Jean-Luc Mélenchon : «La France n’est plus un Etat indépendant» (ENTRETIEN)

Jean-Luc Mélenchon : «La France n’est plus un Etat indépendant» (ENTRETIEN) Source: RT France
Jean-Luc Mélenchon était l'invité de Frédéric Taddéï, ce 28 janvier, dans Interdit d'interdire.

Invité sur le plateau du magazine Interdit d’interdire sur RT France, le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a répondu aux questions de Frédéric Taddeï, sur l'actualité politique française et internationale.

Place de la France dans le monde, quinquennat d'Emmanuel Macron, Union européenne (UE), mais aussi espace, puissance maritime ou encore internet : Jean-Luc Mélenchon a détaillé sa vision politique pendant près d'une heure, ce 28 janvier, lors de l'émission Interdit d'interdire de RT France présentée par Frédéric Taddeï.

La confusion RN-LFI : «une ruse politique»

Le chef de file de La France insoumise (LFI) est d'abord revenu sur l'élection présidentielle de 2017. «Je me suis dis que je pouvais gagner», a-t-il admis, déplorant une «violence médiatique» contre lui. Depuis cette élection, le «mépris pour le peuple» du gouvernement a contribué à faire émerger le mouvement des Gilets jaunes. Cette mobilisation, selon Jean-Luc Mélenchon, a «disloqué ce qui restait du champ politique et social».

A propos des «accusations» d'accointance avec le Rassemblement national (RN) qui sont parfois formulées dans le paysage médiatico-politique français : le leader insoumis a qualifié de «ruse politique» cette confusion «qui a permis l'élection du président Macron». «Tout le monde sait que c’est pas vrai […] y compris les membres du RN», a-t-il asséné.

«L’UE est une machine à détruire tout ce qui nous entoure»

«Je me sens capable de dire non [aux institutions européennes] car nous sommes une nation puissante», assure Jean-Luc Mélenchon. Selon le député des Bouches-du-Rhône, «l’histoire est faite par les êtres humains : il y en a qui n’ont rien dans le ventre, d’autres si».

En outre, le chef de file insoumis juge sévèrement la politique européenne menée par le chef de l'Etat. «Monsieur Macron a fait toutes les sottises possibles, l’une derrière l’autre, qui ont suffi à faire comprendre à nos "partenaires" qu’il n’était pas sérieux […] et il a cédé devant madame Merkel».

Selon Jean-Luc Mélenchon, «la France n’est plus un Etat indépendant», dans la mesure où nombre de ses décisions «se prennent dans le secret de la Commission européenne et s’imposent à notre peuple» – et de prendre pour exemple le polémique projet de réforme des retraites. Il va plus loin, assurant que «l’UE est une machine à détruire tout ce qui nous entoure».

«Il faut abattre le capitalisme financier»

A propos du capitalisme, le président des Insoumis à l'Assemblée, s'est longuement exprimé. «Si vous êtes la pauvre personne qui n’en a pas les moyens [de faire des économies] alors cette société vous dit : "Vous pouvez crever."», déplore-t-il. La cause des maux de notre société, selon lui, est le «capitalisme financier», qu'il estime nécessaire d'«abattre». 

«Le capitalisme de notre temps ne satisfait pas les besoins élémentaires des personnes. Il reste des milliards de gens qui ne mangent pas, n’ont pas d’eau potable ou qui sont pauvres, mais il crée des besoins artificiels par la publicité», analyse-t-il. A propos des salaires de certains partons : «On trouve des ouvriers qui coûtent moins chers, on pourrait trouver des patrons qui coûtent moins chers».

La France a intérêt «à s’entendre avec les Russes»

En politique étrangère, selon Jean-Luc Mélenchon, «l’intérêt fondamental de la France, c’est de s’entendre avec les Russes». Et ce, quel que soit le régime en place. «Sous le régime soviétique, c’est le général de Gaulle qui a fait un accord avec eux […] Nous n’avons rien à faire derrière la locomotive américaine qui nous pille nos capacités intellectuelles et productives». Le député insoumis prône le «non-alignement» de la France et s'érige en porte-parole de cette cause : «La France doit coopérer de manière non-alignée ­[…] Je suis le porte-parole de ce non-alignement.», affirme-t-il. 

L'élu des Bouches-du-Rhône souhaite que la France prenne ses distances avec la politique américaine. «On est petits mais terriblement audacieux […] comme nous sommes petits, il faut choisir les occasions de manifester notre puissance. Non, on ne va pas aller faire le bagage accompagné des Américains en Syrie ni en Irak et dans le chaos qui règne dans cette zones, les Kurdes sont un allié centrale pour nous, pas les Turcs».

Et de conclure, sur les relations internationales et la recherche d'une paix mondiale : «Je sais que la paix n’est pas un état de nature, il faut donc la construire […] C’est plus facile de discuter avec un Russe de maintenir la paix qu’avec un Américain.»

Lire aussi : Jean-Luc Mélenchon et Olivier Besancenot à la rencontre des manifestants de Grandpuits

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