L'opposition de l'Allemagne compromet la levée des brevets sur les vaccins contre le Covid-19

- Avec AFP

L'opposition de l'Allemagne compromet la levée des brevets sur les vaccins contre le Covid-19© Arne DEDERT Source: Reuters
Un logo de seringue et l'inscription «vaccination» indiquant un centre de vaccination à Darmstadt, en Allemagne, le 4 mai 2021 (image d'illustration)
Suivez RT France surTelegram

«La protection de la propriété intellectuelle est la source de l'innovation et doit continuer à l'avenir à le rester», a déclaré un porte-parole d'Angela Merkel. Une position à rebours du soutien de nombreux dirigeants à la levée des brevets.

Le soutien des Etats-Unis à une levée des brevets sur les vaccins contre le Covid-19 a suscité de l'intérêt à travers le monde, mais l'opposition de l'Allemagne pourrait faire dérailler la proposition, tandis que l'industrie pharmaceutique freine également des quatre fers.

Le 6 mai, un porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel s'est exprimé sur la situation en ces termes, rapportés par Bloomberg : «Les facteurs limitants pour la production de vaccins sont les capacités de fabrication et les normes de qualité élevées, pas les brevets». «La protection de la propriété intellectuelle est la source de l'innovation et doit continuer à l'avenir à le rester», a-t-il également mis en garde.

Pour le laboratoire allemand BioNTech, cette solution n'aurait qui plus est pas d'effet «à court et moyen termes» car la protection des brevets ne serait pas le facteur limitant la production et l'approvisionnement de son vaccin mis au point avec l'américain Pfizer. Le PDG de l'entreprise américaine Albert Bourla a d'ailleurs lui aussi confié à l'AFP n'être «pas du tout» en faveur d'une levée des brevets. 

Egalement hostile à la proposition, la Suisse – où l'industrie pharmaceutique pèse lourd – a averti que la suspension des brevets ne favoriserait pas «un accès équitable, abordable et rapide aux vaccins, médicaments et produits de diagnostic contre le Covid-19».

Pour l'heure, les brevets sont essentiellement détenus par des laboratoires américains, qui sont donc globalement opposés à leur levée parce qu'elle les priverait, selon eux, d'un retour sur des investissements coûteux. L'annonce de Washington a d'ailleurs été qualifiée de «décevante» par la Fédération internationale de l'industrie pharmaceutique (IFPMA). Stephen Ubl, président de la Recherche et production pharmaceutique américaine (PhRMA), considère à ce sujet qu'une telle décision pourrait «davantage affaiblir les chaînes d'approvisionnement déjà tendues et favoriser la prolifération des vaccins contrefaits».

Conséquence du débat mondial, Pfizer, ainsi que Moderna, un autre groupe américain, et BioNTech ont enregistré une baisse de plus ou moins 2% de leurs cours le 6 mai à New York.

Une opposition à rebours d'un enthousiasme partagé par de nombreux dirigeants à travers le monde

Les réactions étaient toutefois plus nuancées du côté de l'Union européenne, jusqu'à présent opposée à pareille initiative, mais qui s'est dite, par la voix de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, «prête à discuter de toute proposition qui s'attaquerait à la crise de façon efficace et pragmatique».

De la même manière, alors qu'il était jusqu'alors réticent à la levée des brevets sur les vaccins contre le Covid-19, le président français Emmanuel Macron s'y est finalement dit «tout à fait favorable».

La Russie, qui vient d'homologuer le Spoutnik Light, son vaccin contre le coronavirus en une seule dose, «soutiendrait une telle approche», a assuré son président, Vladimir Poutine.

La patronne de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) Ngozi Okonjo-Iweala a quant à elle «chaleureusement» salué le 6 mai l'annonce faite la veille à ce sujet par les Etats-Unis. Elle a dans le même temps encouragé l'Inde et l'Afrique du Sud – à l'origine de cette proposition destinée à accélérer la production et la distribution des vaccins – à rapidement présenter un texte révisé, davantage acceptable par tous.

Emboîtant le pas au chef de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui avait parlé le 5 mai d'une «décision historique», un porte-parole des Nations unies s'est à son tour réjoui de cette initiative, qui «peut augmenter de manière importante l'approvisionnement du système Covax» de partage des vaccins avec les pays pauvres.

Tous s'exprimaient après les déclarations de la représentante américaine au Commerce Katherine Tai, selon laquelle, pour mettre fin à cette pandémie, le gouvernement américain a décidé de soutenir la levée provisoire de ces brevets.  

Raconter l'actualité

Suivez RT France surTelegram
En cliquant sur chaque option, vous pouvez contrôler l'activation ou la désactivation du dépôt des cookies et de la création des profils : le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Les cookies techniques (cookies de session, d'authentification et de sécurité) sont indispensables au bon fonctionnement de nos services et ne peuvent être désactivés.
OK

Ce site utilise des cookies.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation, de la part de RT France et de tiers, de cookies et autres traceurs à des fins de mesure d'audience, partage avec les réseaux sociaux, personnalisation des contenus, profilage et publicité ciblée. Pour paramétrer l’utilisation des cookies veuillez accéder dans la rubrique «Paramétrer vos choix» et pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la rubrique «Politique de Confidentialité»