Selon le futur directeur de la CIA, Vladimir Poutine a semé «le chaos» aux Etats-Unis

Selon le futur directeur de la CIA, Vladimir Poutine a semé «le chaos» aux Etats-Unis© Jonathan Ernst Source: Reuters
William Burns à Washington en 2013, lorsqu'il était diplomate dans l'administration Obama.
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Choisi par Joe Biden pour prendre la tête de la CIA, William Burns, convaincu que la Russie s'est rendue coupable d'une ingérence «agressive» en 2016, avait prédit que les relations entre Moscou et Washington resteraient «conflictuelles».

Joe Biden a annoncé avoir choisi l'ex-numéro deux de la diplomatie américaine William Burns pour prendre la tête de la CIA. «Bill Burns est un diplomate exemplaire avec des décennies d'expérience sur la scène mondiale pour garder notre peuple et notre pays sûrs», a ainsi affirmé Joe Biden dans un communiqué publié le 11 janvier.

Si sa nomination est confirmée par le Sénat, William Burns deviendra le premier diplomate de carrière à diriger la puissante agence de renseignement. Diplomate pendant 33 ans, notamment comme ambassadeur des Etats-Unis en Russie de 2005 à 2008, William Burns avait pris sa retraite du corps diplomatique en 2014 avant de présider la Fondation Carnegie pour la paix internationale, un think tank sur les relations internationales.

«Il partage ma conviction profonde que le renseignement doit être apolitique», a ajouté le président élu, alors même que Donald Trump dénonce depuis le début de son mandat la politisation des agences de renseignement.

Sans surprise, le camp démocrate a salué ce choix. L'influent sénateur républicain Lindsey Graham – un ancien proche de feu John McCain, qui s'était rangé bon an mal an derrière Donald Trump – s'en est également félicité sur Twitter, annonçant qu'il soutiendrait la nomination «remarquable» de ce «diplomate chevronné», «figure respectée au sein de la communauté du renseignement».

La Russie dans le viseur ?

Comme la plupart des anciens responsables du département d'Etat américain, Bill Burns n'a pas hésité à donner du crédit ces dernières années à la théorie de la prétendue «collusion russe», estimant que Moscou représentait une menace pour Washington. Dans un éditorial publié en 2017 par le New York Times, le diplomate avait ainsi accusé la Russie de s'être rendue coupable d'une ingérence électorale «agressive» et «profondément troublante». Bill Burns avait alors prédit que les relations entre Washington et Moscou resteraient compétitives et «souvent conflictuelles» à l'avenir, affirmant que le président russe Vladimir Poutine cherchait à avoir une plus grande influence dans le monde «au détriment» des Etats-Unis. Il avait encore soutenu que la Russie rêvait selon lui d'une position dominante dans les affaires mondiales sans égard pour les «valeurs et institutions occidentales».

Il avait par ailleurs appelé les Etats-Unis à se concentrer sur le conflit en Ukraine, prévoyant que le sort de Kiev déterminerait «l’avenir de l’Europe et de la Russie au cours de la prochaine génération». Fait révélateur, il avait également balayé l'idée d'une coopération contre le terrorisme islamique entre les deux puissances comme étant une «notion superficiellement attrayante», affirmant que les efforts de la Russie pour aider le gouvernement syrien à vaincre l'Etat islamique avaient rendu la menace terroriste «bien pire».

Son animosité envers la Russie avait de nouveau transpiré dans une interview accordée au magazine TheAtlantic en 2019. Dans celle-ci, il avait déclaré que Vladimir Poutine avait pu «semer le chaos» aux Etats-Unis en «agissant comme [un] bon expert de judo». Selon Bill Burns, le dirigeant russe aurait profité d'un «opposant plus fort» en tirant parti de la «polarisation et du dysfonctionnement» du système politique américain.

Adversaire de la politique de «pression maximale» contre l'Iran

Artisan du dialogue avec l'Iran – que le futur président démocrate veut relancer – Bill Burns s'attèlera à la tâche consistant à tourner la page de l'administration de Donald Trump dans ce dossier. «La stratégie de pression maximale de l'administration Trump a été assez insensée», avait dit Bill Burns lors d'une conférence en octobre, avant la présidentielle américaine, saluant la position «raisonnable» de Joe Biden, alors candidat. Mais il avait prévenu qu'un retour dans l'accord sur le nucléaire, dont sont sortis les Etats-Unis sous Donald Trump, était «beaucoup plus facile à dire qu'à faire», en raison des «dégâts commis ces dernières années».

Plus largement, le diplomate avait mis en garde contre «l'illusion» de pouvoir «simplement, d'un coup de baguette magique, rétablir les relations et l'influence de l'Amérique telles que nous les voyions en 2016 [...] car le monde a changé».

Bill Burns est le deuxième vice-secrétaire d'Etat de l'ancien président démocrate Barack Obama à être intégré à l'équipe de sécurité nationale de Joe Biden, après Antony Blinken, désigné pour prendre la tête de la diplomatie américaine.

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