Alain Corvez : «Les pays européens ne sont pas libres, mais dans une alliance coercitive, l'OTAN»

Alain Corvez : «Les pays européens ne sont pas libres, mais dans une alliance coercitive, l'OTAN»
©RT France

Sur le plateau de RT France, Alain Corvez, ex-conseiller en relations internationales au ministère des Affaires étrangères, est revenu sur la volte-face de la France, en moins de 24 heures, dans l'affaire Skripal.

Alain Corvez, ancien conseiller du général commandant la Force des Nations unies déployée au Sud-Liban (FINUL) et ancien conseiller en relations internationales au ministère des Affaires étrangères, analyse la volte-face de la France, en moins de 24 heures dans l'affaire Skripal, comme la preuve de l'influence des Etats-Unis sur les Européens.

S'accrochant dans un premier temps à ce qui semble être désormais une conception obsolète de l'administration de la preuve, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait émis quelque réserve à s'aligner sur les accusations du Royaume-Uni à l'encontre de la Russie. «Nous ne faisons pas de la politique fiction sur des sujets aussi graves», avait-il déclaré le 14 mars, disant, précisément, attendre des preuves de l'implication de la Russie dans l'empoisonnement de l'ex-agent double Sergueï Skripal sur le sol britannique. Le lendemain, le 15 mars, par un communiqué, l'Elysée rejoignait Londres dans ses accusations contre la Russie. «La France convient avec le Royaume-Uni qu'il n'y a pas d'autre explication plausible et réitère sa solidarité avec son allié», avait ainsi déclaré Emmanuel Macron.

Les pays occidentaux sont au service de la stratégie américaine

Aussi, selon Alain Corvez, ce virage à 180 degrés est le signe d'une soumission, au-delà de Bruxelles, des Européens aux Etats-Unis. «Les pays occidentaux sont au service de la stratégie américaine. Et lorsqu'un pays essaie de s'émanciper de cette sujétion américaine, il est rapidement rappelé à l'ordre», juge le spécialiste.

«Les pays européens ne sont pas libres, ils sont dans une alliance très coercitive qui est l'Alliance atlantique [OTAN]», argumente-t-il, estimant que l'Union européenne n'était qu'une fabrication des Etats-Unis, initialement contre l'URSS et désormais contre la Russie. «[L'affaire Skripal] est la démonstration que l'Alliance atlantique est une alliance dirigée par les Etats-Unis et qu'on s'attaque à la Russie quand il faut s'y attaquer», ajoute-il.

«Pourquoi la Grande-Bretagne refuse-t-elle une enquête ?», s'interroge encore Alain Corvez, avant de répondre, rappelant qu'aucune preuve d'une responsabilité russe n'avait jusqu'à présent été dévoilée : «Tout simplement parce que ceci est un montage depuis le début». «N'importe qui peut [fabriquer du Novitchok] à partir de [produits] chimiques qu'on trouve un peu partout», souligne-t-il encore.

Emboîtant à son tour le pas de Londres, l'OTAN a annoncé ce 27 mars l'expulsion de sept diplomates russes. La veille, une vingtaine d'Etats occidentaux dont les Etats-Unis et la France décidaient de façon synchrone de déclarer personæ non gratæ dans leur pays plus d'une centaine de membres du corps diplomatique russe.

Lire aussi : Les expulsions de diplomates sont le «résultat des pressions colossales» de Washington, selon Lavrov

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