Prison ferme pour Jérôme Cahuzac : «Une décision exemplaire» pour en finir avec la fraude fiscale

Prison ferme pour Jérôme Cahuzac : «Une décision exemplaire» pour en finir avec la fraude fiscale© Philippe Wojazer Source: Reuters
L'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac arrive au tribunal de Paris avant d'entendre sa condamnation.

La condamnation à trois ans de prison ferme contre l'ancien ministre marque, pour le député PS Gérard Bapt, le premier pas vers une lutte plus sévère en matière d'évasion fiscale contre les politiques mais aussi contre les grandes entreprises.

RT France : Jérôme Cahuzac vient d'être condamné à trois ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité pour fraude fiscale et blanchiment. Trouvez-vous cette sanction juste ?

Gérard Bapt (G. B.) : Elle est juste puisque c'est ce que le juge a prononcé. Je ne vais pas critiquer une décision de justice. Ce que l'on peut dire c'est qu'elle est lourde parce qu'elle se veut exemplaire aussi. Quand on occupe certaines fonctions d'autorité publique, il faut être exemplaire et irréprochable. Or le comportement de Jérôme Cahuzac en était l'exact inverse.

La fraude est devenue un sport national français et cela doit s'arrêter

RT France : Malgré l'appel demandé par Jérôme Cahuzac, cette condamnation est-elle un signal positif dans la lutte contre l'évasion et la fraude fiscale en France?

G. B. : Evasion fiscale, fraude fiscale, fraude sociale... c'est un thème qui concerne aussi bien les particuliers que les entreprises. Lutter contre cela doit être une exigence de salut public notamment pour les finances publiques. La fraude est devenue un sport national français et cela doit s'arrêter. Je pense que c'est par des décisions exemplaires, comme celle-ci, mais aussi contre des grandes entreprises, qu'il faut procéder. En ce sens, ce jugement pourra faire avancer les mentalités.

RT France : Dans une période où la défiance des Français envers les politiques et le système judiciaire est importante, ce genre de décision peut-il entraîner la fin de l'idée que les politiques sont intouchables ?

G. B. : Je l'espère. Il faudra voir avec le temps. Il y a d'autres affaires en cours, notamment sur des questions de financement de campagne entre autres d'un ancien président de la République... Il faut que ces affaires débouchent pour que la notion d'égalité devant le respect de la loi soit véritablement reconnue et comprise par l'ensemble de nos compatriotes et politiques.

Il n'est pas acceptable qu'on attende des années et des années pour voir les figures d'autorité aussi bien publiques que d'entreprise être traduites en justice

RT France : L'affaire Cahuzac a été très douloureuse tant pour le gouvernement que pour le Parti socialiste. Cette condamnation vous permet-elle de définitivement tourner cette page ?

G. B. : Elle a déjà été tournée. Le parti et nos collègues du gouvernement ont été très clairs et très fermes dans leur condamnation des agissements de Jérôme Cahuzac. Le problème maintenant c'est de tout faire pour que ces affaires puissent être prises en charge et débouchent devant la justice. Au delà de la fraude fiscale, cela devrait être aussi le cas dans les scandales et la criminalité sanitaires. Il n'est pas acceptable qu'on attende des années et des années, parfois une décennie, pour voir les figures d'autorité aussi bien publiques que d'entreprise être traduites en justice. On ne peut pas accepter des situations comme le Mediator du laboratoire Servier où les pouvoirs publics de l'époque ont laissé traîner l'affaire et la responsabilité.

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