Un an de pandémie de Covid : le statut du vaccin comme «bien public mondial» suspendu à l'OMC

Un an de pandémie de Covid : le statut du vaccin comme «bien public mondial» suspendu à l'OMC© REUTERS/Kevin Lamarque
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Réunies autour d'une initiative baptisée l'Appel de Paris, différentes organisations et personnalités appellent à lever les brevets sur les vaccins anti-Covid. Mais l'UE et l'industrie pharmaceutique ne l'entendent pas de cette oreille.

Un après la reconnaissance du Covid-19 comme une «pandémie» par l'OMS, la problématique de la vaccination est sur le devant de la scène. Tandis que la France est à la traîne en la matière, un collectif, rassemblé autour de l'Appel de Paris, réclame le lever des brevets sur les vaccins anti-Covid. 

L'objectif ? «Accroître de toute urgence la production mondiale, et ce alors que les pénuries de doses, en France et dans le reste du monde, ralentissent dangereusement les efforts de vaccination», explique sur son site la coordination d'ONG Sud, qui participe à cet appel avec des médecins, des scientifiques, des économistes ou encore des syndicalistes.

«Les vaccins sont là, nous savons les produire, mais ils ne sont toujours pas accessibles au plus grand nombre», ont ainsi déploré les signataires de l'Accord de Paris lors d'une conférence de presse ce 11 mars. Dans le texte, soutenu entre autres par Oxfam, Médecins du monde ou encore la Ligue des droits de l'homme, «les intérêts privés, les considérations marchandes et les tractations opaques» sont notamment pointés du doigt.

L'UE et les firmes pharmaceutiques : des obstacles de taille

Et pour cause, cette revendication d'une plus grande coopération mondiale dans le domaine vaccinal rencontre pour l'heure des obstacles de taille. D'une part, l'Union européenne et plusieurs pays dont les Etats-Unis, le Canada, ou encore le Royaume-Uni, s'opposent à une résolution déposée devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) par l'Inde et l'Afrique du Sud, qui permettrait d'avancer dans ce sens.

Soutenue par une centaine de pays (dont les 55 Etats membres de l'Union africaine) ainsi que par l'OMS, la proposition réclame la suspension temporaire de certaines dispositions de l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC), afin de faciliter les transferts des technologies de lutte contre le coronavirus. 

Mais cette demande ne suscite guère d'enthousiasme du côté des firmes pharmaceutiques. Cité par le service de diffusion allemand DW, Thomas Cueni, directeur général de la Fédération internationale de l'industrie du médicament (IFPMA), défend les intérêts du secteur : «L'euphorie autour du développement de vaccins hautement efficaces a créé l'impression qu'une fois qu'un vaccin a été développé, un milliard de doses peut sortir des usines en appuyant sur un bouton. Je pense qu'on doit être conscients de la complexité et la difficulté de la production de vaccin.»

Le bras de fer doit se poursuivre ces 10 et 11 mars devant l'OMC, à l'occasion d'un nouveau round de négociations.

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