«La mort pour les terroristes et leurs complices», le coup de gueule d’un afficheur varois

Suite aux terribles attentats qui ont frappé Paris, un entrepreneur varois a poussé un coup de gueule. Il réclame la peine de mort pour les terroristes et l'a affiché en pleine ville. Source: Reuters
Suite aux terribles attentats qui ont frappé Paris, un entrepreneur varois a poussé un coup de gueule. Il réclame la peine de mort pour les terroristes et l'a affiché en pleine ville.

Une entreprise d’affichage publicitaire du Var utilise l’un de ses panneaux pour réclamer la sanction ultime pour les terroristes.

Plus habitué à faire parler pour sa capitale de la fête Saint-Tropez ou ses paysages magnifiques, le département du Var est au coeur d’une polémique qui touche à un tout autre sujet. Michel-Ange Flori, dirigeant de la société Maci Publicité, basée à La Seyne-sur-Mer, a décidé d’afficher son coup de sang en 4X3. A la suite des attentats sanglants qui ont endeuillé la capitale, il a décidé d’utiliser un de ses panneaux pour faire passer un message clair : «Monsieur le président, changeons la loi, la mort pour les terroristes et leurs complices.» Des lettres blanches sur fond noir que les automobilistes et passants peuvent observer le long d’une route reliant La Seyne-sur-Mer et Six-Fours-les-Plages.

Réaction outrée de la mairie

Pour celui qui est à l’origine de l’affaire, «c’est un coup de gueule» : «J’ai le sentiment, moi et d’autres, que les citoyens n’ont plus le droit à la parole. Alors ce message n’est peut-être pas une pensée profonde, il peut paraître barbare, mais il faut que le code pénal prévoie la sanction ultime.»

«D'habitude on annonce plutôt les 13 raviolis pour le prix de 12, pour le compte de nos clients. Mais en tant que citoyens, on ne peut pas ne pas être interpellés quand des pseudo-martyres veulent se rapprocher de Dieu, quand ils mitraillent 500 personnes, oui, on a envie de crier qu'il faut adapter nos lois» poursuit l’indigné...décidément très indigné. Pour lui, «90%» des gens pensent «la même chose».

Du côté de la municipalité PS de La Seyne-sur-Mer, on le l’entend pas de cette oreille. Selon son entourage, l’édile «considère qu’afficher sur un panneau 4X3, en pleine crise, ce type d’opinion, est difficilement acceptable». Il a saisi le parquet et prévenu la préfecture. S’il s’est dit «choqué», il n’a pas déposé plainte. Il faut dire que les services du préfet ont considéré qu’il n’y a pas «d’infraction caractérisée».

Un récidiviste des messages… voyants

Michel-Ange Fiori, qui a été appelé par les mairies de La Seyne-sur-Mer et de Six-Fours-les-Plages ainsi que par le commissariat indique ne pas avoir été convoqué par la justice. Il prévient qu’il se défendra quoi qu’il arrive : «Si c’est le cas, je ne me présenterai pas. Sur quels fondements serai-je entendu ? Je n’ai pas à justifier ma liberté d’expression.»

Lors des attentats de Charlie Hebdo, en janvier dernier, l’homme avait déjà mis à contribution ses panneaux publicitaires pour diffuser des messages de soutien à l’hebdomadaire. Mais en 1999, ses visions politiques l’ont conduit à passer 36 heures en garde à vue. Originaire de l’Ile de Beauté, il avait affiché, à l’entrée de la ville de Toulon, un slogan de soutien aux nationalistes corses. On voyait sur le panneau le drapeau à tête de Maure adossé à la phrase : «présumé coupable». A côté, on pouvait lire : «Préfet : présumé innocent; Chevènement : justice sélective». 

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Enquêtes spéciales