Ex-conseiller de Trump : «La CIA est comme une passoire, il faut enquêter sur les partisans d'Obama»

Ex-conseiller de Trump : «La CIA est comme une passoire, il faut enquêter sur les partisans d'Obama»© Carlos Barria Source: Reuters
Donald Trump lors de son discours à la CIA, Langley, Etats-Unis.

Les partisans d’Obama au sein des services de renseignement américains essaient de nuire au président en organisant des fuites illégales, diffusant des rumeurs sur ses relations avec le Kremlin, explique Roger Stone, ex-conseiller de Donald Trump.

RT : Vous avez été présenté comme l’une des personnes avec lesquelles le «renseignement russe» aurait des contacts. Est-ce vrai ?

Roger Stone (R. S.) : C'est absolument et catégoriquement faux. Le New York Times a fait savoir que selon la FBI, ou plus précisément les «agences de renseignement», il avait des transmissions de mail, des retranscriptions de conversations écoutées et des dossiers financiers qui le prouvaient. Pourtant, personne dans les médias, personne au Sénat ou à Commission du renseignement de la Chambre ni même le le président des Etats-Unis n'a vu aucune de ces preuves. Il s'agit donc d'une accusation fondée sur les analyses des agences de renseignement qui sont, dans ce cas, partisanes de Barack Obama. Je le nie catégoriquement, Paul Manafort, président de la campagne de Donald Trump aussi.

Donald Trump était donc le candidat de la paix et le complexe militaro-industriel dans ce pays est très mécontent de son élection

Le vrai problème, à mon avis, est que Donald Trump ne veut pas entrer en guerre avec la Russie à cause de la Syrie. Il préfère la détente et des négociations difficiles avec le président Poutine, dans l’espoir que nous puissions vivre en paix et coopérer peut-être pour écraser Daesh. Donald Trump était donc le candidat de la paix et le complexe militaro-industriel dans ce pays est très mécontent de son élection, ce qui donne cette accusation d'une ingérence russe dans nos élections. Ce qui n'est, je le souligne encore une fois, absolument pas prouvé.

RT : Vous avez réclamé une enquête officielle sur les liens présumés avec la Russie. Pensez-vous qu'elle aura lieu ? A votre avis, Jeff Sessions est-il la bonne personne pour diriger une telle enquête, lui qui faisait partie de l'équipe de transition traitant spécifiquement des questions de sécurité nationale ?

R. S. : Je pense qu'il est très important que cela soit clarifié, et du coup je soutiens toute enquête juste et impartiale. Rétrospectivement, Jeff Sessions s'est peut-être compromis. Il a un conflit d'intérêts et je lui conseillerais de nommer un conseiller spécial – nous avons cette disposition dans la loi fédérale – pour enquêter sur l’affaire, informer le peuple américain et les tribunaux.

Par ailleurs, une enquête du Congrès avec des audiences publiques serait acceptable. Je me délecterais d'avoir l'opportunité de témoigner en public et de contredire l'ensemble des accusations selon lesquelles l'Etat russe a, d'une certaine manière, aidé ou contribué à l’élection de Donald Trump. Ce n'est tout simplement pas vrai.

RT : Pensez-vous que les médias ont rendu compte de de façon injuste ?

R. S. : Personne, au sein des services d'ordre américains, ne m'a jamais informé qu'une telle enquête était en cours. J'apprends qu'un tribunal de la FISA a approuvé l’écoute électronique, le suivi de mes appels téléphoniques et de mes comptes mail. Je ne sais pas si c’est vrai. On me dit qu’il y a une réunion du grand jury.

Mais la nuit, je peux dormir tranquille parce qu'aucune enquête ne nuira à Donald Trump, ou à Roger Stone, ou à Paul Manafort, parce que nous n'avons pas eu de contacts avec l’Etat russe. C'est pourquoi je voudrais clarifier tout cela et pense donc qu'une enquête publique et un rapport d'enquête public serait la meilleure manière de le faire.

Ce que nous savons, cependant, c'est que ceux qui ont fait fuiter l'information sur le renvoi du général Flynn par le gouvernement ont réellement violé la loi

RT : Pensez-vous que Donald Trump a cédé à la pression dans la démission de son conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn ?

R. S. : Tout d’abord, un examen du procureur général et du Conseil de la Maison Blanche a établi que le général Flynn n'avait, par ses appels téléphoniques à l'ambassadeur de Russie, violé aucune loi, étant donné qu'il avait pour but de convenir d'un appel téléphonique entre le président Vladimir Poutine et le nouveau président Donald Trump. C’est le travail de Michael Flynn, c'est tout à fait approprié. Si l'on considère la retranscription, la partie de la retranscription publiée par le New York Times, rien n’indique que le général Flynn a discuté des sanctions, et lorsque ce sujet est arrivé dans la conversation, il l'a écarté en disant : «Je ne peux pas en parler maintenant.»

