Nice, un an après : «Il ne faut jamais baisser la garde»

Nice, un an après : «Il ne faut jamais baisser la garde»© Eric Gaillard Source: Reuters
Des militaires français patrouillent sur le site de l'attentat de Nice sur Promenade des Anglais

Il faut être toujours vigilant en matière de sécurité, il faut sans cesse considérer qu’on n'a jamais fini de travailler, ou l’adversaire profitera de cette faiblesse pour nous frapper, estime Benoît Kandel, ancien premier adjoint au maire de Nice.

RT France : Un an après l'attentat de Nice, qu'y a-t-il de changé en matière de sécurité ?

Benoît Kandel (B. K.) : L’attentat a eu lieu il y a exactement un an et des mesures ont été prises pour renforcer la sécurité, notamment à la fois par le gouvernement et par les villes. A Nice, la promenade des Anglais a été équipée de dispositifs pour empêcher l’intrusion de véhicules dans les zones piétonnes.

RT France : Quelle est la menace principale pour la sécurité ?

B. K. : Sur l’islam radical, c’est le problème numéro un, de mon point de vue. Pour la sécurité des Français, je pense qu'on a d’abord un combat idéologique à conduire contre le salafisme et le wahhabisme radical, qui alimentent une idéologie mortifère. Si on ne résout pas ce combat idéologique, si on ne gagne pas, on aura beau prendre toutes les mesures techniques, on n’arrivera jamais à éradiquer la menace terroriste. Il faut donc rassembler nos forces morales, expulser sans faiblesse les imams radicaux. Il faut enseigner notre histoire également avec force, arrêter de demander en permanence pardon aux pays pour ce que la France a pu faire par le passé, parce que c’est tout ça qui nous affaiblit et qui renforce le salafisme et le terrorisme islamique.

RT France : Emmanuel Macron prévoit de réduire le budget de la police et de la Défense. Serait-ce un problème pour la sécurité ? 

B. K. : Le président Macron vient de réduire les moyens financiers accordés aux armées, et ce n’est pas une bonne chose parce qu’on ne peut pas demander aux armées ou à la police de protéger mieux les Français, de leur dire qu’ils font un excellent travail et dans le même temps, ne pas leur donner des moyens financiers. Surtout que la France envoie des soldats dans beaucoup de pays étrangers, pas seulement en Syrie ou en Irak, mais également en Afrique. Il faut donner les moyens à notre armée de travailler correctement. On ne peut pas tenir un double discours sur cette affaire-là, c’est une chose trop importante.

RT France : Comment peut-on réduire le risque d'attentat ?

B. K. : Je pense que la France, comme tous les pays occidentaux mais également comme la Russie, sont menacés par le terrorisme islamiste, il faut donc que nous organisions des opérations entre les gouvernements pour faire front pour lutter contre ces fanatiques. Et dans le même temps, c’est ma conviction, il faut que les pays européens, la France en particulier, commencent à maîtriser plus sérieusement les flux migratoires qui entrent dans notre pays en permanence. Evidemment, à l’intérieur de ces populations de migrants, il y a fatalement des terroristes qui s’infiltrent et qui vont venir frapper notre population. Nous avons beaucoup d’efforts à faire dans ce domaine-là. Aujourd’hui, force est de constater que l’Union européenne ne contrôle pas ses frontières et que la France laisse entrer sur son territoire des gens qui ne sont pas les bienvenus.

RT France : Que doit faire Emmanuel Macron pour lutter contre la menace terroriste ?

B. K. : Je pense que la première chose à faire, c’est d’être extrêmement clair sur sa politique étrangère, il faut arrêter de lancer des opérations de déstabilisation dans un certain nombre de pays du Moyen et du Proche-Orient, des opérations qui ont souvent conduit ces pays à la confusion, au désordre. On l’a vu en Irak, puis en Syrie, en Libye, et la Tunisie a été aussi impactée. Donc il faut être extrêmement prudent quand on décide des opérations extérieures, et peut-être arrêter de considérer que nous avons une mission qui serait d’exporter notre modèle politique sur l’ensemble de la planète. Parce que c’est aussi un facteur important d’insécurité pour le territoire français.

RT France : Peut-on s'attendre à de nouvelles attaques terroristes ?

B. K. : Je pense que le principal enseignement de cet attentat extrêmement malheureux, c’est qu’en fait il ne faut jamais baisser la garde. Nous avons eu l’Euro 2016 qui s’est bien passé, et puis les autorités ont pensé que la guerre était gagnée et elles ont sans doute un peu baissé la garde. On n’a pas pris des dispositions relativement simples, notamment celle qui empêchait les véhicules d'entrer dans la zone piétonne et on en a vu le résultat. Il faut donc être toujours vigilant en matière de sécurité, il faut tout le temps considérer qu’on n'a jamais fini de travailler, sinon l’adversaire profitera de cette faiblesse pour nous frapper.

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