Berlin : «Nous obliger à renoncer au gaz russe pour nous vendre du [gaz] américain est inacceptable»

Berlin : «Nous obliger à renoncer au gaz russe pour nous vendre du [gaz] américain est inacceptable»© Sergey Guneev Source: Sputnik
Photo d'illustration

L'Allemagne est vent debout contre un projet de loi américain visant à sanctionner les entreprises européennes associées aux Russes dans le domaine des énergies. Berlin soupçonne Washington de vouloir vendre ses propres ressources aux Européens.

«Nous estimons qu'il est inacceptable qu'une loi [américaine] puisse demander aux Européens de renoncer au gaz russe pour nous vendre du [gaz] américain à la place, à un prix bien plus élevé», a lancé le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel le 29 juin, en visite officielle en Russie, rapporte le quotidien allemand Handeslbatt.

Le chef de la diplomatie allemande évoquait les nouvelles sanctions contre la Russie adoptées par le Sénat américain à la mi-juin, et notamment un amendement cité par Bloomberg, qui précise : «Le gouvernement des États-Unis devrait donner la priorité à l'exportation de ressources énergétiques [américaines] afin de créer des emplois américains, aider les alliés et les partenaires des États-Unis et renforcer la politique étrangère [américaine].» 

Des entreprises européennes victimes collatérales ?

Ce texte, qui nécessite l'approbation de la Chambre des représentants et la signature du président américain pour pouvoir entrer en vigueur, a été initialement présenté comme un amendement à une loi américaine imposant des sanctions contre l'Iran.

Mais il va en fait plus loin, menaçant les entreprises européennes associées avec des sociétés russes de pétrole et de gaz. Aussi, la participation d'entreprises européennes majeures du secteur énergétique, comme BASF, Shell, Engie, OMV, Wintershall ou encore Uniper, dont le projet de gazoduc Nord Stream 2 pourrait en être affecté. 

Cet amendement controversé a provoqué une vague d'indignation au sein de l'Union européenne, et en particulier en Allemagne, principal bénéficiaire de Nord Stream 2. Un porte-parole du gouvernement allemand, cité par Reuters n'a pas hésité à le qualifier de «curieuse manœuvre», le 16 juin dernier.

En outre, un communiqué commun signé le 15 juin par le chancelier autrichien et le ministre allemand des Affaires étrangères a précisé : «L'approvisionnement énergétique de l'Europe est une question européenne qui ne concerne en rien les Etats-Unis d'Amérique. C'est à nous [les pays européens] et non aux Etats-Unis de décider de qui nous livre notre énergie et de quelle façon.»

Cité par l'agence RIA Novosti, Sigmar Gabriel a également assuré, durant sa visite en Russie le 29 juin, que Berlin était bien déterminé à «ouvrir un nouveau chapitre positif de l'histoire des relations [entre la Russie et l'Allemagne]». Il a ensuite ajouté : «Nous avons des différences en termes de valeurs politiques, mais nous ne devons pas abandonner la coopération entre nos sociétés.»

Lire aussi : «Le projet Nord Stream 2 renforcera la sécurité énergétique de l’Europe Occidentale»

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En cliquant sur chaque option, vous pouvez contrôler l'activation ou la désactivation du dépôt des cookies et de la création des profils : le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Les cookies techniques (cookies de session, d'authentification et de sécurité) sont indispensables au bon fonctionnement de nos services et ne peuvent être désactivés.
OK

Ce site utilise des cookies.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation, de la part de RT France et de tiers, de cookies et autres traceurs à des fins de mesure d'audience, partage avec les réseaux sociaux, personnalisation des contenus, profilage et publicité ciblée. Pour paramétrer l’utilisation des cookies veuillez accéder dans la rubrique «Paramétrer vos choix» et pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la rubrique «Politique de Confidentialité»