Washington affirme que MBS a «validé» une opération pour «capturer ou tuer» Khashoggi

- Avec AFP

Washington affirme que MBS a «validé» une opération pour «capturer ou tuer» Khashoggi© Saudi Press Agency/Handout via REUTERS
Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, participe à une visioconférence sur le budget de son pays, le 15 décembre 2020 à Riyad, Arabie saoudite (image d'illustration).

Dans un rapport rendu public ce 26 février, les services de renseignement américains mettent directement en cause la responsabilité du prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

Selon un rapport des services de renseignement américains sur le meurtre de Jamal Khashoggi rendu public ce 26 février, les Etats-Unis considèrent que le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a «validé» une opération pour «capturer ou tuer» le journaliste saoudien.

«Nous sommes parvenus à la conclusion que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane a validé une opération à Istanbul, en Turquie, pour capturer ou tuer le journaliste saoudien Jamal Khashoggi», écrit ainsi la direction du renseignement national dans ce court document déclassifié de quatre pages.

«Le prince héritier considérait Khashoggi comme une menace pour le royaume et plus largement soutenait le recours à des mesures violentes si nécessaire pour le faire taire», ajoute-t-elle.

Washington veut «recalibrer» sa relation avec Riyad mais ne veut pas de «rupture»

Les Etats-Unis ont annoncé dans la foulée des sanctions financières contre une unité d'intervention spéciale et contre l'ancien numéro deux du renseignement saoudien, Ahmed al-Assiri. Aucune sanction toutefois contre le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, ce qu'ont déploré plusieurs élus démocrates.

«La relation avec l'Arabie saoudite est importante, nous avons des intérêts mutuels importants. Nous restons déterminés à défendre le royaume», a justifié le chef de la diplomatie américaine Anthony Blinken. «Ce que nous avons fait avec les mesures que nous venons de prendre, c'est vraiment pour ne pas avoir de rupture dans les relations mais pour les recalibrer», a-t-il insisté. «La relation avec l'Arabie saoudite dépasse les questions de personnes. Ce recalibrage concerne les politiques et les actes de l'Arabie saoudite», a-t-il encore ajouté.

Le président Joe Biden, qui avait jugé, avant son élection en novembre, que le royaume du Golfe devait être traité comme un Etat «paria» pour cette affaire, avait déjà tenté de déminer le terrain, en appelant le 25 février au téléphone le roi Salmane pour la première fois depuis son arrivée à la Maison Blanche.

S'il avait mis l'accent sur «les droits humains universels» et «l'Etat de droit», il avait aussi adressé un satisfecit au monarque pour la récente libération de plusieurs prisonniers politiques. Il avait en outre évoqué «l'engagement des Etats-Unis à aider l'Arabie saoudite à défendre son territoire face aux attaques de groupes pro-Iran», selon la présidence américaine. Ni Washington ni Riyad n'avaient mentionné, dans leur compte-rendu de cet appel, le rapport déclassifié potentiellement explosif pour leurs relations bilatérales.

Critique du pouvoir saoudien après en avoir été proche, Jamal Khashoggi, résident aux Etats-Unis et chroniqueur du quotidien Washington Post, avait été assassiné le 2 octobre 2018 dans le consulat de son pays à Istanbul par un commando d'agents venus d'Arabie saoudite. Son corps, démembré sur place, n'a jamais été retrouvé.

Après avoir nié l'assassinat, Riyad avait fini par dire qu'il avait été commis par des agents saoudiens ayant agi seuls. A l'issue d'un procès opaque en Arabie saoudite, cinq Saoudiens ont été condamnés à mort et trois condamnés à des peines de prison. Les peines capitales ont depuis été commuées.

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