Le prince héritier saoudien souhaite une «relation spéciale» avec l'Iran : un virage diplomatique ?

Le prince héritier saoudien souhaite une «relation spéciale» avec l'Iran : un virage diplomatique ?© Mandel Ngan/Pool via REUTERS/File Photo
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, lors d'une rencontre diplomatique avec l'ancien secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo à Djeddah, Arabie saoudite, en septembre 2019 (image d'illustration).

Le prince héritier saoudien a adopté un ton conciliant envers l'Iran, après des informations selon lesquelles des pourparlers secrets se sont tenus entre Riyad et Téhéran. Les deux pays avaient rompu leurs relations il y a plus de cinq ans.

«L'Iran est un pays voisin et tout ce que nous souhaitons c'est [d'avoir] une bonne et spéciale relation avec l'Iran», a déclaré le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, dans une interview diffusée le soir du 27 avril sur la chaîne d’information Al Arabiya. «Nous ne voulons pas des difficultés pour l'Iran. Au contraire, nous voulons une croissance de l'Iran [...] et conduire la région et le monde vers la prospérité», a-t-il encore affirmé, selon des propos cités par l'AFP. Des propos qui contrastent avec le ton employé par le prince héritier lors de précédentes interviews dans lesquelles il accusait Téhéran d'alimenter l'insécurité régionale.

Ce membre de la famille royale saoudienne a tout de même ajouté, dans son interview du 27 avril, que Ryad travaillait avec des partenaires régionaux et internationaux afin de trouver des solutions au «comportement négatif» de l'Iran. 

L'Iran et l'Arabie saoudite, grands rivaux dans la région moyen-orientale, avaient rompu leurs relations diplomatiques il y a plus de cinq ans, mais des pourparlers, facilités par le Premier ministre irakien Moustafa al-Kadhemi, se sont récemment tenus à Bagdad, selon des révélations du Financial Times. Une information confirmée par un responsable gouvernemental irakien auprès de l'AFP : selon cette source, une délégation saoudienne emmenée par le chef du renseignement Khalid ben Ali al-Humaidan et une délégation iranienne, avec à sa tête des responsables mandatés par le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale Ali Chamkhani, se sont vues à Bagdad début avril.

L'Arabie saoudite a officiellement démenti ces discussions. Les autorités iraniennes, de leur côté, n'ont pas commenté, se contentant de dire avoir «toujours salué» la tenue d'un dialogue avec Riyad.

Légère prise de distance avec l'allié américain ?

Dans cette même interview à Al Arabiya, Mohammed ben Salmane a été interrogé sur l'état des relations entre Washington et Riyad, marquées depuis l'élection de Joe Biden par deux décisions américaines contrariantes pour l'Arabie saoudite : la fin de la vente d'armes à la coalition menée par Riyad au Yémen et la publication d'un rapport des services de renseignement américains, mettant en cause la responsabilité du prince héritier lui-même dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. « Il n’y a jamais d’accord à 100 % entre deux pays. Même avec les pays du Golfe, les pays qui nous sont les plus proches, il y a des désaccords naturels [...] Avec les différentes administrations américaines, les désaccords peuvent augmenter ou diminuer, mais avec l’administration Biden, nous sommes d’accord à 90 % sur les intérêts de la relation saoudo-américaine», a argumenté le prince héritier, selon des propos rapportés par Jeune Afrique.

Or selon la même source, Mohammed ben Salmane a également tenu à souligner que les Etats-Unis ne seraient pas ce qu’ils sont aujourd’hui sans leur partenariat avec l’Arabie saoudite et le pétrole qu'ils en obtiennent. Enfin, interrogé sur des pressions qu'exercerait Washington sur le royaume wahhabite, le membre de la famille royale a déclaré que son pays n’acceptait aucune pression sur ses affaires intérieures, sans pour autant pointer du doigt l'allié américain.

Ces déclarations et évolutions diplomatiques, convient-il de noter, interviennent alors que Joe Biden cherche à ressusciter l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 dont Washington s'est retiré sous Donald Trump.  

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