Ce que nous savons, cependant, c'est que ceux qui ont fait fuiter l'information sur le renvoi du général Flynn par le gouvernement ont réellement violé la loi. C’est très précisément illégal et passible d’une peine de 10 ans de prison.

Nous devrions donc probablement enquêter sur qui a balancé cette information plutôt que d'essayer de trouver une faute plus grave du général Flynn. Franchement, je pense que le président a agi très rapidement et que le général Flynn aurait pu présenter ses excuses au président et à la nation et ainsi continuer à jouer ce rôle crucial. Le général Flynn, comme vous le savez, a assisté à un banquet d'anniversaire de RT, ce que je trouve tout-à-fait approprié. Je n'ai jamais pensé que je verrai le jour où les médias russes seraient moins censurés que leurs homologues américains, mais c'est le cas.

RT : Donald Trump semble maintenant donner la priorité aux médias non-traditionnels. Comment cela modifie-t-il la puissance de la presse aux Etats-Unis et pour quelles répercussions dans l'avenir ?

ABC, NBC et CBS ont depuis trente ans le monopole de la diffusion des informations politiques, et cela ne nous a pas bien servi

R. S. : C'est lors de l'élection que nous sommes arrivés à un tournant. Profitant du progrès technologique, la majorité de la population prend aujourd'hui connaissance des informations via un appareil portable et pas leur poste de télé. Grâce à cela, l'accès à internet ouvre la porte à de nombreuses alternatives aux trois chaînes de télévisions principales et au deux réseaux câblés . Du coup, le peuple américain regarde et écoute de façon démesurée les médias alternatifs. C'est une chose saine. ABC, NBC et CBS ont depuis trente ans le monopole de la diffusion des informations politiques, et cela ne nous a pas bien servi.

Aujourd'hui le consommateur, l’électeur, a une plus grande variété de choix, et la puissance des médias a perdu de sa superbe. Je pense que c’est très positif. Le fait que Breitbart ait d'excellents journalistes d’investigation oblige le New York Times à être aux aguets.

RT : La Russie est dépeinte comme un «croque-mitaine» en Occident. Pourquoi cette approche de guerre froide persiste-t-elle ?

R. S. : Parce que les néo-conservateurs doivent justifier une guerre intentionnelle en Syrie. Ils l'ont inidiqué clairement, devrais-je dire Hillary Clinton a indiqué clairement que si elle était élue, elle aurait élargi la guerre par procuration en Syrie, et, je le crois, mené les Etats-Unis et la Russie au bord d'une guerre mondiale. Dieu Merci, nous avons fait un pas en arrière sous le président Trump.

Ce sont les politiques de Barack Obama et d'Hillary Clinton qui nous ont amenés au bord de la guerre avec la Russie

Mais l’hystérie sur la Russie est utilisée pour justifier le déplacement des troupes à la frontière syrienne, à la frontière russe et pour l’ensemble de la rhétorique guerrière. Ce sont les politiques de Barack Obama et d'Hillary Clinton qui nous ont amenés au bord de la guerre avec la Russie. Comme mon mentor Richard Nixon, je préfère la détente. Si Leonid Brejnev et Richard Nixon étaient capables de négocier ensemble la limitation des armes stratégiques, Donald Trump et Vladimir Poutine sont capables de négocier la paix. Je pense que c’est tout-à-fait possible.

RT : Les agences de renseignement pourraient-elles monter une sorte de coup d’Etat non officiel ? Quelles sont en réalité les relations entre Donald Trump et la communauté du renseignement ?

R. S. : Tout d’abord, passons en revue le compte rendu de l'Agence centrale de renseignement. Ils ont menti au sujet de la torture dans la guerre en Irak, ils ont menti sur les armes de destruction massive détenues par Saddam Hussein, ils ont menti au sujet du Vietnam, ils ont menti au sujet de l’assassinat de Kennedy. C'est ce que les espions font : ils mentent. Et le seul agent de la CIA aujourd'hui qui est fidèle au président, c'est directeur qui a récemment été approuvé. Vous avez toujours les héritiers de Barack Obama aux deuxième et troisième niveau de l'agence, du coup l'endroit est comme une passoire. Par exemple, ces fuites sur le général Flynn. Je conseillerais au président de nettoyer la maison et de nommer aux agences de renseignement des gens fidèles à son administration.

RT : Discutez-vous toujours avec le président Trump ?

R. S. : Je lui parle de temps en temps, mais je considère ces conversations comme privées et privilégiées. Je ne vais pas nuire à cette confiance, en les dévoilant. Je suis ami avec lui depuis 40 ans, j'ai une grande affection pour lui et sa famille, et, franchement, j'ai l'honneur de jouer un tout petit rôle dans le plus grand bouleversement de l’histoire politique américaine.

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