La Russie accuse l'OTAN d'avoir «briefé» deux proches collaborateurs de Navalny

La Russie accuse l'OTAN d'avoir «briefé» deux proches collaborateurs de Navalny© REUTERS/Ints Kalnins
Deux proches collaborateurs d'Alexeï Navalny ont assisté à une réunion avec des représentants de pays européens et de l'OTAN, pour réclamer de nouvelles sanctions (image d'illustration).

Deux proches collaborateurs d'Alexeï Navalny, Leonid Volkov et Vladimir Achourkov, se sont entretenus avec des représentants de pays membres de l'OTAN, dont les Etats-Unis, pour réclamer de nouvelles sanctions antirusses.

La diplomatie russe a dénoncé ce 9 février la tenue d'une réunion entre deux proches collaborateurs d'Alexeï Navalny et des représentants de pays de l'OTAN.

La délégation polonaise auprès de l'Union européenne a en effet fait état le 9 février sur Twitter, de cette rencontre, à laquelle ont pris part Leonid Volkov, l'un des principaux collaborateurs d'Alexeï Navalny, et le directeur exécutif de la Fondation anti-corruption (fondée par l'opposant), Vladimir Achourkov. Ce dernier avait par ailleurs été récemment épinglé par le FSB, dans une vidéo de 2012 qui le montrait réclamer une aide financière et des renseignements à un espion britannique présumé.

Une réunion de l'UE... ou de l'OTAN ?

Jugeant nécessaire une «action des Etats membres de l'UE» contre la Russie, la délégation polonaise rapportait la présence à cette réunion des représentants des 27 pays de l'Union européenne... mais également des Etats-Unis, du Royaume-Uni, du Canada et de l'Ukraine.

Dans un message publié sur Facebook, Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe, a assimilé cette rencontre à un briefing de l'opposition par l'Alliance atlantique, rappelant : «Fondamentalement, c’est une réunion des pays de l’OTAN.»

Pointant du doigt un changement de stratégie de la part de l'entourage d'Alexeï Navalny, Maria Zakharova a commenté : «Les membres de l’OTAN ont briefé l'"opposition" – et en réalité, ce sont leurs agents d’influence – pour qu’ils soient plus "ingénieux" dans leur activité subversive.»

Les soutiens de l'opposant, actuellement incarcéré pour violation de ses conditions de sursis, ont appelé à des «flashmobs» de soutien le soir du 14 février, demandant à leurs concitoyens de sortir dans leurs cours d'immeuble avec un téléphone, une lampe ou une bougie à la main. Le 4 février pourtant, le Moscow Times rapportait que Leonid Volkov avait demandé l'arrêt des actions de protestation jusqu'au printemps pour éviter une démotivation des partisans d'Alexeï Navalny.

Un timing qui n'est pas anodin, selon Maria Zakharova : «Trop d’argent et de ressources ont déjà été investis par les pays occidentaux dans cette histoire, ils ne peuvent pas laisser traîner ça jusqu’au printemps. Ils comprennent clairement qu’au printemps, la campagne d’information gonflée par les pays occidentaux se sera effondrée.»

Une «trahison» non punie par la loi

Leonid Volkov, dont les propos sont rapportés par l'AFP, a confirmé avoir discuté avec «des représentants des pays de l'UE» de nouvelles sanctions visant le «cercle le plus proche et les soutiens» de Vladimir Poutine. Parmi les individus visés figuraient par exemple le milliardaire propriétaire du Chelsea FC Roman Abramovitch, Konstantin Ernst, le directeur de la chaîne télévisée russe Pervy Kanal, le banquier Andreï Kostine, ou encore le directeur des services de sécurité russes (FSB), Alexandre Bortnikov, par ailleurs déjà sous le coup de sanctions.

«Il m'est totalement incompréhensible de voir comment des gens qui parlent de l'avenir de la Russie peuvent courir vers ceux qui considèrent la Russie comme leur adversaire», a encore commenté la porte-parole de la diplomatie russe sur la chaîne Rossiya 24, évoquant une «trahison».

En conférence de presse ce 9 février, le porte-parole du Kremlin a pour sa part jugé que le fait pour un citoyen russe, de réclamer des sanctions contre son pays, ne constituait pas «un acte criminel de jure». Il a néanmoins précisé : «La façon dont la plupart de nos concitoyens considèrent ce genre d'action est assez limpide [...] Certains législateurs ont suggéré que de telles actions soient traitées comme de la haute trahison.»

Regain de tensions

La tension entre les pays occidentaux et la Russie est au plus fort ces derniers jours, comme en témoigne l'expulsion par Moscou de trois diplomates de pays européens accusés de participation à des manifestations non-autorisées en soutien à Alexeï Navalny. L'Allemagne et la Suède avaient reconnu que leur diplomate s'était rendu à proximité du rassemblement, tout en démentant toute participation active. Ces deux pays, ainsi que la Pologne, avaient dans la foulée annoncé l'expulsion de trois diplomates russes.

Le chef de la diplomatie de l'Union européenne Josep Borrell a par ailleurs appelé ce 9 février à imposer de nouvelles sanctions à la Russie, quelques jours après avoir pourtant fait état d'un dialogue «ouvert et franc», lors d'une conférence de presse à Moscou au côté du ministre russe Sergueï Lavrov.

Plusieurs rassemblements de soutien à Alexeï Navalny ont eu lieu ces dernières semaines, se soldant par de nombreuses arrestations dénoncées par les chancelleries occidentales. Moscou a pour sa part assimilé à de l'«ingérence» le militantisme de Bruxelles sur ce dossier.

Le sursis de l'opposant russe a été révoqué le 2 février, ce qui signifie qu'il passera un peu moins de trois années en prison. Alexeï Navalny a été reconnu coupable de multiples violations de son contrôle judiciaire exigé par cette peine avec sursis, qu'il purge pour une condamnation pour détournement d'argent.

Selon la justice russe, l'homme politique a failli à se présenter au moins six fois entre janvier et mi-août 2020 à l'administration pénale, alors qu'il devait le faire deux fois par mois. D'après l'agence de presse Tass, le Service fédéral d’exécution des peines a toutefois tenu compte de son hospitalisation, depuis le 22 août, à l'hôpital de la Charité à Berlin, mais affirme qu'il n'a pas répondu à une notification qui lui a été envoyée après sa sortie de la clinique.

Fin août, Alexeï Navalny avait été transféré dans le coma en Allemagne après avoir été victime d'un malaise en Russie. Il accuse le Kremlin d'avoir tenté de l'empoisonner (une version également défendue par plusieurs gouvernements, dont ceux de la France, des Etats-Unis et de l'Allemagne), ce que réfute Moscou. Il était sorti de l'hôpital sans séquelles.

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