En quête de soutiens, le Premier ministre libyen à Paris et Rome

En quête de soutiens, le Premier ministre libyen à Paris et Rome© Gregorio BORGIA Source: AFP
Abdel Hamid Dbeibah lors de sa visite à Rome le 31 mai 2021.
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Le Premier ministre de transition de la Libye a entamé une tournée en Italie et en France. La stabilité politique du pays, les partenariats économiques et l'immigration, entre autres, ont été abordés au gré de ses visites.

Après un accord de cessez-le-feu signé en octobre 2020, la Libye espère sortir d'une décennie de luttes intestines et de guerres civiles. Investi depuis le 10 mars après six années de guerre civile, le Premier ministre Abdel Hamid Dbeibah se veut donc le visage d'une Libye réunie et réconciliée. Ancien dirigeant de la Compagnie libyenne d’investissement et de développement (Lidco), il tente de trouver de l'aide en Europe, en particulier en Italie et en France, pour conforter le processus de stabilisation de son pays, aussi bien au niveau sécuritaire qu'économique, en passant par la crise migratoire.

Reçu à Rome le 31 mai, Abdel Hamid Dbeibah a ainsi déclaré sans détour le besoin pour la Libye d’attirer des capitaux italiens. Mario Draghi, président du Conseil, a répondu présent en assurant que «l’Italie [était] aux côtés de la Libye», avant de préciser que si «Rome fera[it] sa part», «une action de l’Europe [était] nécessaire». Le but de la rencontre était aussi d’étudier la reprise des liaisons terrestres et maritimes entre les deux pays.

Présent dès la matinée du 31 mai au Forum économique de Farnesina en compagnie de sept ministres, Abdel Hamid Dbeibah a multiplié les déclarations d’amour à la péninsule italienne, assurant qu’elle incarnait pour la Libye un pays «amical et fraternel», lien indispensable pour lutter «contre l’immigration illégale». Il a insisté sur le besoin de la Libye d’avoir «le soutien de tous les pays, pas seulement l’Italie, même si l’Italie est un partenaire, un pays frère», selon des propos repris par La Stampa. Une trentaine de groupes industriels italiens ont écouté Abdel Hamid Dbeibah plaider leur participation à la reconstruction de la Libye. Luigi di Maio, ministre italien des Affaires étrangères, a souligné que les sociétés italiennes pouvaient avoir affaire avec la Libye «avec une confiance renouvelée», selon des propos cités par Il Fatto Quotidiano.

Le ministre italien a par ailleurs poursuivi en ajoutant que les investissements de capitaux d'entreprises italiennes en Libye constituaient «une étape importante du parcours de relance du partenariat bilatéral que l’Italie et la Libye ont entrepris dans les jours succédant immédiatement à la formation de l’autorité d’unité transitoire». C’est en ce sens que Luigi Di Maio a souhaité que la visite d’Abdel Hamid Dbeibah débute par le forum économique de Farnesina.

Mario Draghi a lui-même encouragé l'idée d'un co-développement dans le secteur énergétique avec la Libye : «Nous avons abordé la possibilité d'une collaboration dans le domaine des énergies renouvelables. Il existe de grandes opportunités». Idem pour le pétrole, énergie pour laquelle le chef du gouvernement libyen a assuré que l'objectif était «d'arriver à (une production de) 3-4 milliards de barils/jour. «Et pour cela [l'Italie est] le meilleur partenaire», a-t-il ajouté. Depuis la fin des combats, la Libye connaît un rebond de la production pétrolière à près de 1,3 million de barils par jour (contre 1,6 million avant 2011).

L’Italie au chevet de la Libye

Mario Draghi a par la suite réitéré sa détermination à collaborer avec l’exécutif libyen, mais aussi exprimé son inquiétude concernant le processus de stabilisation du pays. Encore miné par la guerre civile, le pays compte quelque 20 000 mercenaires étrangers sur son sol, d’après une estimation de l’ONU de décembre dernier, un sujet qu'Abdel Hamid Dbeibah a aussi abordé avec Emmanuel Macron.

«J'estime que c'est un devoir moral mais aussi un intérêt de la Libye d'assurer le plein respect des droits humains des réfugiés et migrants», a également affirmé Mario Draghi lors de la conférence de presse. 

Le sujet sensible de l’immigration a ainsi été lui aussi mis sur la table. Alors que le Conseil européen a renvoyé cette question à sa prochaine séance, Luigi Di Maio a plaidé pour une «stratégie plus ample» qui dépasserait les seules frontières de la Libye pour inclure aussi celles de Fezzan, où transitent nombre de migrants en provenance du Sahel. «L’Union européenne peut être aux côtés du gouvernement d’unité nationale sur ce sujet», a-t-il déclaré. Mario Draghi a renchéri dans l'après-midi du 31 mai en ajoutant que «le problème de l'immigration ne se résout pas seulement dans la zone méditerranéenne mais en allant à ses racines, là d'où part l'immigration [...] Ce n'est pas seulement une responsabilité libyenne, maltaise ou italienne mais commune.»

La France apporte «son plein soutien» à la Libye

De son côté, Emmanuel Macron a également exprimé «son plein soutien» à Hamid Dbeibah lors de sa visite à Paris le 1er juin. Le président de la République a appelé au retrait des mercenaires étrangers de Libye. «Il faut mettre un terme à toutes les ingérences étrangères», a-t-il ajouté. Abdel Hamid Dbeibah a abondé en ce sens.

Comme en Italie, la visite à Paris d'Abdel Hamid Dbeibah a fait la part belle aux problématiques économiques. Le responsable libyen devrait rencontrer le 2 juin une délégation du Medef dans l'espoir de conclure plusieurs contrats et attirer des investisseurs autour de la reconstruction du pays.

Le sujet de l'immigration a été soulevé par le Premier ministre libyen, qui a réitéré les propos tenus la veille à Rome : «Le problème de l'immigration illégale ne peut pas être traité en Méditerranée ou sur les côtes libyennes». Emmanuel Macron a exprimé sa préoccupation concernant le maintien du double scrutin électoral de fin d'année, maintien également demandé par les Nations Unies, mais qui reste toujours flou. 

Emmanuel Macron a néanmoins souligné la nécessité «d'aller plus loin en permettant d'avancer sur les réformes, la pleine souveraineté militaire et les élections» prévues en fin d'année, estimant que les Libyens «ont le droit de vivre dans un pays libre, stable et prospère».

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