«Katsuni», Snoop Dogg et mojito : les propos fantasques de Jawad Bendaoud à son procès

«Katsuni», Snoop Dogg et mojito : les propos fantasques de Jawad Bendaoud à son procès© Benoit PEYRUCQ Source: AFP
Le portrait de Jawad Bendaoud lors de son procès le 25 janvier

Lors de la deuxième journée de son procès, Jawad Bendaoud, accusé d'être «le logeur» de deux djihadistes, a tenu des paroles déroutantes. Il est poursuivi pour «recel de malfaiteurs terroristes» à la suite des attentats de Paris de 2015.

C'est le premier procès lié aux attentats du 13 novembre 2015 : depuis le 24 janvier 2018, le tribunal correctionnel de Paris a commencé à juger Jawad Bendaoud, surnommé «le logeur de Daesh». Il est en effet accusé d'avoir hébergé deux djihadistes : Abdelhamid Abaaoud, l'un des cerveaux des attaques, et son complice Chakib Akrou.

Dans ma tête, les terroristes de Paris, ce sont des Pakistanais, des hindous, là, comme les mecs du 11 septembre

Lors de l'audience du 25 janvier, l'accusé a répondu à certaines interrogations. Il a d'abord nié avoir eu connaissance du fait que les hébergés étaient des terroristes. «Dans ma tête, les terroristes de Paris, ce sont des Pakistanais, des hindous, là, comme les mecs du 11 septembre. Je pensais pas que c'était des mecs de mon âge, avec une casquette du PSG ?!», lance-t-il à la présidente du tribunal.

Les journalistes sur place évoquent un Jawad Bendaoud surexcité, s'agitant, parlant très fort. Ce dernier délivre des déclarations qui, parfois, provoquent des rires dans la salle et ce malgré la tragédie des attentats. L'accusé revient notamment sur le fameux épisode de son interview, le 18 novembre 2015, par plusieurs médias dont BFMTV, le même jour où la police intervient contre les djihadistes dans l'un de ses appartements. «J'ai pas saisi que j'allais atterrir dans une affaire de terrorisme avec 130 morts et 400 blessés. Vous croyez que je serais allé devant BFM avec ma consommation de cannabis dans mon paquet de cigarette et trois euros en poche ?», confie-t-il.

Les propos de Jawad Bendaoud deviennent par la suite plus confus. Un journaliste de 20 Minutes, Vincent Vantighem,‏ témoigne : «Honnêtement, on a beaucoup de mal à suivre le récit de Jawad Bendaoud. Là, il vient de parler de ses origines berbères, de sac à main et d'une nana mariée au frère de Lassana Diarra qui vient de signer au PSG.»

A un certain moment, plus personne, dont la présidente, ne semble suivre les récits de Jawad Bendaoud. Vincent Vantighem raconte : «Là, il parle d'une policière de la BAC, une petite Chinoise bagarreuse qu'on appelle "Katsuni", de son voisin Nordine qui a "mangé une balle" et d'un sceau d'eau», évoque le journaliste qui conclut son tweet : «Ne me demandez pas le rapport.»

Concernant son éventuelle radicalisation, Jawad Bendaoud, qui a fait sept ans de prison pour un meurtre, dément avoir embrassé l'islam radical. Pour prouver cela, il assure «qu'en prison, on [le] surnommait "666" [le chiffre du diable], qu'il avait des "posters de cul aux murs"». Et l'accusé de commenter : «Et je lis sur internet, Jawad, l'ami des terroristes ! Mais non...»

Madame, vous voulez que je vous cite le nombre de détenus qui crient "Allah Akbar, quand je sors je vais tout faire péter" et quand il sortent, ils se tapent un mojito et une escort-girl ?

D'ailleurs, interrogé sur l'éloge du terroriste Mohamed Merah qu'il aurait proféré en cellule, Jawad Bendaoud atteste qu'après avoir connu la prison, il ne pouvait prendre le risque de replonger dedans : «Madame, vous voulez que je vous cite le nombre de détenus qui crient "Allah Akbar, quand je sors je vais tout faire péter" et quand il sortent, ils se tapent un mojito et une escort-girl ?»

Jawad Bendaoud évoque aussi son addiction à la drogue, notamment sa prise de substance à partir du 13 novembre, jour des attentats de Paris : «J'ai trompé ma femme avec une copine. Le 13 novembre, elle m'annonce qu'elle est enceinte. Les jours après, j'ai passé le temps à me défoncer car je sais pas comment je vais gérer le problème.»

En roue libre, Jawad Bendaoud évoque Mohamed Soumah, lui aussi sur le banc des accusés, pour avoir mis en contact Jawad Bendaoud et Hasna Aïtboulahcen, cette dernière cherchant une planque pour les deux djihadistes du 13 Novembre. Jawad Bendaoud établit un lien étonnant entre Mohamed Soumah et le rappeur Joey Starr : «Madame, Mohamed Soumah qui m'amène des terroristes, c'est comme si vous me dites que JoeyStarr va rentrer chez Daesh.»

Madame c'est comme si vous me disiez Snoop Dogg il fait des soirées avec Ben Laden

Jawad Bendaoud se met également à comparer Mohamed Soumah au rappeur américain Snoop Dogg. «Madame c'est comme si vous me disiez Snoop Dogg il fait des soirées avec Ben Laden», affirme-t-il.

Laissez JoeyStarr tranquille

JoeyStarr sera une obsession pour Jawad Bendaoud, qui le compare au terroriste Abdelhamid Abaaoud. Aurélie Sarrot, journaliste pour LCI, relate : «Pour assurer qu’il ignorait que ceux qu’il hébergeait étaient des terroristes, Jawad Bendaoud refait sa comparaison avec le rappeur : "C’est comme si je vous disais c’est JoeyStarr qui va s’engager dans Daesh"
- "Laissez JoeyStarr tranquille" demande [la présidente] Isabelle Prévost-Desprez.»

Une fois, ma femme a appelé. J'étais avec une fille. Elle a demandé "où est mon string" ? J'étais grillé !

Quant à sa relation avec l'entremetteuse Hasna Aïtboulahcen, la présidente demande à Jawad Bendaoud d'expliquer les trois minutes de conversation téléphonique avec : «J'ai une sale habitude, je ne raccroche jamais. Je jette le téléphone. Une fois, ma femme a appelé. J'étais avec une fille. Elle a demandé 'où est mon string' ? J'étais grillé !», avoue-t-il.

Si on était aux Etats-Unis avec Soumah on serait en tenue orange en train de s'accoupler avec des chiens

Malgré tout, Jawad Bendaoud semble satisfait d'être accusé en France et témoigne de son «respect» vis-à-vis du tribunal : «Madame je respecte votre métier, si on était aux Etats-Unis avec Soumah on serait en tenue orange en train de s'accoupler avec des chiens ou je ne sais pas quoi.»

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