tendance à l’ouvrir. On me l’a fait payer [...] Dans la haute hiérarchie policière, il y a des gens qui gèrent leurs intérêts, leur carrière, et que j’ai dérangés. Par ma faute, je leur ai donné une occasion, ils ont sauté dessus pour m’écarter», martèle l'ancien collaborateur de l'Elysée.

  • «TF1 a le droit d'interviewer Benalla, pas la commission d'enquête parlementaire présidée par LREM», a cinglé dans un tweet le député républicain Marc Le Fur, parmi les premiers à réagir à l'interview.

  • Sur les raisons de sa présence place de la Contre-escarpe le 1er mai 2018, Alexandre Benalla, chargé de mission auprès du cabinet de la présidence de la République : «J'ai été invité par le chef de la DOPC [Alain Gibelin].»

    «Je n'ai pas le sentiment de m'être pris pour un CRS», s'est-il encore défendu lors d'une interview accordée ce 27 juillet à TF1.

    «Je l'ai mal vécu», affirme-t-il au sujet de la décision de sanction administrative de mise à pied.

  • D'après l'AFP, le juge d'instruction chargé de l'affaire Benalla va enquêter sur la diffusion sur Twitter d'extraits de la vidéosurveillance montrant la désormais célèbre scène de la place de la Contrescarpe où Alexandre Benalla malmène deux jeunes gens lors d'une manifestation le 1er mai 2018.

    Cette décision intervient au lendemain d'un article de Mediapart montrant «une copie d'écran d'un compte Twitter publiant une image extraite» de la vidéoprotection de la ville de Paris, a indiqué le parquet. Sur le compte en question, @FrenchPolitic, la photo de profil reprend le logo du parti présidentiel En Marche!

    Le parquet de Paris a pris un réquisitoire supplétif pour étendre l'enquête du magistrat aux faits de "recel de détournements d'images issues d'un système de vidéoprotection, et recel de violation du secret professionnel", commis entre le 18 et 20 juillet, a annoncé le parquet de Paris.

    D'après Mediapart, plusieurs comptes Twitter, soutiens du mouvement d'Emmanuel Macron, ont diffusé jeudi 19 juillet les images de la vidéosurveillance filmant la scène du 1er mai place de la Contrescarpe avant de les effacer.

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Après la révélation par le journal Le Monde le 18 juillet du comportement violent d'Alexandre Benalla, un conseiller d'Emmanuel Macron, lors des manifestations du 1er mai, une partie de la classe politique s'est indignée du silence médiatique au sommet de l'Etat et a estimé que la sanction initialement prise à l'encontre du collaborateur du président n'était pas suffisante.

Selon les informations de l'AFP, le parquet de Paris a annoncé ce 19 juillet l'ouverture d'une enquête préliminaire pour «violences par personne chargée d'une mission de service public», «usurpation de fonctions» et «usurpation de signes réservés à l'autorité publique». L'enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance. Le garde des Sceaux, Nicole Belloubet a dénoncé des «gestes absolument inadaptés».

Le porte-parole de l'Elysée, Bruno Roger-Petit, a réagi ce 19 juillet en annonçant qu'Alexandre Benalla avait déjà été mis à pied sans salaire et qu'il ne s'occupait plus de la sécurité des déplacements présidentiels : «Cette sanction vient punir un comportement inacceptable et lui a été notifiée comme un dernier avertissement avant licenciement». Le porte-parole a également souligné que c'était selon lui «la sanction la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l'Elysée». Un deuxième homme, Vincent Crase, a aussi «outrepassé son autorisation», a révélé le porte-parole de l'Elysée. Gendarme réserviste et employé de LREM, il a aussi écopé d'une «mise à pied de quinze jours avec suspension de salaire», et «il a été mis fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République».

Selon Le Monde et France Info, Alexandre Benalla, proche conseiller du président de la République, a été mis à pied pour 15 jours au mois de mai après avoir frappé un manifestant place de la Contrescarpe à Paris. Tel qu'on peut le voir sur ces images, le conseiller d'Emmanuel Macron portait un casque de policier au moment des faits. Bruno Roger-Petit explique ainsi la présence du conseiller sur les lieux de cette opération de sécurisation : Alexandre Benalla avait «demandé l'autorisation d'observer les opérations de maintien de l'ordre pour le 1er Mai [...], il agissait dans le cadre d'un jour de congé et ne devait avoir qu'un rôle d'observateur». Le porte-parole concède à ce sujet : «Il a largement outrepassé cette autorisation».

La sanction la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l'Elysée

Le député LREM Laurent Saint-Martin a déclaré sur le plateau de CNews qu'Alexandre Benalla ne devait «plus travailler à l'Elysée» : «Mon avis personnel c'est qu'après des faits comme cela on ne peut plus travailler pour le président de la République, on ne peut plus travailler à l'Elysée tout court.» Il a ajouté : «Ce qui s'est passé là est tout simplement inadmissible, il doit y avoir des sanctions. [Ce collaborateur] devait être là en observation, il a effectivement utilisé un casque de policier pour frapper des manifestants, il n'en avait absolument pas le droit, il a failli.»

D'autres images de Benalla le font apparaître avec un brassard de police

Sur d'autres images filmées par le journaliste Clément Lanot à un autre moment, le même jour, on peut voir Alexandre Benalla portant un brassard de la police et une radio.

La droite et la gauche interpellent le président de la République

Le député Les Républicains de l'Yonne, Guillaume Larrivé, a ainsi écrit sur Twitter : «La protection dont a bénéficié M. Benalla au sein de l'équipe rapprochée d'Emmanuel Macron est honteuse. Une suspension de quelques jours n'est pas une sanction. La saisine de l'autorité judiciaire, au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, est évidemment nécessaire.»

Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, s'interroge lui sur une possible manœuvre pour étouffer l'affaire : «La vidéo d'Alexandre Benalla est choquante. Nous attendons une réponse du président de la République : comment son chef de cabinet adjoint se retrouve avec du matériel de police dans une manifestation et y a-t-il eu des manœuvres pour étouffer l'affaire ?» 

La députée LR des Bouches-du-Rhône, Valérie Boyer, se fait également le porte-voix de cette attente de l'opposition et interpelle Emmanuel Macron : «Pourquoi une telle clémence malgré la gravité des faits ? Qui était au courant ? Quel était son rôle ? Sortez de votre mutisme Monsieur le Président !»

A l'autre bout du spectre politique, les Insoumis tirent à boulets rouges sur le gouvernement. Les députés Danielle Obono, Jean-Luc Mélenchon et Eric Coquerel ont notamment pris part à l'assaut sur les réseaux sociaux.

Retweetant la vidéo de l'altercation, le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, s'est contenté de partager un tweet d'Emmanuel Macron daté du 1er mai et dans lequel le président dénonçait les violences commises le jour de la Fête du travail.

Interrogé sur cette affaire au cours de sa visite de la plateforme de courrier de Marsac-sur-l'Isle (Dordogne), près de Périgueux, Emmanuel Macron a refusé ce même jour de répondre.

Lire aussi : Un collaborateur d'Emmanuel Macron filmé en train de frapper un manifestant le 1er mai (VIDEO)

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