Le Kremlin réagit aux allégations de Navalny sur le «palais de Poutine»

Le Kremlin réagit aux allégations de Navalny sur le «palais de Poutine»© NAVALNY/Social Media via REUTERS
Alexeï Navalny, au poste de police de Khimki, près de Moscou, en Russie, le 18 janvier 2021 (image d'illustration).
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Dans une vidéo récemment mise en ligne, Alexeï Navalny accuse Vladimir Poutine de bénéficier d'une immense propriété qui aurait été financée par des hommes d'affaires réputés proches du président. Le porte-parole du Kremlin a démenti ces allégations.

Interrogé par la presse le 20 janvier, le porte-parole du Kremlin a démenti les accusations de corruption portées contre Vladimir Poutine dans une récente enquête de l'opposant Alexeï Navalny, qui fait notamment référence à une opulente résidence sur les bords de la mer Noire. «Il est affirmé que le président possède ce qui n’existe pas. Tous les biens appartenant au président russe sont déclarés tous les ans et figurent dans les déclarations publiées également tous les ans», a déclaré Dmitri Peskov.

Le porte-parole de la présidence russe, plus globalement, a dénoncé des «attaques médiatiques [...] préparées contre le chef d’Etat», telles qu'il y en a eu dans le passé et qui sont amenées à se reproduire. Il accuse en outre les auteurs de cette enquête de poursuivre des ambitions pécuniaires, en référence à l'appel au don vers le site de l'ONG fondée par Alexeï Navalny, la Fondation anti-corruption, qui apparaît à la fin de la vidéo de l'enquête («Un palais pour Poutine : histoire du plus grand pot-de-vin»). Partant, Dmitri Peskov met en garde ses concitoyens : «Réfléchissez avant de verser l’argent à ces vrais escrocs, parce que ces escrocs perfectionnent toujours les moyens d’obtenir de l’argent de la population.»

Ce ne sont que des allégations tout à fait infondées

Dans leur enquête, Alexeï Navalny et son équipe affirment que Vladimir Poutine est le bénéficiaire d'une vaste propriété et d'un immense palais près de la ville russe de Guélendjik, sur les rives de la mer Noire. Cet ensemble, résume l'AFP en se basant sur cette enquête, compterait des vignobles, une enceinte de hockey sur glace ou encore un casino. Les auteurs de l'investigation affirment que des hommes d'affaires réputés proches du président russe, tels que le patron du géant pétrolier Rosneft, Igor Setchine, et l'homme d'affaires Guennadi Timtchenko, auraient financé cet ensemble. 

Selon Alexeï Nalany, 100 milliards de roubles (soit environ 1,12 milliard d'euros) auraient été dépensés pour bâtir ce complexe, dont la superficie totale serait de 7 000 hectares.

Au sujet de ce complexe, Dmitri Peskov s'est vu demander par la presse si le «Service fédéral de protection s’occup[ait] d’un palais non identifié qui appartiendrait à des personnes privées». A cette question, le porte-parole du Kremlin a répondu : «Ce ne sont que des allégations tout à fait infondées. Ce ne sont que des absurdités et des compilations.»

Navalny incarcéré à son retour en Russie

Alexeï Navalny a été interpellé le 17 janvier à son arrivée à Moscou en provenance d'Allemagne, où il a été soigné puis a observé une période de convalescence à la suite de son empoisonnement présumé en août en Russie. Les services pénitentiaires russes avaient annoncé à l'avance qu'il serait arrêté pour ne pas avoir respecté à plusieurs reprises les conditions d'une peine de prison avec sursis dont il avait écopé dans une affaire de détournement de fonds. Selon la même source, il ne s'est pas présenté à l'enregistrement auprès de l’inspection pénitentiaire à au moins six reprises au cours de l'année 2020 : le 13 janvier, le 27 janvier, le 3 février, le 16 mars, le 6 juillet et le 17 août. 

Alexeï Navalny était resté plusieurs mois en Allemagne, après être sorti de l'hôpital où il avait été transféré après un malaise en Russie. Il accuse le pouvoir russe d'avoir tenté de l'empoisonner (une version également défendue par plusieurs gouvernements, dont ceux de la France, des Etats-Unis, et de l'Allemagne), ce que réfute totalement Moscou.

L'opposant russe avait enregistré la vidéo de son enquête avant son arrivée en Russie et celle-ci a été mise en ligne deux jours après, le 19 janvier – accroissant d'autant plus l'attention des médias sur son cas, dans la foulée de son arrestation.

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