Un rapport sénatorial dénonce le «business de la déradicalisation» et son inefficacité

Un rapport sénatorial dénonce le «business de la déradicalisation» et son inefficacité © Charles Platiau Source: Reuters
Esther Benbassa au Sénat
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Les sénateurs Esther Benbassa (EELV) et Catherine Troendlé (LR) publient leur rapport sur la déradicalisation des individus tentés par le djihad. Constatant l'échec de ces mesures, elles font dix propositions pour améliorer ces dispositifs.

100 millions d'euros dépensés en trois ans pour la déradicalisation des musulmans extrêmistes «sans la moindre évaluation méthodique» des nombreuses associations subventionnées, pour un résultat plus que mitigé. C'est le bilan que tirent deux sénateurs, Esther Benbassa (EELV) et Catherine Troendlé (LR), dans un rapport rendu public le 12 juillet.

«L'amateurisme» des autorités est pointé du doigt, après les mesures prises à la suite des attentats de 2015. Des associations «sans réelle expertise» auraient pu bénéficier de juteuses subventions allant jusqu'à 435 000 euros, transformant cette œuvre de salut public en véritable «business», selon le rapport. Plusieurs responsables sont d'ailleurs mis en cause pour des affaires de détournements de fonds.

Les deux rapporteurs recommandent d’élaborer un cahier des charges qui devra être respecté par les organismes choisis, ainsi que de privilégier la qualité par rapport à la quantité. 

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Le centre expérimental de Pontourny, dont la création a déjà coûté plus de deux millions et demi d'euros, est aussi dans le viseur des rapporteurs. Les deux élues conseillent sa fermeture d'urgence au vu de son inefficacité. Est notamment donné l'exemple de pensionnaires se surnommant «la bande des salafistes rigoristes», ou encore la condamnation d'un jeune pour apologie du terrorisme après son passage dans ce centre. 

La mise en détention des mineurs serait aussi, aux yeux des deux sénateurs, contre-productive. Il faudrait «encourager des dispositifs de placement innovants» comme par exemple les «appartements éducatifs» où les jeunes sont constamment surveillés par un éducateur et suivis par un thérapeute, conseillent les sénateurs. Trois mineurs expérimentent cette mesure depuis 2016 en région parisienne. 

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