Conseillère d'Assad : les accusations contre la Syrie rappellent celles qui ont visé l'Irak en 2003

Conseillère d'Assad : les accusations contre la Syrie rappellent celles qui ont visé l'Irak en 2003© Ray Stubblebine Source: Reuters
Le 5 février 2003 : Colin Powell, alors le secrétaire d'Etat américain en train de tenir un discours à l'ONU accusant l'Irak de la possession des ADM

Les déclarations américaines blâmant le gouvernement syrien pour l’attaque chimique à Idleb font penser à celles de 2003, accusant l'Irak de détenir des armes de destruction massive (ADM), estime la conseillère du président syrien, Bouthaina Shaaban.

Les allégations des Etats-Unis selon lesquelles le gouvernement syrien est derrière l’incident impliquant les armes chimiques dans la ville de Khan Cheikhoun, dans la province d’Idleb, défient toute logique, estime Bouthaina Shaaban. La conseillère du président syrien a ajouté qu’une telle attaque serait «contraire aux intérêts du gouvernement syrien», car elle ne ferait que «nuire à la fois au peuple syrien et au gouvernement».

«Il faudrait se demander, qui est le bénéficiaire de ce qui s’est passé récemment en Syrie», explique celle qui fut également ministre syrienne des expatriés de 2003 à 2008. Bouthaina Shaaban affirme que les terroristes auraient pu procéder à cette attaque pour faire avancer leur offensive sur le terrain et renforcer «les positions de leurs chefs à la [table de] négociation».

Cette situation «nous rappelle les événements irakiens, lorsque les Etats-Unis ont envahi l’Irak en affirmant qu’il y avait des armes de destruction massive... Il y a plein d’histoires provenant de Washington, qui se révèlent plus tard absolument infondées», a-t-elle souligné. «Aujourd’hui, nous savons tous qu’il n’y avait pas d’armes de destructions massive en Irak», ajoute-t-elle.

Bouthaina Shaaban a également averti que les Etats-Unis étaient en mesure d'«inventer n’importe quelle histoire comme prétexte ou excuse» et lancer une campagne militaire contre la Syrie. Elle a vigoureusement démenti que Damas puisse avoir «quelque chose à voir» avec l’attaque chimique de Khan Cheikhoun. «Cet incident n’a été mis en scène qu’en guise de prétexte pour frapper la Syrie», affirme-t-elle.

«L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a annoncé en juin 2014 que la Syrie était absolument exempte d’armes chimiques», a-t-elle rappelé.

La principale conseillère de Bachar el-Assad a mentionné que le gouvernement syrien accueillait favorablement la suggestion d’une enquête internationale sur l’incident de Khan Cheikhoun, ajoutant que Damas voulait que cette enquête soit impartiale et objective, honnête et professionnelle.

Bouthaina Shabaan a mis en avant le fait que le gouvernement syrien aimerait également voir des experts russes dans l’équipe de la Commission d’enquête internationale chargé de faire la lumière sur cet incident.

Pas de place pour les terroristes dans les négociations de paix

La conseillère du président syrien a aussi réaffirmé l’engagement de Damas pour un règlement politique de la crise syrienne. Elle a en outre déclaré lors d’une conférence de presse à Moscou, qu'une délégation du gouvernement syrien continuerait à participer aux négociations qui se déroulent à Genève et à Astana.

Elle a souligné que la frappe américaine contre la base aérienne d’Al-Chaayrat avait sérieusement compliqué le processus de négociation à Genève, rendant «incertain» le résultat des pourparlers.

«Le bombardement américain est une démarche très sérieuse, c’est un acte d’agression américaine contre la Syrie. Si cela [l’agression] continue, la situation va s’aggraver à la table de négociations de Genève», a-t-elle déploré.

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