Syrie : «L'ONU n'est pas libre dans ses avis»

Syrie : «L'ONU n'est pas libre dans ses avis»© Eric Bridiers / United States Mission Geneva

Lorsqu'il s'agit de la situation en Syrie, l'ONU joue le jeu des Etats-Unis, ce qui rend les propos de ses représentants peu crédibles, estime Willy Wimmer, ancien secrétaire d'Etat du l’Union chrétienne-démocrate d'Allemagne.

RT : Pensez-vous qu'une autre trêve humanitaire laissera entrevoir des progrès, vu que les rebelles soutenus par l'Occident ne subissent pas de pressions pour arrêter de bombarder les zones civiles ?

Willy Wimmer (W. W.) : Je pense qu'il est vital et nécessaire de chercher à apaiser les problèmes humanitaires que nous avons en Syrie. Et je pense que nous devrions arrêter le massacre le plus vite possible. С'est une chose dont il faut tenir compte. De l'autre côté, nous ne devons jamais oublier qui a commencé la guerre civile en Syrie, et lorsque ces organisations des droits de l’Homme condamnent un pays en particulier, il ne faut pas oublier que ce sont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l'Arabie saoudite et le Qatar qui ont provoqué une guerre civile en Syrie. Je ne vous parle pas d'Israël en raison de la situation dans les pays voisins.

Tout ce que l’Occident fait en Syrie est contraire au droit international 

Quand nous nous plaignons de la souffrance humaine en Syrie, il nous faut comprendre qui a tout commencé. Ce qui est intéressant, c'est que tout ce que l’Occident fait en Syrie est contraire au droit international : ils n'ont rien qui les soutienne dans la Charte des Nations unies, même ce que font les militaires allemands est contre notre Constitution. La seule puissance qui agit en Syrie conformément au droit international est la Fédération de Russie. Il faut prendre cela en compte lorsqu'il s'agit des accusations de Human Rights Watch et d'autres.

RT : Il y a des appels à exclure la Russie du Conseil de droits de l’Homme de l’ONU. Cela porterait atteinte à l’un des principes fondateurs de l’ONU, n'est-ce pas ? Que pensez-vous de cette rhétorique ?

W. W. : C’est un signal indiquant que l’ONU ne soutient qu'une seule partie. Cette institution n'est pas libre dans ses avis et nous voyons depuis des décennies que l'ONU joue sa partie en faveur des Etats-Unis. Et, par conséquent, nous ne prenons pas au sérieux ce que nous disent les représentants de l’ONU.

RT : L’année dernière, l'Arabie saoudite a été élue président d’un groupe important du Conseil des droits de l’Homme. Pourtant, son bilan dans le domaine a été largement critiqué à plusieurs reprises. Il y a eu des appels à suspendre l'Arabie saoudite du Conseil des droits de l'Homme, mais pensez-vous que cela puisse arriver ?

W. W. : Jamais, à cause des relations étroites entre l’Arabie saoudite, Israël et les Etats-Unis. Je pense donc qu'ils peuvent faire ce qu'ils veulent, sans être punis. Il faut comprendre qui a provoqué la guerre civile en Syrie et qui respecte le droit international. Qu'est-ce qu'il s'est passé lorsqu'il y a eu une trêve entre les Etats-Unis et la Fédération de Russie il y a trois semaines ? Les américains ont tué 100 soldats syriens et des soldats russes. Washington voudrait profiter de l'état actuel des choses, alors que le nouveau président n'est pas encore élu, cette situation est complexe et extrêmement dangereuse pour le reste du monde.

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