Après l'attentat de Trèbes, où en est la menace terroriste en France ?

Après l'attentat de Trèbes, où en est la menace terroriste en France ?© Eric Cabanis Source: AFP
Des gendarmes bloquent l'accès à une route qui mène à Trèbes le 23 mars 2018. (image d'illustration)
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Un attentat terroriste islamiste a fait au moins trois morts ce 23 mars à Carcassonne et dans sa proche banlieue. Deuxième attentat depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron, il rappelle que la menace terroriste est toujours présente.

Un homme se revendiquant de Daesh a fait au moins trois victimes ce 23 mars à Carcassonne et dans sa proche banlieue. L'attentat perpétré par Redouane Lakdim rappelle que la menace terroriste en France reste vivace. C'est le deuxième attentat depuis la prise en fonction du président Emmanuel Macron le 14 mai 2017.

Le 1er octobre de la même année, Ahmed Hanachi, un Tunisien de 29 ans en situation irrégulière, avait assassiné deux jeunes femmes au couteau devant la gare Saint-Charles de Marseille au cri d'«Allah Akbar», avant d'être abattu par une patrouille de militaires de l'opération Sentinelle, dans une attaque revendiquée par Daesh. Son profil avait suscité de nombreuses interrogations, poussant la saisine de l'Inspection générale de l'administration.

Des profils de terroristes qui posent question

Ahmed Hanachi avait en effet été placé en garde à vue deux jours auparavant pour des faits de droit commun. En situation irrégulière sur le territoire français, il aurait dû logiquement faire l'objet d'une mesure d’éloignement en vue d'une expulsion. Mais l’absence de places en centre de rétention administrative aurait motivé la décision de l'agent de la préfecture de ne pas prononcer cette sanction. On apprendra ensuite que son frère Anis avait «un passé de combattant étranger en Syrie».

Les premières informations concernant le terroriste de Carcassonne dévoilent le profil d'un homme suivi par les services de renseignement depuis 2013 et qui aurait fait un bref séjour en prison en 2016 pour des faits de droit commun, selon les informations du Parisien. Marocain, il aurait été fiché au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).

La difficile surveillance des individus fichés S pour radicalisation

Une précision qui rappelle la difficile tâche des autorités françaises pour surveiller les individus fichés sur le territoire français.

Car, comme le révélait le nouveau directeur général de la DGSI le 14 novembre 2017, le FSPRT comporte aujourd'hui «un peu plus de 18 000 noms». Dont 4 000 cas particulièrement dangereux surveillés de près. Il évoquait alors une «montée en puissance de la menace endogène» terroriste. «La volonté de Daesh et d’Al-Qaïda de frapper l’Occident et de frapper la France est intacte», poursuivait-il.

Preuve que la menace terroriste pèse toujours sur la France, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb révélait le 25 février que deux attentats avaient été déjoués depuis le 1er janvier 2018. Le premier visait un «grand équipement sportif» et le second des militaires de l'opération Sentinelle. Il avait également précisé que sur l'année 2017, 20 attentats avaient été déjoués en France. Cette menace «reste élevée», a encore rappelé depuis Bruxelles Emmanuel Macron après l'attentat de Carcassonne.

Depuis le 13 novembre 2015 et les attentats de Paris et Saint-Denis, 12 attentats ont été perpétrés jusqu'à ce 23 mars, occasionnant 98 morts. Désormais, militaires et policiers sont des cibles privilégiées : ils ont en effet été pris pour cible à neuf reprises, et encore une fois à Carcassonne.

Lire aussi : L'«acte héroïque» d'un gendarme qui a pris la place d'une femme dès le début de la prise d'otage

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