Boris Johnson 2016 vs 2017 : une volte-face du «Bravo à Assad» au «Assad doit partir»

Boris Johnson 2016 vs 2017 : une volte-face du «Bravo à Assad» au «Assad doit partir»
Une capture d'écran du site telegraph.co.uk

Devenu ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson a remplacé ses discours raisonnables par une rhétorique néoconservatrice, et nous voyons en Syrie la répétition de la situation avec les ADM irakiennes, explique le journaliste Neil Clark.

La semaine dernière, le Royaume-Uni a échoué à convaincre les autres pays membres du G7 de décider de nouvelles sanctions contre la Russie à cause de son soutien à Damas. 

Après cela, le ministre des Affaires étrangères britannique Boris Johnson a écrit un article pour le journal The Telegraph, où il a déclaré que la Russie faisait partie d’«une ligue de super-vilains», aux côtés du président syrien. Johnson a aussi blâmé Bachar el-Assad pour une récente attaque chimique en Syrie.

RT : Que vous inspire le langage de l’article de Boris Johnson ?

Neil Clark (N. K.) : C’est très intéressant, parce qu’il y a un an, le jour de Pâques en 2016, Boris Johnson avait publié un autre article pour The Telegraph, intitulé «Bravo à Assad», où il louait Bachar el-Assad pour la libération de Palmyre de Daesh. Ses mots étaient : «Je dis hourra ! Bravo et continuez.» C’était le Boris Johnson de Pâques 2016, le Boris Johnson de Pâques 2017 dit maintenant : «Assad doit partir et les Russes doivent rompre avec le gouvernement syrien et travailler avec les Américains pour renverser Assad.» C’est une vraie volte-face, non ? Et quelle est la différence entre le moment actuel et le moment passé ?

On nous demande de faire confiance aux mêmes personnes qui nous ont assuré que Saddam Hussein avait des armes de destruction massive en 2003

Bien sûr, il est devenu ministre des Affaires étrangères en septembre, et il semble que, dès qu’il a passé la porte du ministère des Affaires étrangères, il a changé. Il a remplacé ses discours raisonnables par une rhétorique néoconservatrice. Depuis, il a totalement changé d’avis à l’égard de la Syrie. Comme si ses articles qu’il a écrits pour The Daily Telegraph il y a un an, n’existaient pas. C’est tout à fait remarquable. Cela nous montre simplement ce qui arrive aux gens quand ils entrent dans les «coulisses du pouvoir». Comment pouvez-vous acclamer Assad et dire «Bravo à Assad», puis appeler à un changement du régime et inciter la Russie à se distancer effectivement de la Syrie ? Boris Johnson n'est pas sérieux.

RT: Boris Johnson a été renvoyé en tant que journaliste du Times pour avoir falsifié des informations. Ne faisons-nous pas trop confiance à certains hommes politiques qui affirment qu’ils ont vu les preuves que l’attaque chimique était l'œuvre du gouvernement syrien, mais qui ne les montreront pas ? 

N. C. : C’est une répétition exacte de la situation avec les armes de destruction massive irakiennes en 2003. Quand on nous a dit d’avoir confiance : «Nous avons des preuves, croyez-nous. Saddam a des armes de destruction massive. Nous devons aller en guerre parce qu’il représente une grande menace». Et nous avons demandé : «Pouvez-vous montrer les preuves ?» — «Non, non, on a les preuves, faites-nous confiance.» C’est la répétition exacte de cela, la situation avec l’attaque chimique en Syrie. On nous demande de faire confiance aux mêmes personnes qui nous ont assuré que Saddam Hussein avait des armes de destruction massive en 2003 ; les mêmes chroniqueurs et hommes politiques néoconservateurs.

Ce serait une erreur énorme pour la Russie de s’écarter de la Syrie et de cesser de la soutenir 

Nous n'y croirons pas avant de voir les preuves. Attendons d'avoir une enquête légale indépendante sur ce qui s'est passé en Syrie et sur cette soi-disant attaque chimique avant de juger. Ce serait une erreur énorme pour la Russie de s’écarter de la Syrie et de cesser de la soutenir à cause de cela, car nous savons que le projet occidental c’est de renverser Bachar el-Assad. Et quand ce sera fait, ils vont passer à l’Iran. Ce n’est pas dans l’intérêt de la Russie. L'attitude de Boris Johnson semble assez absurde. Il est allé au G7 la semaine dernière, et il voulait que le G7 décide de nouvelles sanctions contre la Russie, il a essuyé une rebuffade. Les gens raisonnables et rationnels se demandent : «Pourquoi une telle hâte ? Pourquoi ne pas attendre une enquête médico-légale indépendante complète sur l'attaque chimique présumée, afin d’apprendre qui en était responsable ?»

Mais il semble que nous ne voulons pas cela. Boris Johnson et les Américains ne veulent pas ça. Ils veulent qu’on se précipite là-bas, en déterminant comme priorité le renversement du gouvernement qui lutte contre Daesh. Donc, vous avez cette énorme incohérence paradoxale, lorsque les Etats-Unis lancent «la Mère de toutes les bombes» sur les combattants de l’Etat islamique en Afghanistan, et en Syrie, ils [lancent] des missiles de croisière contre une base aérienne du gouvernement qui lutte contre Daesh. Désormais, tout le monde peut voir les incohérences et les doubles standards de la politique étrangère occidentale.

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