Le Hezbollah, organisation «terroriste» ? L’Algérie et l’Iran refusent de suivre l’Arabie saoudite

Des supporters du Hezbollah manifestent leur soutien lors d'un meeting de l'organisation libanaise© Aziz Taher Source: Reuters
Des supporters du Hezbollah manifestent leur soutien lors d'un meeting de l'organisation libanaise

Il y a quelques jours, la décision des monarchies du Golfe de décréter «terroriste» l'organisation chiite libanaise ne fait pas l'unanimité au sein du monde arabo-musulman, où l'Iran et l'Algérie ont, notamment, fait entendre leur désaccord.

A Alger, c’est le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abdelaziz Benali Cherif, qui a réagi en déclarant que «toute décision concernant ce mouvement doit [...] émaner des Libanais eux-mêmes».

Il a ensuite ajouté que «l’Algérie, pour qui la non-immixtion dans les affaires internes des autres pays est l’un des principes directeurs de la politique étrangère, s’interdit toute interférence dans ce dossier et refuse de s’exprimer en lieu et place des Libanais dans une affaire qui les concerne de manière exclusive», rapporte le site d’information spécialisé Tout sur l’Algérie.

L'Algérie s'interdit toute interférence dans ce dossier

Quant au Hezbollah, Abdelaziz Benali Cherif l'a décrit comme «un mouvement politico-militaire qui fait partie du paysage social et politique du Liban et qui participe aux équilibres fragiles, patiemment et laborieusement négociés dans ce pays». Alger a toutefois estimé que «ce mouvement, membre de la coalition gouvernementale et acteur au niveau du Parlement libanais dans lequel il compte de nombreux représentants, a également le devoir de ne pas s’ingérer dans les affaires des autres et d’éviter toute implication dans la déstabilisation de son environnement».

Pour Téhéran, le Hezbollah est à l’avant-garde de la lutte contre le terrorisme

En Iran, le ministre adjoint des  Affaires étrangères, Amir Abdollahian, a pour sa part réaffirmé sa «fierté» envers l’organisation chiite, qu’il a qualifiée d’«avant-garde de la résistance contre le régime sioniste et [de] défenseur de la lutte contre le terrorisme dans la région». Il a déclaré à l’agence de presse officielle IRNA que «ceux qui qualifient le Hezbollah de terroriste ont intentionnellement ou non-intentionnellement nui à l’unité et la sécurité du Liban». 

A Tunis aussi, des voix s’élèvent contre cette décision

La centrale syndicale Union générale tunisienne du travail (UGTT), décorée du prix Nobel de la paix en 2015 pour son rôle joué dans la révolution puis la transition tunisienne, a également déploré la décision des monarchies du Golfe de qualifier le Hezbollah d'organisation «terroriste», «symbole de la lutte nationale» du Liban contre Israël.

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Appelant le gouvernement tunisien à se désolidariser de la décision des monarchies, l’UGTT a déclaré que cette dernière faisait partie «d'une offensive dirigée par des forces étrangères et régionales pour diviser la nation arabe et pour détruire ses forces au profit des forces [...] sionistes et rétrogrades».

Plus tôt dans la semaine, le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui réunit l’Arabie saoudite, le Qatar, Bahreïn, les Emirats arabes unis, Oman et le Koweït, avait décidé de décréter le Hezbollah comme une organisation terroriste sous prétexte qu’elle représente «une menace pour la sécurité nationale arabe».

Le secrétaire général du CCG avait conclu en prévenant : «Des mesures appropriées seront prises pour mettre en oeuvre cette décision, conformément aux règlements sur la lutte antiterroriste en vigueur dans les Etats du CCG et aux lois internationales».

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