Daesh diffuse une vidéo revendiquant l'explosion de l'avion russe dans le Sinaï

Capture d'écran de la vidéo de l'Etat islamique dans laquelle le groupe djihadiste revendique sa responsabilité dans l'explosion et le crash de l'avion de ligne russe dans le Sinaï avec 224 passagers à son bord.© Capture d'écran d'une vidéo de Daesh récupérée par archive.org
Capture d'écran de la vidéo de l'Etat islamique dans laquelle le groupe djihadiste revendique sa responsabilité dans l'explosion et le crash de l'avion de ligne russe dans le Sinaï avec 224 passagers à son bord.

Une vidéo de l'EI montre un djihadiste russophone féliciter ses «frères du Sinaï» pour avoir abattu l'avion de ligne russe et menace de procéder à d'autres attaques. La Russie et l'Egypte affirment que Daesh n'en a pas les moyens.

Dans cette nouvelle vidéo publiée récemment, on peut voir cinq combattants de Daesh assis dans l'herbe, tandis que celui au centre fait l'éloge de ses «frères d'armes dans le Sinaï» qui auraient prétendument abattu l'A321 russe avec 224 personnes à son bord. 

Entouré par quatre autres djihadistes, l'homme d'apparence slave s'adresse au président russe Vladimir Poutine, à la fois en russe et en arabe, l'avertissant que ce dernier «regrettera» les frappes russes sur les positions de Daesh en Syrie. 

Brandissant un couteau dans sa main, il menace de «continuer à abattre des avions, envahir des pays et tuer des gens», en représailles à l'opération militaire russe en Syrie.

Immédiatement après l'accident, l'État islamique a tenté de revendiquer sa responsabilité dans l'explosion de l'Airbus 321 dans le Sinaï, alors que l'appareil se rendait de Charm-el-Cheikh en Egypte à Saint-Petersbourg en Russie le 31 octobre dernier.

La thèse d'un missile de Daesh peu probable 

Cette revendication a été rapidement rejetée conjointement par les responsables russes et égyptiens qui l'ont jugée «peu probable».

En effet, les fonctionnaires et les experts sont unis dans leur opinion que les djihadistes ne possèdent que des systèmes de défense aérienne portables incapables d'atteindre l'altitude de 9450 mètres (31 000 pieds), à laquelle volait l'A321. 

Interrogé par RT, le spécialiste de la sécurité Charles Shoebridge a également jugé impossible que Daesh puisse abattre un avion de ligne : «On sait que l’Etat islamique n’a pas les capacités d’abattre un avion qui vole à l’altitude à laquelle volait cet appareil, soit environ 10 000 mètres (...) Il a été annoncé correctement que le vol était hors d’atteinte des missiles dont les rebelles disposent en Syrie. En théorie, ils auraient pu abattre l’avion par un acte de sabotage, commis depuis l’aéroport de départ, ou par exemple, en déposant une bombe à bord», a-t-il expliqué. 

En savoir plus : «Daesh a revendiqué l’attaque de l’avion russe pour sa propagande»

La thèse d'une bombe à bord ne peut être confirmée

En effet, mardi, un médecin égyptien ayant examiné les corps des passagers a affirmé que la nature de leurs blessures laissait suggérer qu'une «puissante explosion a eu lieu à bord de l'avion avant qu'il ne frappe le sol». 

Mais, au cours de leur examen préliminaire des corps, les experts russes et égyptiens n'auraient finalement pas constaté de traumatismes liés à une possible explosion en vol. «Aucun signe d'une explosion n'a été trouvé lors de l'examen préliminaire», a déclaré une source anonyme à l'agence TASS. 

Jusqu'à présent, les enquêteurs égyptiens favorisent la défaillance technique et les dysfonctionnements mécaniques, qui seraient «la cause la plus probable de l'accident».

Pourtant Daesh continue d'affirmer être responsable de l'attaque, tentant de faire planer le mystère. Le groupe djihadiste a déclaré mercredi que «ce n'était pas à lui d'en faire la preuve et qu'il en livrera la démonstration quand il le voudra».

«Nous n'avons aucune obligation d'expliquer comment il [l'avion A321] s'est écrasé», a affirmé un membre de l'EI qui ne livre pas son identité, dans un message audio posté sur le compte Twitter habituel de l'organisation.

La situation devrait s'éclaircir une fois que toutes les données du vol issues des boites noires de l'appareil seront analysées. Néanmoins, ce processus pourrait prendre jusqu'à quatre semaines. 

L'avion de ligne russe s'est écrasé «dans le centre de la péninsule du Sinaï», samedi 31 octobre au matin, peu avant 9 heures. L'avion devait relier les villes de Charm El-Sheikh, en Egypte, à Saint-Pétersbourg. Il s'agit du vol 7K9268 de la compagnie russe Kolavia. Selon les informations divulguées par les autorités égyptiennes, 217 passagers ainsi que 7 membres d'équipage se trouvaient à bord au moment du crash, principalement des touristes russes.

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