Incertitude autour des résultats, soupçons mutuels et violences : une élection américaine explosive

Incertitude autour des résultats, soupçons mutuels et violences : une élection américaine explosive© REUTERS/Leah Millis
Une image du candidat démocrate Joe Biden est diffusée lors d'un meeting de soutien à Donald Trump à Allentown en Pennsylvanie le 26 octobre, dans le cadre de l'élection présidentielle américaine.

La fracture de la société américaine virera-t-elle à l'affrontement ? C'est ce que redoutent les autorités de plusieurs villes, alors que les accusations fusent entre les deux camps, dans un contexte d'incertitude renforcé par la situation sanitaire.

Dans la nuit du 3 au 4 novembre se déroule une élection présidentielle américaine d'ores et déjà historique, en raison d'une crise sanitaire exceptionnelle, qui pourrait contribuer à aggraver la crise politique qui pointe déjà Outre-atlantique.
Dans un pays particulièrement divisé entre opposants et partisans de Donald Trump, tous les ingrédients sont réunis pour un rendez-vous sous très haute tension.

Quand connaîtra-t-on les résultats ?

La première incertitude liée au scrutin de 2020 est celle du délai de proclamation d'un vainqueur : si en temps normal le nom du président élu des Etats-Unis est dévoilé dans la nuit du 3 au 4 novembre (sauf en cas de résultats extrêmement serrés), il n'est pas sûr qu'il en soit de même cette fois.

En effet, la crise du Covid-19 n'ayant pas de précédent dans l'histoire récente, il est impossible de prédire à quel point elle pourra influer et ralentir le comptage des voix et donc, la proclamation des résultats. On peut souligner toutefois que la crise sanitaire s'est d'ores et déjà traduite par une explosion du vote par correspondance. Cette méthode est même devenue l'objet de débats de campagne, puisqu'elle est régulièrement dénoncée comme augmentant les possibilités de votes frauduleux par le président sortant, tandis que les démocrates l'estiment nécessaire au vu du contexte sanitaire.

Aussi, la proportion inédite dans laquelle les citoyens américains voteront par correspondance, n'est pas dénuée de conséquences. Le service postal américain a par exemple expliqué qu'il lui serait impossible de traiter tous les courriers à temps pour la soirée électorale du 3 novembre : en d'autres termes, les résultats disponibles dans la nuit du 3 au 4 novembre ne seront vraisemblablement pas définitifs.

Cela pose-t-il problème ? En cas de match serré, la situation pourrait s'avérer périlleuse car il faudrait entre plusieurs jours et plusieurs semaines pour connaître les résultats définitifs. Si l'écart entre les candidats est suffisamment net pour proclamer rapidement un vainqueur, la situation semblerait alors moins explosive... Mais resterait néanmoins la question du fair play du perdant. D'autant qu'entre les deux camps, la confiance ne règne pas.

Une élection «volée» ?

Ces dernières semaines, les articles faisant état d'une volonté présumée de Donald Trump de ne pas reconnaître une éventuelle défaite se sont multipliés dans les médias. Dernier exemple en date : le site d'information Axios rapporte dans un article baptisé Scoop : le plan de Trump pour déclarer sa victoire de façon prématurée, la présumée volonté du dirigeant de se déclarer victorieux, même si tous les doutes n'ont pas été levés quant à l'issue des résultats.

Si le président sortant n'a jamais caché, durant la campagne, qu'il était particulièrement méfiant envers le mode de scrutin du vote par correspondance, qu'il estime «substantiellement frauduleux», il a néanmoins démenti. «Non, non, c'est une fausse information», a-t-il répondu aux journalistes, précisant trouver «horrible» qu'on ne puisse connaître les résultats d'une élection le soir-même.

L'accusation avait été relayée, plus tôt dans la campagne, par le candidat démocrate Joe Biden lui-même, qui s'était inquiété : «Ce président va tenter de voler cette élection.»

Interrogé sur NBC mi-octobre, Donald Trump avait tenté de dissiper les doutes sur ses intentions... tout en exprimant des réserves sur la fiabilité de ses adversaires. «Et maintenant [les démocrates] disent : "Accepterez-vous un transfert pacifique [du pouvoir] ?" Et la réponse est oui. Mais je veux que ce soit une élection honnête, comme tout le monde», avait-il souligné.

Dans ce contexte de méfiance mutuelle, le conseiller de campagne de Donald Trump, Jason Miller, a remis une pièce dans la machine le 1er novembre, estimant que, le soir du scrutin, le président sortant serait largement en tête. «Et ensuite ils vont essayer de le voler après l'élection», a-t-il précisé dans la foulée.

Alors que les partisans du candidat démocrate répondaient par davantage d'accusations envers le président sortant, Joe Biden a tenté de calmer le jeu... quitte à contredire ses propres paroles. «Ma réponse est que le président ne va pas voler cette élection», a-t-il spécifié, sans s'étendre sur le sujet. 

«De la pagaille» en prévision ?

Alors que l'incertitude règne, un constat, posé par le dirigeant américain, se dessine : «Il va y avoir de la pagaille.» 

Et pour cause, le pays est plus que jamais divisé entre partisans et opposants acharnés de Donald Trump. La fracture idéologique s'est même parfois muée, ces dernières semaines, en affrontements lors de manifestations en soutien à l'un ou l'autre candidat.

Auteur: RT France

Selon un sondage réalisé mi-octobre par l'institut Ipsos pour l'agence de presse Reuters, plus de 40% des partisans de Trump et de Biden affirmeraient par ailleurs ne pas accepter le résultat du scrutin en cas de défaite de leur candidat. Que se passera-t-il alors dans la société américaine lorsqu'un vainqueur aura été proclamé ? 

«22% des partisans de Biden et 16% des partisans de Trump disent qu'ils participeraient à des manifestations dans la rue ou même à des violences si leur candidat préféré perd», poursuit l'agence de presse, citant le même sondage.

S'il est impossible, pour l'heure, de dire si ces chiffres se matérialiseront dans les rues, les autorités de plusieurs grandes villes, elles, redoutent des épisodes de violences. Et certains n'hésitent pas à se barricader en prévision...

Louis Maréchal

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