Journaliste britannique : le Secteur droit en Ukraine, égal de Daesh en Syrie

Des participants à l'assemblée populaire organisé par le Secteur droit Source: RIA NOVOSTI
Des participants à l'assemblée populaire organisé par le Secteur droit

Le journaliste britannique Neil Clark a indiqué dans une interview à RT que les radicaux posent un grand problème au gouvernement de Porochenko et a comparé la croissance des extrémistes du Secteur droit avec celle de l’Etat islamique.

RT : Que pouvez-vous dire des manifestations du Secteur droit que nous constatons en ce moment ?

Neil Clark : C’était assez prévisible. Au cours des dernières semaines nous avons beaucoup parlé des manifestations grecques, mais la situation en Ukraine est bien pire qu’en Grèce, le niveau de la dette, l’économie et le chômage. Les choses ont empiré depuis la chute du régime du président Viktor Ianoukovitch. Ainsi, il n’est pas surprenant que les gens soient mécontents.

RT : Croyez-vous que cela peut représenter un problème potentiel pour le président Petro Porochenko?

Neil Clark : Oui, c’est sûr. Parce que les gens vont commencer à réfléchir sur ceux qui sont responsables du coup d’Etat précédent, il s’agit des Etats-Unis et de l’UE, et l’objectif initial était de renverser ce gouvernement afin d’installer un pouvoir pro-occidental. Mais en fait la situation sur le terrain en Ukraine, et je parle en particulier de l’Ouest de l’Ukraine est un désastre.

Nous avons beaucoup entendu ce qui se passe dans l’Est, mais dans l’Ouest le niveau de vie a chuté dramatiquement, les salaires ne sont pas toujours versés. Et cela peut bien sûr empirer puisque les Ukrainiens ordinaires se posent la question de savoir «qu’est-ce qu’il se passe ? nous sommes dans une situation pire que la précédente».

Et quant au Secteur droit, ce sont les troupes de choc qui ont contribué au changement de régime. Sans ce groupe ultra-nationaliste le coup d’Etat ne se serait pas produit. Et maintenant Petro Pochenko se retrouve à lutter contre les gens qui l’ont en fait amené au pouvoir. Alors je crois que tout cela va apporter plus de chaos encore.

RT : Les activistes de ce groupe sont considérés comme extrémistes, pensez-vous, qu’ils puissent recevoir le soutien du public à travers le pays ?

Neil Clark : Oui, c’est absolument possible, puisque comme je l’ai dit, la situation économique est extrêmement grave, on peut alors comprendre pourquoi les gens se tournent vers les extrêmes. Je pense que le Secteur droit est effroyable. Mais qui a conduit le pays à ce chaos ? Il y a des gens qui tirent les ficelles derrière, des Américains comme Victoria Nuland, et les grands décideurs de l’UE, ceux qui ont décidé d’être prêts à utiliser l’extrême droite comme d’un mécanisme pour renverser le gouvernement précédent.

Et cela ressemble à ce qui se passe au Moyen-Orient bien sûr. Nous pouvons voir des pouvoirs occidentaux qui facilitent au moins la croissance de groupes comme Daesh, afin d’obtenir un changement de régime en Syrie. Et maintenant on fait face au grave problème que constitue l’Etat islamique.

Et la même chose se passe en Ukraine en quelque sorte. Des groupes extrémistes, dans ce cas-là, des néonazis soutenus par l’Occident, qui posent maintenant un problème au gouvernement de Porochenko.

RT : Petro Porochenko a promis de débarrasser l’Ukraine des éléments radicaux, pourquoi pensez-vous qu’il a échoué dans cette mission pour le moment ?

Neil Clark : Je crois que c’est parce qu’ils sont trop puissants. C’est que s’il allait utiliser la violence et les emprisonner, cela aurait provoqué encore plus de mécontentement en Ukraine. Parce qu’ils expriment fortement leurs opinions. Ainsi il se trouve dans une situation difficile pour l’instant. L’essentiel consiste au fait que la situation a terriblement empiré dans le pays et personne ne soutient plus vraiment le gouvernement. Il est dans une position de faiblesse et il est difficile de voir comment cela va-t-il s’arranger. Seule une amélioration de l’économie pourrait le sauver, mais c’est tout le contraire qui se produit en ce moment.

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