Nathalie Goulet : «Nous entretenons d’excellentes relations avec l’Arabie saoudite»

Le président français François Hollande accueille le prince héritier saoudien à l'Elysée le 24 juin 2015© Charles Platiau
Le président français François Hollande accueille le prince héritier saoudien à l'Elysée le 24 juin 2015

L’Arabie saoudite est un allié et un partenaire de la France, estime la sénateur de l’Orne Nathalie Goulet, commentant la rencontre à l’Elysée entre le président français François Hollande et le prince héritier Mohammed ben Nayef Al Saoud.

RT France : Quelle est votre vision des relations franco-saoudiennes ?

Nathalie Goulet (N. G.): Elles sont au beau fixe, excellentes. Je rentre d’Arabie saoudite et la France est tout à fait bien positionnée non seulement commercialement, mais aussi en termes d'image et de relations bilatérales, y compris culturelles.

RT France : Vous avez publié un article sur Mediapart concernant votre visite en Arabie saoudite où vous évoquez des changements en matière de droits de l'homme et de droits des femmes. Or, dans le monde entier l'Arabie saoudite est considérée comme un pays où les droits de l'homme ne sont pas respectés…

Pour moi, le point le plus important de ce qui ce passe en ce moment en Arabie saoudite c'est leur lutte et leur volonté de vaincre le terrorisme

N. G. : Oui. Alors je ne suis pas sûre que chacun ait les mêmes critères, vous-mêmes en Russie, vous avez vos critères en ce qui concerne les droits de l'homme. Mais ce qui est important, c'est que l'évolution se fasse au rythme du pays. Evidement nous ne cautionnons pas l'application de la peine de mort, mais en même temps, c'est la loi du pays et c’est une affaire qui regarde le pays. Il s’agit d’une question de souveraineté, vous savez très bien que vous avez aussi votre souveraineté en matière de justice et que vous n'aimez pas qu'on la critique. Pour moi, le point le plus important de ce qui ce passe en ce moment en Arabie saoudite, et cela se passe depuis un certain temps, c'est leur lutte et leur volonté de vaincre le terrorisme. De très nombreuses mesures financières qui ont été prises pour lutter contre le financement du terrorisme.

RT France : L'Arabie saoudite qui est souvent accusée d'être un sponsor du terrorisme international…

La France aurait un rôle extrêmement important à jouer pour un apaisement entre les deux rives du Golfe, de l’Arabie saoudite et de l’Iran

N. G. : Oui. Mais ce n'est pas vrai. Il y a des accusations qui peuvent être fausses. Vous savez, quand vous êtes devenu la cible du terrorisme, vous ne le financez pas, et ça fait longtemps que l’Arabie saoudite a pris des mesures pour lutter contre le terrorisme.

RT France : La France peut-elle considérer l'Arabie saoudite comme son alliée dans la lutte contre le terrorisme ?

N. G. : Oui, incontestablement. L'Arabie saoudite a monté une coalition de 34 pays ces dernières années. L'Arabie saoudite a décidé de participer activement à cette coalition qu'elle a mise sur pied. Je pense que l'Arabie saoudite est effectivement tout à fait déterminée à lutter contre le terrorisme. Pour moi, c'est une certitude.

RT France : Comment la rencontre entre les deux chefs d’Etats est-elle perçue par l'élite politique française ?

La France parle à tout le monde, faire de la diplomatie c’est parler à tout le monde, ce n’est pas parler à personne

N. G. : Il s’agit d’une relation normale, d’une relation entre amis. Je vous rappelle que le président de la République a été le premier président occidental à être reçu au Conseil de coopération des pays du Golfe l’année dernière et que c’était un vrai succès diplomatique. Nous entretenons d’excellentes relations diplomatiques avec l’Arabie saoudite et il est tout à fait normal que le président rencontre des dirigeants de ce pays, cela rentre dans le cadre normal de nos relations. Je pense que la France aurait un rôle extrêmement important à jouer pour un apaisement entre les deux rives du Golfe, de l’Arabie saoudite et de l’Iran, bien sûr.

RT France : La France doit-elle poursuivre sa coopération avec l’Arabie saoudite en matière de lutte contre le terrorisme et d’autres questions internationales ?

N. G. : Mais évidemment. D’abord, la France parle à tout le monde, faire de la diplomatie c’est parler à tout le monde, ce n’est pas parler à personne. En plus, si l’on ne veut parler qu’aux pays qui sont très démocratiques, il faut fixer des critères et, si cela se trouve, on ne se parlerait pas, nous deux. Faire de la diplomatie implique donc de parler à tout le monde, et la France, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, a toute sa place dans ces discussions. J’ajoute que la France en tant qu’amie de l’Arabie saoudite, ayant renoué des relations avec l’Iran, peut avoir une place tout à fait déterminante à la fois comme médiateur entre l’Arabie saoudite et l’Iran, mais aussi dans des conflits aussi lourds que le conflit du Yémen, où plus personne ne sait ce qui se passe, où on a aujourd’hui 6 000 morts et où il va falloir trouver aussi une solution politique. Et quand il faut trouver une solution politique, il faut trouver une solution politique avec tous les partenaires. Je pense que le France a plus de crédibilité aujourd’hui vis-à-vis de l’Arabie saoudite que n’en ont les Etats-Unis d’Amérique. Je pense que la France est mieux placée que les Américains pour venir à bout d’un certain nombre de conflits et essayer de faire émerger des solutions politiques qui sont aujourd’hui un enjeu déterminant  pour mettre fin aux conflits. Aucun d’entre eux ne se réglera par les armes. Il faut des solutions politiques en Syrie, il faut une solution politique au Yémen et il faut que tous les acteurs se mettent autour de la table. Si c’est une table française, et bien, ce sera une très bonne chose pour la France et pour la sécurité du monde entier.

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