Le Royaume-Uni salue les «efforts» de l'Arabie saoudite en matière de droits de l'Homme

Récemment, 47 personnes ont été exécutées en Arabie saoudite.L© Andrew Biraj Source: Reuters
Récemment, 47 personnes ont été exécutées en Arabie saoudite.L

Alors que l'Arabie saoudite a récemment exécuté 47 détenus, le bureau du ministère des Affaires étrangères britannique pour le Moyen-Orient a pourtant salué des «progrès notables» effectués dans le domaine des droits de l'Homme.

Tobias Ellwood, le ministre des Affaires étrangères pour le Moyen-Orient a fait ce commentaire alors qu'il se trouvait en compagnie d'autres délégués britanniques pour s'adresser à la Société nationale pour les droits de l'homme de l'Arabie saoudite dans la capitale Riyadh, selon The Independent. 

L'homme a ainsi affirmé que l'Arabie saoudite avait introduit toute une série de réformes, autorisant notamment le vote pour les femmes aux élections municipales. Il a néanmoins ajouté que le royaume avait besoin d'améliorer sa façon de promouvoir les droits de l'Homme dans le pays, ce qu'il fait déjà avec un relatif «succès». 

Selon plusieurs médias saoudiens qui ont assisté à la réunion, notamment Al Watan, le sous-secrétaire d'État des Affaires étrangères serait même allé plus loin, affirmant qu'au Royaume-Uni les gens «ne se rendent pas compte des progrès notables» qui ont été accomplis par l'Arabie Saoudite en matière de droits de l'Homme. 

Les principales organisations de défense des droits de l'Homme ont qualifié les remarques de Tobias Ellwood d'«étonnantes», rappelant que l'Arabie saoudite, qui préside actuellement le conseil des droits de l'Homme de l'ONU, connaît une recrudescence des exécutions sur son sol, menant dans le même temps une violente campagne militaire au Yémen qui pourrait violer les lois internationales.

Le chef de la politique et des affaires gouvernementales d'Amnesty International au Royaume-Uni Allan Hogarth a déclaré, cité par Reuters que pour acquérir une meilleure réputation au niveau internationale, l'Arabie saoudite avait «des choses très simples à faire», à savoir «mettre fin à la répression, libérer les prisonniers de conscience et assurer que les droits des femmes et des groupes réprimés soien bien respectées».

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Cependant, un porte-parole du bureau a assuré que le sous-secrétaire d'État des Affaires étrangères n'avait «jamais prononcé cette phrase», ajoutant que M. Elwood a «toujours soulevé nos préoccupations quant à la situation des droits de l'Homme et continue de le faire en public comme en privé». 

Reprenant l'invitation de Tobias Ellwood à faire plus d'efforts, le président de la société nationale pour les droits de l'homme en Arabie saoudite, le Dr Mofleh bin Rabi'ah Qahtani, a expliqué au sous-secrétaire britannique dans un communiqué de presse qu'il craignait que certains cas «individuels et très médiatisés» soient «exploités, généralisés et diffusés massivement» afin de discréditer la réputation de l'Arabie saoudite.

En effets, des cas d'exécutions particulièrement médiatisés ont récemment attiré l'attention internationale sur l'Arabie soudite, notamment celles du poète et écrivain Raïf Badawi, condamné à 10 ans de prison et à 1000 coups de fouet pour promotion de la liberté d'expression, et Ali al-Nimr, condamné à mort à l'âge de 17 ans pour avoir participé à une manifestation anti-gouvernement.

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Ce dernier est par ailleurs le neveu du cheikh chiite Nimr al-Nimr qui figurait parmi les 47 exécutés au début du mois dans le cadre de la plus grande exécution massive du pays depuis plus de 30 ans. 

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