Frappes de l'administration Biden en Syrie : les démocrates rattrapés par d'anciennes déclarations

Frappes de l'administration Biden en Syrie : les démocrates rattrapés par d'anciennes déclarations© Jonathan Drake Source: Reuters
Des soldats américains avant un excercice militaire international, à Fort Bragg, Caroline du Nord, Etats-Unis, 23 janvier 2020 (image d'illustration).
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Washington a frappé le 25 février des sites de «milices soutenues par l'Iran» en Syrie. Une opération semblant inscrire Biden dans la continuité de Trump, malgré les critiques formulées par les démocrates sous la présidence de ce dernier.

Washington a annoncé avoir frappé, le 25 février, des infrastructures de «milices soutenues par l'Iran» (Kataeb Hezbollah et Kataeb Sayyid al-Shuhada) dans l'est de la Syrie, en réponse à de récentes attaques en Irak contre le personnel des Etats-Unis et de la coalition menée par Washington, ainsi que face «à des menaces toujours en cours contre ce personnel».

Cette toute première opération militaire de l'administration Biden semble inscrire le nouveau président des Etats-Unis dans les pas de son prédécesseur, qui n'avait pas hésité à mener des frappes dans la région – hors des bombardements de la coalition internationale menée par Washington contre Daesh. Or, des journalistes et commentateurs politiques ont exhumé des critiques formulées par le camp démocrate sous l'administration Trump concernant des opérations militaires qu'ils jugent comparables aux frappes de février 2021.

Chuck Ross, journaliste pour le média de droite Daily Caller, a ainsi rappelé que Joe Biden avait considéré en janvier 2020 que l'assassinat du général iranien Qassem Soleimani par l'armée américaine constituait un acte comportant un risque d'escalade «dans une région déjà dangereuse». L'administration Trump venait alors de tuer dans une frappe à l’aéroport de Bagdad le chef de la Force al-Qods, chargée des opérations extérieures au sein des Gardiens de la Révolution, Washington lui ayant attribué une attaque survenue quelques jours plus tôt contre l'ambassade américaine en Irak.

En outre, des figures démocrates avaient dénoncé sous la présidence Trump des frappes contre des infrastructures de l'Etat syrien. «Assad est un dictateur brutal. Mais la Syrie reste un pays souverain», avait ainsi twitté en avril 2017 Jen Psaki, désormais porte-parole de la Maison Blanche, s'interrogeant alors sur la légalité de frappes américaines du point de vue du droit international. Le bombardement en question, qui ciblait une base aérienne syrienne près de Homs, avait été décrit par Washington comme une réponse à Damas, qu'il accusait d'avoir utilisé du gaz sarin contre des civils.

En avril 2018 également, Washington, Paris et Londres avaient frappé des installations de l'Etat syrien en réaction à une attaque chimique supposée attribuée par ces pays à Damas. La démocrate Kamala Harris, désormais vice-présidente des Etats-Unis, avait alors exprimé son «inquiétude» quant à la légalité de ces frappes, tout en jugeant le président syrien Bachar el-Assad responsable d'usage d'armes chimiques.

Il est à noter que si l'administration Biden a réalisé ce 25 février des frappes contre des cibles situées sur le territoire syrien, elle n'a pas frappé, comme l'administration Trump en 2017 et 2018, des installations appartenant à l'Etat. Ces toutes nouvelles frappes ont pour autant été dénoncées par le ministère syrien des Affaires étrangères, qui les a qualifiées d'«agression» et a mis en garde contre une escalade de la situation dans la région.

«Joe Biden bombarde encore la Syrie, continuant la sale besogne des Etats-Unis en Syrie, une décennie après qu'Obama l'a commencée et après que Trump l'a prolongée», a twitté ce 26 février le journaliste du site d'investigation The Grayzone Ben Norton, parmi d'autres commentateurs soulignant une continuité belliqueuse entre les administrations américaines au sujet de la Syrie et de l'Irak.

L'administration Biden présente ces frappes comme «défensives»

Le porte-parole du département américain de la Défense, John Kirby, a qualifié les frappes du 25 février d'opération militaire «défensive» et de «réponse militaire proportionnée».

Le 22 février, des roquettes étaient tombées près de l'ambassade américaine à Bagdad. Deux jours plus tôt, des tirs avaient visé la base aérienne irakienne de Balad, plus au nord, blessant un employé irakien d'une entreprise américaine chargée de la maintenance de F-16, selon l'AFP. Enfin, le 15 février, des roquettes avaient touché une base militaire accueillant des troupes étrangères de la coalition à l'aéroport d'Erbil (nord). Deux personnes avaient péri, dont un entrepreneur civil étranger travaillant avec la coalition.

Bien que le Kataeb Hezbollah n'ait pas revendiqué ces attaques, le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a assuré que cette organisation pro-iranienne en était bien responsable. 

Le porte-parole du Pentagone a également souligné que les frappes du 25 février avaient été menées en parallèle avec des mesures diplomatiques, notamment des consultations avec les partenaires de la coalition menée par Washington en Irak et Syrie.

Ces tensions surviennent en outre au moment où le président Joe Biden attend un geste de Téhéran avant de réintégrer l'accord sur le nucléaire iranien, dont Washington s'est retiré en 2018 sous l'administration de Donald Trump.

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