Que sait-on de Redouane Lakdim, l'auteur des attentats de Carcassonne ?

Que sait-on de Redouane Lakdim, l'auteur des attentats de Carcassonne ?© ERIC CABANIS / AFP Source: AFP
Une série d'attaques a eu lieu entre Carcassonne et Trèbes le 23 mars 2018

Au moins trois personnes sont mortes dans une série d'attaques qui ont eu lieu le 23 mars à Trèbes et à Carcassonne. L'assaillant, qui se revendiquait de Daesh, a été tué aux alentours de 14h30 au terme d'une prise d'otages meurtrière.

Au moins trois personnes ont été tuées dans des attaques à Carcassonne et à Trèbes, le vendredi 23 mars. L'assaillant serait un Marocain d'environ 25 ans. 

Selon plusieurs médias, l'individu était suivi par les services de renseignement depuis 2013 et aurait fait un bref séjour en prison en 2016 pour des condamnations de droit commun. Il aurait été fiché au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). Cependant, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, prenant le parole depuis Trèbes, explique : «C'était plutôt un petit délinquant qui à un moment est passé à l'acte. [...] On ne pouvait pas dire qu'il pouvait être un radical passant à l'acte dans les moments qui venaient. [...] C'était plutôt quelqu'un qui était un petit dealer.»

Le procureur de Paris François Molins s'est exprimé en fin de journée afin de livrer plus d'informations sur l'assaillant. «Fiché S depuis 2014», Redouane Lakdim a été condamné à deux reprises, la première fois à une peine d'un mois d'emprisonnement avec sursis le 29 mai 2011 «pour une infraction de port d'arme prohibé», et la deuxième le 6 mars 2015 «pour usage de stupéfiant et refus d'obtempérer», pour laquelle il a effectué une peine d'un mois d'emprisonnement en août 2016 à la maison d'arrêt de Carcassonne. Le procureur a également confirmé les propos du ministre de l'Intérieur, en ajoutant que le suivi dont faisait l'objet l'assaillant en 2016 et 2017 par les services de renseignement «n'avait permis de mettre en évidence aucun signe précurseur pouvant laisser présager un passage à l'acte terroriste». 

Selon des sources proches de l'enquête, dont les propos ont été relayés par l'AFP, il aurait d'abord volé une voiture dans la ville de Carcassonne, tuant le passager et blessant le conducteur. Il aurait ensuite pris pour cible quatre CRS qui faisaient leur jogging non loin de là. L'un d'eux a été touché à l'épaule, mais ne serait pas blessé grièvement.

«Je vais tous vous tuer»

L'individu aurait ensuite pris la fuite à bord d'un véhicule en direction de Trèbes. Là, il est entré dans un supermarché Super U et aurait pris plusieurs personnes en otages. Selon le parquet, il aurait crié «Allah Akbar, je vais tous vous tuer» en pénétrant dans le magasin. Selon Le Figaro, l'homme était armé de couteaux, d'une arme de poing et de grenades. Lors de cette prise d'otages, deux personnes ont été tuées. 

Redouane Lakdim aurait par ailleurs demandé la libération de Salah Abdeslam. Durant la prise d'otage, un lieutenant-colonel de 45 ans a pris la place d'un otage, après avoir négocié avec l'assaillant. Il a ensuite été blessé lors de l'assaut donné par les forces de l'ordre contre le supermarché vers 15h et au terme duquel le terroriste a été abattu. Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a salué «l'acte d'héroïsme» du lieutenant-colonel de gendarmerie.

Il a emmené sa petite sœur à l’école avant l’attaque

Redouane Lakdim vivait avec ses parents et ses trois ou quatre sœurs, dans un appartement de Carcassonne, perquisitionné ce vendredi en début d’après-midi. Contactée par Le Parisien, une voisine expliquait que le suspect a été vu ce vendredi matin accompagnant sa petite sœur à l’école…

Une autre voisine, qui connaît très bien la famille, décrit ce garçon comme quelqu’un de «calme», «sympa», avec «toujours un mot gentil». La même personne explique aussi que le jeune homme fréquentait régulièrement la mosquée.

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